langue
eue collante, noirâtre, si connue; c est au re-
sumé un malade qui ne tousse pas, dont le ou^cœur.
cœur est vaillant, dont le rein fonctionne avec poumoas.
17(; TliAlTEMKNT DE LA FIHVUE TYPHOÏDE.
une acLivilé sui-pronanle, dont l'intestin est en général silencieux, et qui, durant toute sa maladie, ne présentera qu'un symptôme constant : la fièvre, symptôme que modérera et adoucira le bain.
Voilà la vérité, et non pas une vérité d'emprunt, d'enthousiaste, mais celle que chacun peut constater et affirmer.
C. Vinay, que j'ai déjà cité, me paraît avoir très heureusement résumé les faits en disant :
« Le bain froid agit d'une façon étonnante sur la sécrétion urinaire. J'ai montré, dit-il, que la sécrétion urinaire, malgré la persistance de la fièvre, malgré des températures de 40" et au delà, s'élève parfois à des quantités qu'on ne soupçonnait guère, 6 ou 7 litres par 24 heures. Cette coïncidence d'une pareille polyurie avec des températures élevées donne au traitement hydrothérapique de la fièvre son cachet original, et, je dois le dire, c'est dans la fièvre typhoïde seulement qu'on arrive à obtenir des urines aussi abondantes; dans aucune autre pyrexie, la balnéation ne produit un résultat de cette sorte. »
On ne saurait plus exactement dire. Après une expérience de six années, basée sur un nombre considérable de cas personnels, j'ai acquis la conviction clinique que là est le grand secret des succès de la balnéothérapie , que c'est là que gît son incontestable prééminence sur tous les autres modes de traitement, parce qu'aucun n'est capable de provoquer une pareille émission d'urines, et partant aucun ne Aucun uai-
j tement uo
permet le rejet au dehors dune aussi grande ^^^^^ Heuà
quantité de matières extractives. Or, chacun ^"^^Ji^'^'^i'^.
sait la nocivité de ces substances. Gaucher',
par ses injections croissantes et quotidiennes
de tyrosine,de xanthine,de créatineou de leu-
cine, a montré le côté local, la détermination
d'une néphrite ; mais qui ne voit le rôle géné- Les argu-
. ments les
ral que ces poisons jouent lorsqu ils sont re- plus divers tenus dans l'organisme? Donc, arguments chi- II miques, physiologiques, cliniques, tout prouve '-'^ diurôsc. la nécessité d'une énorme diurèse. C'est en me basant sur ces multiples données que j'ai pu Le rein est dire que le pronostic de la nevre typhoïde pronostic, était tout entier dans le rein, qu'il était plus
■1. Soc. méd. des hôpitaux, 23 janvier 1888.
178 TRAITEMENT DE LA. FIEVIIE TYI'IIOIDE.
encore que le cœur la clel'de l'avenir, et qu'en conséquence c'était vers lui que nous devions fixer notre attention, diriger nos efforts. C'est pour ce motif que j'ai combattu, avant toute recherche chimique, l'introduction de l'antipyrine, dont les propriétés grossières, si l'on peut ainsi s'exprimer, s'affirmaient par l'abaissement du taux urinaire. C'était aller avec la maladie, et le temps n'a pas été long à démontrer le bien-fondé de cette vue a 'priori.
On voit que, quelque idée que l'on se forme sur l'action multiple et totale du bain froid, un fait paraît ressortir avec la dernière insistance de l'observation certaine des faits : c'est l'importance capitale qu'acquiert la diurèse Rôle (lu roin. hâtive et intense^. Or, le rôle d'émonctoire n'est rofusé à personne au rein. Les travaux de Bouçhard, Lépine, ont bien montré les va- Toxicité riations de la toxicité urinaire suivant les maladies, et deux auteurs lyonnais, au nombre Expériences desquels j'ai le plaisir de trouver mon ami Rottweiîr ques, viennent de fournir une élégante dé-
1. ViNAY, Lyon mMical,22 novembre 1885, et eod. loc. 8 janvier 1888. i
monstration de ce fait en ce qui concerne la fièvre typhoïde. Voici, abrégées, les conclusions de leur mémoire :
« Dans la fièvre typhoïde traitée par les bains froids, l'élimination des produits toxiques est énorme dans la période d'état de la maladie. Le coefficient urotoxique devient 5 à 6 fois plus considérable qu'à l'état normal. Cette hypertoxicité décroit à mesure que les symptômes généraux s'amendent et que la température diminue, si bien que, l'apyrexie et la convalescence survenant, l'élimination des toxines est terminée et le coefficient redevient normal. » (Roques, Weill, in Revue méd., loc. cit.) Voilà un des principaux motifs: c'est la diurèse et l'élimination énormes ; c'est enfin, à n'en pas douter, l'action tonique, stimulante de l'eau, que tous se plaisent à lui sédative du reconnaître; c'est aussi, dans les formes ataxiques, l'influence sédative, souvent si rapide, si merveilleuse, qu'exerce le froid sur les centres nerveux.
