‹ Traitement de la maladie de Basedow: Par le sang et le sérum d'animaux éthyroïdesChapitre 5 sur 13 · LAS · texte numérisé non relu

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tologiques dans tous les corps thyroïdes enlevés à des basedowiens, qu'il y eut hypertrophie ou non. Ces lésions consistaient en une sclérose intralobulaire s’accompagnant de l’effacement des vaisseaux lymphatiques de l’intérieur et d’une dilatation deslymphatiques de l'extérieur des lobules. De ce fait Renaut conclut que la substance élaborée à l’intérieur de ces lobules, au lieu d’en sortir par les voies lymphatiques où elle trouverait d’autres substances capables de la neutraliser, en sortait par les voies intralobulaires, et ainsi arrivait dans la circulation où sa présence produirait une intoxication.

De leur côté, Ballet et ÆEnriquez avaient fait des expériences sur des chiens. Au même Congrès ils firent une communication à ce sujet. Ils avaient produit sur leurs animaux des: symptômes analogues à ceux de la maladie de Basedow en leur injectant de l'extrait de corps thyroïde. L'examen histologique pratiqué sur les glandes de ces chiens montra les lésions déjà indiquées par Renaut. Après ces résultats, les expérimentateurs conclurent avec raison que la théorie de l'hyperthyroïsation était la plus vraisemblable : « Le phénomène primitif, dirent-ils, serait un trouble humoral, un fonctionnement exagéré de la glande thyroïde, déterminé, selon toute vraisemblance, par toutes les causes morales. infectieuses et toxiques qui agissent sur le système nerveux. Cette! sécrétion exagérée mettrait en branle, dans le bulbe ou accessoirement dans la moelle, les noyaux

qui président à la symptomologie de la maladie de

TE

Bassedow,et secondairement l’hyperthyroïsation provoquerait chez l’homme les lésions lymphathiques si minutieusement décrites par Renaut dans le goitre exophtalmique. » :

Mais, si la plupart des auteurs admettaient que la maladie de Basedow était due à un trouble de la sécrétion thyroïdienne, quelques-uns d’entre eux voulaient que ces troubles soient produits par une hypothyroïsation, au moins quelquefois. Des cas cités par Renaut, Ballet, Marie montrèrent que certaines affections, justiciables de l’organothérapie tyroïdiennne étaient arrivées à reproduire la maladie de Basedow. Comme on le voit, ces faits sont en faveur de l’hyperthyroïsation. A cela on a opposé des cas où s’observait la coexistence du myxœdème et de la maladie de Basedow. Cette coexistence ne prouve rien. Il ne s’en suit pas que le goitre exophtalmique doive être nécessairement rattaché à la même fonction morbide que le myxædème coexistant. S’il en était ainsi le traitement du myxœdème devrait guérir le goitre exophtalmique, or, les résultats obtenus par cette thérapeutique ne concordent par avec l’hypothèse.

Cette théorie de l’hyperthyroïsation acceptée par la plupart poussa les expérimentateurs aux recherches les plus diverses.

Otto Lanz, professeur de chirurgie à la Faculté de médecine de Berne, qui se livrait depuis plusieurs années déjà à des expériences de thyroïdectomie sur

des chèvres, eut l’idée d’employer le laït de ces ani-

Cp maux pour le traitement de la maladie de Basedow. Cette thérapeutique n’était pas nouvelle puisque quatre années déjà s'étaient écoulées depuis les essais très fructueux du reste, de MM. Ballet et Enriquez. Burghart de la clinique de Leyden, en 1899, se basant sur la théorie de l’hyperthyroïsation essaya le traitement par le sérum demyxædémateux. Les résultats qu'il obtint ne furent pas remarquables, cependant il arriva à produire de sensibles améliorations chez ses malades.

Blumenthal employa du sérum dechienséthyroïdés, tout comme l’avaient déjà fait en France Ballet et : Enriquez dès 1894.

Après Burghart, Blumenthal et Lanz, d’autres médecins, Gœbel de Bielfeld, Chvristensen, Schultes, Adam de Hambourg, Rosenfeld, continuèrent l’étude de ce traitement et, suivant la technique employée, la base de la méthode étant la mème, obtinrent des résultats plus ou moins satisfaisants. Depuis 1895, en effet, Notkin avait découvert la substance toxique qu'il appela la thyroprotéide et Baumann la substance neutralisante qu'il appela, l’iodothyrine.

Ces études avaient été poursuivies en France avec beaucoup de soins au moment de la découverte de Ballet et Enriquez. Les résultats obtenus très encourageants, engageaient les expérimentateurs à des recherches nouvelles mais, surgit une série de difficultés qui sembla les elrayer. Après l’ablation de leur

glande thyroïde les chiens mouraient rapidement,

2 Mb de plus, une alimentation spéciale était nécessaire à ces animaux. Enfin l'injection de ce sérum provoqua des accidents locaux et généraux à deux des malades soumis à ce traitement.

En France; où ce traitement avait pris naissance, cette méthode paraissait tombée dans l’oubli, quand, en 1904, Sainton et Pisanté publièrent trois cas de goitre exophtalmique traités par le sang et le sérum de moutons éthyroïdés. Dans la Revue neurologique du 30 novembre 1904, Pisanté recueillit d’autres observations qu'il publia dans sa thèse sur « le traitement de la maladie de Basedow par les humeurs “d'animaux éthyroïdés. » Dans la Revue neurologique du 9 novembre 1905 M. O. Crouzon publia un cas de goitre exophtalmique traité par le sérum de mouton éthyroïdé, observation dans laquelle il insiste sur l'influence du sérum qui, selon lui, aurait agi surtout sur le goitre. |

Dans la Presse médicale du 1* novembre 1905 Hallion reprit l'historique et la méthode de Ballet et Enriquez.

En juillet 1905 Rigoulet, dans une thèse de Paris intitulée: « Contribution à l'étude de la pathogénie el du, traitementdu goitre exopthalmique », soutient lhyperthyroïsation et le traitement approprié.

Dans la« Gazette des Hôpitaux» du 20 octobre 1905 le D: Breton (de Dijon) fait paraître une observation très longue et très détaillée sur le cas d'une dame ayant une pleurésie hémorragique au cours d’un goi-

tre exophtalmique. Cette observation montre les

IG heureux effets du traitement par l’hémato-thyroïdine.

Ce sont là, croyons-nous, les seuls documents français concernant le trailement médical de la maladie de Basedow.

En Allemagne les expériences furent poursuivies, et profitant de la découverte de MM: Ballet et Enriquez les auteurs firent paraître de nombreuses relations à ce sujet. Mœbius (de Leipzig) se fit le défenseur de l’hyperthyroïsation,et au Congrès tenu à Hambourg, en 1901, apporta le résulta de ses expériences personnelles. De nombreuses leçons furent faites dans les facultés de médecine d’outre-Rhin et dans la littérature médicale allemande de longs articles sont rédigés depuis ce temps-là, mais il ne faut pas oublier que l’idée première vient d’un médecin

français.

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