‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 36 sur 62 · APRÈS LE BAIN · texte numérisé non relu

APRÈS LE BAIN

Suivant son état, le malade est enlevé de la baignoire, ou sort seul. Tel qui avait été porté au bain le quitte quelquefois soutenu à peine par un bras, tant l'action tonique de l'eau froide s'exerce vite chez certains. Quoi SL'chago qu'il en soit il est porté sur un lit, sur lequel est étendu un drap sec et un peu chaud. On l'essuie' vite et doucement, en ne touchant pas r abdomen. Sur les membres inférieurs on met

du malade.

MÉDICATION IIYDROTIIÉIUPIQUE.

une couverture de laine, voire môme une boule d'eau chaude aux pieds, et on laisse frissonner le malade, ce qui doit être, durant un L6gbr-o.

' ■ couvortiircs

temps qui varie de quelques minutes à une demi-heure. Le médecin devra donc — et ce ne sera pas sans peine — faire comprendre à l'assistance qu'il est absolument illogique de couvrir le malade de pesantes couvertures et de chauds édredons : ce serait perdre comme à plaisir le bénéfice du bain. Le malade sera couché sur le décubitus latéral, attitude préférable à tous égards au décubitus dorsal, puis- ' qu'il ne favorise pas au même titre l'hypostase pulmonaire et qu'il permet facilement l'exploration thermométrique qui sera , faite un quart d'heure après la cessation du bain.. A ce moment, une détente générale paraît sommcii

après

s'opérer. Le malade, encore éveillé, boït vo- lebain. lontiers; le froid subjectif disparaît : ou en profite pour le revêtir de sa chemise, le fairô boire; et puis, comme las, il s'endort souvent'.: Bien entendu, ce sommeil, réparateur au pre.i raier chef, sera respecté et désiré. • > léWe est la technique du bain, de l'alTLision

et du massage, rccommandds par Bi-and. Pour ceux qui désirent se conformer rigoureusement aux préceptes du médecin allemand, il est bon de toucher un mot des grandes comcompics- presses froides qui, dans l'intervalle des bains,

ses froides .1.1

eutro les Gutourcnt le thorax en avant, sur les côtés, et tout l'abdomen. Ces compresses, faites avec une serviette trempée dans de l'eau à 40°, sont renouvelées chaque fois qu'elles s'échauf- Doivcut fent, c'est-à-dire toutes les 5 ou minutes , suigfîcs toutes vaut l'intensité de la fièvre, à moins que le malade ne dorme d'un sommeil calme. Jurgcnsen a vivement critiqué cette pratique; et, quoique ce fût celle de Jacquez, de Lure, prédécesseur français de Brand, elle n'a pas trouvé, chez les adeptes français de la méthode des bains froids, d'imitateurs. Brand, dans ses publications ultérieures, est revenu à la charge pour montrer leur utilité, qui ne paraît guère douteuse, parce qu'elle fai-t vivre le fébricitant dans une sorte d'atmosphère réfrigérante, malgré cela la compresse abdominale est à peu près la seule employée. Pour ma part, je n'ai recours à la compresse thoracique ou mieux

les 5 à 10 minutes.

MÉDICATION IIYDROTIIÉRAPIQUE.

à la vessie de glace cardiaque, qu'en présence de certaines complications, et cela, non par crainte fausse de voir mes typhiques faire des accidents pulmonaires de ce chef, mais parce que l'expérience m'a montré que c'était déjà Difficultés

, , matérielles

beaucoup d'exiger d'infirmiers zélés et intel- dans les hôligents de recueillir en 24 heures 16 températures, de donner au degré voulu, de la longueur prescrite, 8 ou 10 bains, et qu'espérer de pareils serviteurs l'attention soutenue qu'il faut pour renouveler en temps opportun les compresses, c'étaittrop souvent un leurre. Je me suis assuré trop fréquemment que la compresse abdominal e était tiède, sinon chaude, au moment d'une visite inopinée, pour penser que \ excellente règle de Brand serait suivie ponctuellement. La conclusion est que, si on peut ajouter à l'action antithermique du bain l'effet réfrigérant Utilité iu-

, •! p 1 1 1 déniable des

des compresses, il laut les employer, parce compresses, qu'elles sont sans danger et certainement utiles, malgré ce qu'en a dit Jurgensen, et que, si à l'hôpital cette pratique est difficile, cela tient au personnel trop restreint qui nous est adjoint; mais dans la clientèle cela est ton-

460 TRAITEMENT DE LA l'IÈVRE TYPHOÏDE.

jours iïicilc! à, ohicnir do l'onlourage ou des pui'culs.