C'est pour ces motifs qu'il faut traiter par la méthode systématique tous les malades.
Élimination énorino
de produits toxiques.
Influence
tonique et
18U TUAlTEMEiNT DE LA. FIÈVRE TYPHOÏDE.
Ce mot do systématique, que j'ai annexé à dessein au vocable de traitement par les bains froids, a eu le don d'exciter des critiques presque unanimes, môme parmi le nombre relativement élevé de médecins qui pensenl que, dans la grande majorité des cas, la balnéothérapic froide reste à l'heure actuelle le médicament souverain et de choix pour Objections triompher de la maladie. « Pourquoi, m'a-
mLt systi t-on objecté, accoler ce mot de systématique?
matique. y rien de plus anticlinique que de
vouloir traiter une maladie aux formes si multiples, de gravité si variable, avec une médication unique; en un mot, d'appliquer une formule mathématique à quelque chos3 qui l'est si peu? Réglez votre marche sur la maladie, employez les bains froids lorsqu'ils sont « indiqués » : nous serons avec vous dans la campagne que vous avez entreprise pour les acclimater chez nous; mais n'allez pas nous demander de les administrer à des fièvres de rien, à des typhoïdettes ; bref, n'infligez pas « la question de l'eau » à un malade qui l'est à peine : vous compromettez
MÉDICATION IIYDROTIIÉRA PIQUE.
ainsi le succès d'une méthode que nous croyons bonne. Pour le dire en un mot, trop souvent vous faites « beaucoup de bruit pour « rien. »
Voilà, si je ne me trompe, résumées à grands traits et dans un langage familier, les objections scientifiques ou réputées telles qui m'ont été adressées.
* Il me parait nécessaire de défendre de nouveau ce mot de systématique, non point par amour du mot, mais parce que, dans ma pensée, ce mot est à lui seul une profession de foi.
Qui dit système dit qu'on obéit à un plan ce qu'est
, f> • , ) 1 • 1 , UQ système.
qu on se lait, qu on dispose de moyens qu on se propose pour réussir en quelque chose.
Pour beaucoup, ce traitement systématique équivaut à cet esprit de système, si justement critiqué, à cette sorte d'entêtement qui fait que, une fois embarqué dans une voie, on n'en veut plus sortir, dût cette voie vous conduire à l'abîme.
Je demanderai cependant à tous les médecins qui se piquent d'avoir des notions
Épilcpsio traitée systématiquement.
Syphilis.
Paludisme.
thérapeutiques si tous n'agissent pas en vertu d'un système dans les plus petits actes de leur pratique. Quel est celui d'entre nous qui, consulté pour un épilep tique, n'emploie pas systématiquement la médication bromurée?Tous les épileptiques se ressemblent-ils? N'y a-t-il pas des difl"érenccs aussi profondes entre le grand et le petit mal qu'entre une fièvre typhoïde grave et légère?
Ne donnez-vous pas systématiquement les mercuriaux à vos syphilitiques, la quinine à vos palustres? Y-a-t-il cependant des différences cliniques entre l'accès franc du palustre et les formes dites larvées? Une plaque muqueuse est-elle la même chose qu'une céphalée syphilitique? La médication dirigée contre l'asystolie, quelque cause qu'elle reconnaisse, n'est-elle pas systématique? Je passerais, je pense, la médecine en revue si je voulais montrer que partout où il y a une médication systématique, il y a une médecine, et que, par contre, partout où manque cette systématisation il n'y a que tâtonnements, erreurs. Qui a proposé encore une médication systé-
MÉDICATION MYDROTHÉRAPIQUE.
matiqiie contre le cancer? Personne, pnisqiie par malheur aucun médicament n'est capable en ce moment de lutter contre la maladie. N'est-ce pas un triomphe, au contraire, et quel triomphe ! d'avoir vu naître de nos jours la médication systématique de Pasteur contre Médicatioa
systémati-
la rage, de l'aération continue, de la sural 1" que contre la mentation contre la phtisie? laBc.iaphti
Partout, à la base de toute médication vraiment digne de ce nom, règne l'esprit de système; mais, je le fais remarquer, l'esprit d'un système spécial, qui est basé non sur des théories a priori, mais sur l'expérience, l'observation. Or, tant que la médecine vivra^ c'est-à-dire autant que le monde, l'observation restera la maîtresse incontestée ; les procédés pourront varier à l'infini, le nom changer, mais il faudra toujours en revenir au contrôle des faits, à l'observation.
En finissant cette courte critique, je me Lo traitc-