‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 44 sur 62 · Lereboullet, Gaz. hebd., ISjanv. 1886, p · texte numérisé non relu

Lereboullet, Gaz. hebd., ISjanv. 1886, p

2. Dans une statistique inédite, que le savant médecin de VHôtel-Dieu de Lyon a bien voulu me communiquer, je relève les chiftres suivants qui se passent de commentaires. De 1887 à 1891, malades traites à VHôtel-Dieu de Lyon 164. Guérisons iad. Morts 8. Mortalité 4,75 p. 100. C'est un résultat magnifique pour un milieu hospitalier, auquel nous arriverons à Paris, quand le traitement sera généralement employé et qui confirme ce que je dis plus haut, que les chiffres actuels 8 p. 100 de mortalité ne sont que provisoires.

Brand, c'est que je ne veux ici parler que des faits parisiens ; si ce résultat de 8 p. 100 auquel nous sommes arrivés n'est pas encore comparable aux chiffres allemands, j'ai la certitude que ce n'est que passager et qu'avant peu le taux de 5 à 6 p. 100 pour les hôpitaux sera atteint, établissant ainsi que le bain guérit le double des malades traités par les autres méthodes.

Faut-il ajouter les arguments de Naunyn [Arch. fur experiment. Pathologie und Pharmackolog. Band XVIII, Heft I, c. 2, p. 49, 1885) expliquant le mode d'action du bain? Voici ce qu'il dit.

« L'efficacité du bain n'est pas attribuée à l'action antithermique, car la méthode de Riess (bain tiède permanent) est celle qui influence le plus puissamment la température des typhiques, et pourtant le résultat est 22 p. 160 de mortalité. Enfin la fièvre typhoïde évolue souvent avec des températures relativement basses, et présente néanmoins une grande gravité; dans ces cas, les bains donnent un relèvement de la température corporelle, alors

que toutes les autres manifestations s'atténuent. Le bain froid devrait étendre son action à toutes les autres maladies fébriles : or il parait que c'est à la fièvre typhoïde seule qu'il convient. Son action est due à l'augmentation de la sécrétion urinaire, de l'urée et des substances excrémentitielles toxiques. »

J'ajoute que ce n'est pas sa seule action, et que l'inlluence stimulante et tonique y joue aussi un rôle de premier ordre. Je cite d'ailleurs à nouveau l'intéressant article que Lépine a tout récemment consacré à cette question et qui résume très heureusement l'action multiple du bain. Antipyrétique, personne ne songe à le contester, il suffit de lire une feuille de température (1); diurétique, je l'ai démontré avec Bouveret et Nmo-y^toîiique, la clinique et l'expérimentation se sont réunies pour en faire une vérité; mais cette action tonique est double en ce qu'elle « exalte l'activité des tissus et augmente leur résislance vitale (expériences de Speck, Lépine) et

1. Voyoz le travail d'Aubcrt de Lyon (in Lyon méd., avril 1883).

en ce qu'elle modère la nutrition ». Ainsi sont associées, confondues dans les actions les plus diverses, les plus paradoxales pour rait-on dire, les qualités du bain froid qui satisfait à toutes les indications.

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