CESSATION DKS BAINS

Durant combien de temps doit-on continuer l'administration régulière des bains? Il semble qu'il n'y ait que cette ressource jusqu'à guérison complète; malheureusement, beaucoup ne pensent pas de môme.

. Un des plus redoutables préjugés qui soient

Susponsion OU effet cst de suspendre la médication dès h.itnc. ^^^^ l'amélioration se dessine. Si pareil fait •n'émanait que des familles qui soignent par le Brand un des leurs, ce serait chose excusable ; on pourrait penser que leur hâte à soustraite un fils, un frère, à une médication qu'ils

scsdangors. jugciit daugereusc, et qu'ils croient nécessairement doulourcusô, est légitime. Mais que dire d'une pareille conduite qucind c'est du médecin que vient pareille demande? Je me suis trouvé tout récemment encore en présence de situations .scmbables; et cela vis ht vis !dc collègues très'éclairés, aiiais anstihcti-

MÉDICATION HYDROTHÉIUPIQUE. ICI

vement défiants du bain froid. Le malade va beaucoup mieux, il est sauvé presque certainement : à quoi bon continuer la médication? Je i-» bain

. ... ■ , uo floit être

laisse à penser si les raisons manquaient pour abaudoniKi répondre. « Quoi! objectais-je, vous allez sus- |'^"g,j°',!^son pendre un traitement au moment où vous avez certaine, la certitude qu'il agit? Arrêtez-vous donc l'administration de l'iodure ou de la quinine à ce syphilitique dont la gomme centrale se résout, à ce palustre dont les accès s'espacent? Non; bien au contraire, vous poursuivez votre traitement jusqu'à cessation complète des accidents : pourquoi agir différemment en cette occasion? » Il faut qu'en effet le médecin brandiste soit rempli de comparaisons, tirées pour la plupart des médications spécifiques, s'il veut réduire à néant les objections que famille, médecins, lui adressent; il ne doit pas permettre qu'une interruption de la médication soit faite, sous peine de voir se perdre en quelques heures le bénéfice du traitement suivi.

DIÉTÉTIQUE DU TYPIIIQUE

Boissons et aliments du typhique fébrile baigné. — J'ai déjà dit, dans les prolégomènes de ce livre, le régime qu'il convient d'appliquer aux individus atteints de fièvre typhoïde, mais je crois utile d'y revenir tant l'importance de ces prescriptions est grande à mes yeux. C'est l'honneur de notre siècle d'avoir vu que la diète chez les fébricitants était nuisible : Gianini, Graves, Brand, l'ont compris, et leurs imitateurs n'ont point eu de peine à se ranger à leur avis. On a vu au chapitre qui traite de l'hygiène générale du typhique les notions les plus importantes : ce serait donc faire double emploi que de les répéter; il suffira de signaler ce qu'il y a de particulier aux malades traités par le système des bains froids.

: • Les malades baignés boivent en plus grande quantité et plus volontiers que les typhiques soignés avec les médicaments; ils le doivent certainement à ce fait que, leur

MÉDICATION IIYDHOTIIÉRAPIQUE .

bouche étant plus nette, leur adynamie supprimée, la sensation de soif existe chez eux vive et intense. Il est commun de voir de semblables malades absorber 4 litres au moins de boisson par 24 heures. Ma pratique et celle que je recommande est la suivante : 2 litres de lait cru et froid, quand on est sûr Quantii

, , j , (le liquide

de sa provenance, 1 litre de bouillon très ux^éror pa léger et bien dégraissé, 1 litre d'eau fraîche et 'icmcs. 1 de limonade vineuse. Le lait et le vin sont donnés avant, pendant et après le bain; les autres boissons, dans l'intervalle, par très petites quantités à la fois, toutes les 10 minutes quand le malade est éveillé.

