CHAPITRE PREMIER
QUESTIONS PKÉLIMINAIRES
Avant d'aborder la question même du traitement de la goutte, il importe de dire quelques mots de divers points toujours en litige et qui, au point de vue pratique, peuvent avoir im certain intérêt. Nous ne voulons pas parler de la pathogénie de la goutte ; discuter les innombrables théories qui ont été émises sur cette matière serait refaire un travail déjà fait et nous renvoyons, pour cette discussion, à notre Traité de la goutte. Mais, sans revenir sur la partie théorique, il faut, cependant, préciser ce que nous entendons par le mot goutte, quelle extension nous donnons à ce mot, et à quels caractères il est permis de reconnaître une manifestation de nature goutteuse.
. D'autre part, la nature constitutionnelle de la goutte étant donnée, on doit rechercher dans quelles limites la curabilité d'une maladie de ce genre est possible et, par suite, jusqu'à quel point on doit pousser l'emploi
des moyens thérapeutiques aptes à modifier la disposition générale de l'organisme affecté.
Enfin, la goutte étant reconnue curable, soit dans son essence môme, soit seulement dans ses manifestations, il reste encore à se demander, — ce qui peut sembler étrange au malade, mais ce qui a été contesté par nombre de médecins, — si l'on a le droit de traiter et de guérir ces manifestations et, en particulier, la crise aiguë articulaire.