OBSERVATION IV
(Due à l’obligeance de M. le D’ Milian.)
Au milieu du mois de mars 1910 venait à la consultation de médecine de la Charité un jeune homme porteur d’un chancere induré de la verge. Comme il incriminaït une jeune fille, Jeanne L..., on lui conseilla de l’amener à la consultation. Examinée dans les jours suivants, on constata chez la personne en question quelquestaches suspectes et une céphalée intense, qu'elle nous dit être surtout nocturne.
On lui fit une prise de sang et son Wassermann fut positif. Comme pour confirmer ce résultat, quelques jours après des syphilides opalescentes érosives de la lèvre inférieure apparurent chez notre malade.
Un traitement mercuriel à raison de 2 pilules de Dupuytren par jour fut institué.En quelques jours les syphilides érosives de la lèvre inférieure disparurent.
4 juillet 1910. — Jeanne L... revint à la consultation présentant à nouveau une plaque opalescente de la lèvre inférieure. Une piqûre d'huile grise de 6 centigrammes lui fut faite.
9 juillet. — Nouvellé piqûre d'huile grise de 6 centigrammes.
Même traitement Le 16 juillet.
23 juillet, — On fait la même dose d'huile grise et une injection de 1 centimètre cube d'hectine. Les 25, 27 et 29 juil-
let, nouvelles injections de 1 centimètre cube d’hectine. Le
LE ét.
— F1 — 3ojuillet, on fait à la fois 6 centigrammes d'huile grise et 1x centimètre cube d’hectine.
Jeanne L... ne revient pas à la consultation jusqu’au 20 octobre.
A cette date elle présente une leucoplasie assez accentuée
du bord gauche de la langue. Un traitement mercuriel,
2-pilules de Dupuytren quotidiennement, est institué à nouveau. Nous ne voyons pas notre malade jusqu'au 3 décembre 1910. À cette date elle revient ayant suivi régulièrement son traitement hydrargyrique mais désespérée devant un résultat absolument négatif. Elle présente en effet quatre taches de leucoplasie sur le bord droit de la langue, et exactement à la pointe on remarque une lésion identique, Sur le bord gauche il y a un groupe de plaques de dimensions moindres. C'est le 9 décembre qu'elle reçoit une première injection intra-veineuse de 606 de 30 centigrammes. Le 16 décembre, nouvelle injection de 5o centigrammes. Le 23 décembre, ses plaques ont changé d'aspect et semblent avoir diminué en surface. On pratique une troisième injection de 30 centigrammes. Une dernière injection est faite, 50 centigrammes le 30 décembre ; dès ce jour la guérison est complète. Le 13 février, la malade revient sans aucune lésion.-Fin février, onremarque quelques aphtes sur le plancher de la bouche. Toutes les réactions de Wassermann pratiquées depuis juillet
1911 sont négatives,