La diète hydrique renouvelée de Cyrillo,par Luton, de Reims, apaise très bien la soif des malades, détermine une polyurie favorable, mais a le grave inconvénient de ne pas fournir à l'organisme du typhique les matériaux nécessaires à la réparation des pertes qu'il subit.

Durant les IS premiers jours de la maladie, alors que le mouvement fébrile est continu, un pareil régime suffit; cependant, dès le 10". Aiimcms

•111' 1- • 1 dol)ut d(

OU 11'' jour, il est possible d y adjoindre, dans la maladie.

ici TIUITEMENT DE LA KIÈVRE TYPHOÏDE,

les 24 luMircs, 2 ou 3 œufs ù peine cuits. Dds que la température s'abaisse, et pareil l'ail s'obtient chez les malades traités de bonne heure, vers le 43" ou 16" joui-, j'ordonne un ou deux potages à la crème d'orge, au tapioca, en supplément, et 2 ou H jours après, les symptômes s'amendant, j'ajoute à ce régime nutritif un peu de poulet haché, de poisson bouilli, en même temps que les potages sont plus abondants, le nombre des œufs doublé. Chez de pareils malades, plus encore peut-être que chez ceux traités par les médicaments, la faim canine de la convalescence s'éveille de bonne heure. C'est le moment où les malades réclament impérieusement des aliments solides, las qu'ils sont des potages et des verres de lait. Le médecin résistera énergiqucment à ces sollicitations; il ne consentira à rendre L'aiimen- l'alimentation solide que lorsque la période doinou^frl d'apyrexie se sera établie depuis 3 ou 4 jours, être tardive. g^^..^ qu'avcc modération, peu à peu,

par petits repas, que les aliments seront donnés jusqu'au jour où tout danger paraîtra définitivement écarté.

MÉDICATION IIYDROTHÉRAPIQUE. 165

Voici donc la technique générale du bain froid systématique indiquée ; il ne restera plus qu'à l'approprier aux cas. Pour la commodité de la description, j'ai l'habitude de diviser mes tableaux statistiques sous les rubriques suivantes : Fièvres typhoïdes légères, — moyennes, — sévères, — très graves.

En quelques lignes je désire fournir les schémas de ces formes.

Traitement d'une fièvre typhoïde légère. — N'exigera en général que 15 à 30 bains, répartis en un espace de 5 à 6 jours. Si le traitement a été commencé du V au 10° jour, comme c'est l'habitude , la technique est celle formulée plus haut : bain et affusion à 18° toutes les 3 heures, à la température de 39°; dès que ces températures ne sont plus atteintes, l'apyrexie relative se montre, et la guérison s'opère dans un délai de 8 à 10 jours sans encombre. Inutilité de l'alcool.

Formes moyennes. — Même technique, mêmes moyens. Utilité d'adjoindre, suivant l'âge et les antécédents, de petites quantités

d'alcool. Ces formes réclament en général de 40 à 60 bains, dont la moitié au moins est prise dans la première semaine du traitement, les autres s'espaçant dans les deux semaines qui suivent.

Sévères. — Ici la technique doit être modifiée: il faut (( corser la réfrigération » (Chauffard)*.On ne doit pas craindre d'aborder la méthode intensive, dont on trouvera plus loin l'exposé. Mais, dira-t-on, quelles sont les fièvres typhoïdes auxquelles vous réservez ce nom? Sont sévères à mes yeux toutes les fièvres typhoïdes qui, par l'exagération d'un symptôme habituel ou la survenance d'une anomalie, font redouter l'apparition d'accidents. Sévèreë sont donc les hyperpyrétiques continues que la réfrigération ordinaire ne modère pas dans le laps de temps communément remarqué ; sévères sont celles aussi où le cœur s'affaiblit, où le pouls s'accélère, où le rein ne s'ouvre pas, où l'appareil pulmonaire s'encombre, où l'adynamie pro-

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