‹ Traitement de la maladie de Basedow: Par le sang et le sérum d'animaux éthyroïdesChapitre 7 sur 13 · ANT EE · texte numérisé non relu

ANT EE

Mais cette thérapeutique ne donnant rien, le 18 septembre 1905, elle entra au Royal hospice de Dresde. M. le D' Honcker reconnut tous les symptômes d’une maladie de Basedow : Pouls à 125, palpitations violentes, sueurs abondantes, tour de cou de 48 centimètres (mesure très précise) signe de Graeffe marqué, exophtalmie, etc.

On employa différents traitements sans résultat. A partir du 15 octobre 1905, on lui donna de l’antithyroïdine. Aussitôt le sentiment de lassitude disparut ainsi que les douleurs aux jambes. Fin octobre

les règles disparues, depuis trois mois, se montrèrent de nouveau. |

Le goitre diminua de volume et les palpitations de cœur cessèrent immédiatement. Elle avait absorbé huit flacons de 10 centimètres.

Le 27 novembre 1905, on revoit la malade et à l'examen, on trouve : plus d’exophtalmie. Le poids du corps est de 53 kilogrammes. Le goitre a complètement disparu, la circonférence du cou est de 37 centimètres. Pouls se maintenant entre 78 et 80.

D'une manière générale l'aspect de la'jeune fille est tout changé, elle est joyeuse et n’a qu’une envie, c'est de reprendre son travail. Elle a quitté l’hospice en promettant de revenir si elle rechutait. Ne la voyant pas revenir on conclut à une guérison

complète.

M Jr rre af pes on gr AIT S PT Lg MATE INRA Li) À'PAR N EAEESNERS

UT

Observation de MM. Sarnron et PisanrTé (Extrait de la Revue Neurologique du 30 novembre 1904.) Malade suivie jusqu’en 1906.

M°° G...., 35 ans 1/2, n’a eu jusqu'ici comme anté-

cédents pathologiques qu’une maladie de foie.

La cause de sa maladie est inconnue, cette malade raconte qu'elle a eu de nombreuses contrariétés et de grandes émotions. En mars 1903, un médecin la soumet à la médication par l'extrait de thymus, les résultats en sont mauvais ;'le 29 juillet 1903 M. Sainton la voit et diagnostique d’une façon certaine un goitre exophtalmique, elle en présentait tous les symptômes. Depuis quelque temps l’énervement était très marqué chez elle, elle était devenue irritable et anxieuse; elle avait aussi des crises de diar-

rhée et de polyurie. Sa mémoire s'était affaiblie.

Soumise à l'extrait de corps thyroïde à la dose de

5 centigrammes par jour, une légère amélioration se produisit, mais l’irritabilité nerveuse persistait. Le premier traitement avait duré deux mois; on lui fait alors prendre une cuillerée à café de sang de mouton éthyroïdé délayé dans de la glycérine suivant la méthode d’Hallion, pendant trois semaines. L'amélioration fut notable, le traitement commencé le 4* octobre fut suivi jusqu'au 20, puis repris le 4% novembre. L'amélioration persista, le cou diminuait de volume, le tremblement était moins marqué,

l’exophtalmie moins apparente, l’état physique meil-

leur; le pouls restait cependant aux environs de 110 à 120. à

Alors, M. Sainton a l’idée d'employer le sérum de mouton éthyroïdé, au liéu du sang glycériné ; comme sa malade avait des parents en Allemagne, il lui fut facile de se procurer du sérum, dit à tort, sérum de Moœæbius, et d’en prendre une certaine quantité. N'ayant que peu de renseignements sur celui-ci, M. Sainton conseilla de ne point dépasser la dose de douze gouttes par jour, de commencer par cinq gouttes, d'arriver graduellement à cette dose maximum, de diminuer dans un intervalle de trois semaines, de cesser l’usage de cette médication pendant huit jours et de reprendre ensuite.

On resta trois mois s’en revoir la malade ; le 29 février 1904, elle était transformée; l’exophtalmie n’était perceptible que pour un œil exercé, le tremblement était insignifiant, la nervosité avait disparu, le caractère s’était amélioré, la mémoire revenait, la - polyurie avait diminué, la diarrhée n'avait point reparu, et cependant la malade s'était fatiguée, sans en ressentir aucun inconvénient. Le pouls était tombé à 80, Cette malade a été revue en juillet 1906. Tous les symptômes avaient complètement disparu ; sa guérison peut être considérée comme complète et

persistante.

L'opes

Observation de MM. Sarron et PisanTÉ (Extrait de la Revue Neurologique du 30 novembre 1904.) (Malade suivie jusqu’en 1906.)

M°*° Th... B..., vient à l’hôpital Beaujon en février 1904. Depuis douze ans elle a un goitre qui semble s'être basedowifié il y a trois ans; elle a été traitée au moment des crises par du bromure et de la valériane. à

Au moment de la consultation de M. Sainton elle présente les symptômes cliniques du syndrome.

Son état général est des plus mauvais, ce qui fait hésiter à employer le traitement par le sérum. Néanmoins, au mois de mars, pendant vingt et un jours, on lui fait prendre une cuillerée à café de sang de mouton éthyroïdé glycériné. Se sentant mieux, elle revient le 10 avril à l'hôpital Beaujon. M. Sainton substitua alors au sang, le sérum de mouton éthy- : roïdé, mais, par suite d’une erreur, le sérum ayant été remis en ampoules, le médecin traitant fit 12 piqüres de 1 centimètre cube quifurent très douloureuses, l’une d’elles, même amena un abcès. L'état ne semble pas devenir meilleur par la médication hypodermique.

La malade vint revoir M. Sainton au mois de juin ; à partir du 20 juin, elle prit pendant vingt jours 10 gouttes de sérum pro die en progressant de façon à arriver à 25 gouttes par jour. Fin janvier l’amélio-

ration est très notable, tous les symptômes ont dimi-

nué. Cette malade revue en 1900 peut être considé-

rée comme complètement guérie.

Observation publiée par le D' Morré de Charlottenbourg (Prusse) dans Aeisch-Medizinal Anseig'er, 1905, n° 18.

Le 2 mai1905 seprésente à moi une femme atteinte de goitre exophtalmique. Elle avait maigri beaucoup pendant les derniers mois,elle présentait de l’exophtalmie et se sentait extrêmement faible. Le corps thyroïde, sans être excessivement développé, empêchait cependant la malade de respirer librement. Le tremblement était très marqué. Les yeux étaient déviés à gauche. La glande thyroïde était le siège de fortes pulsations. La circonférence Gu cou était de 37 centimètres. Au moyen du phonoscope on entendait distinctement des bruits qui n'étaient pas les bruits normaux du cœur. Il y avait de l’œdème des jam- . bes et la garde-robe était régulière, l’urine peu abondante. La malade est multipare, âgée de 38 ans et ouvrière. J’essayais d'augmenter la quantité d'urine, en ordonnant le repos au lit et les diurétiques. Le résultat fut médiocre, cela tient peut-être à ce qu’il y avait un début d’ascite. J’ordonnais alors à la malade une seule dose d’Elaterium, l'œdème rétrograda. J’eus alors à ma disposition une grande quantité de thyroïdine (Mœæbius), j’en fis prendre 70 centimè-

tres cubes en tout à la dose de 5 centimètres cubes

fé Late es PA PAPER 3 se

— 23— Fe ”

par jour, tous les deux jours j’intercalais un jour de Le repos. Après une quinzaine de cette thérapeutique, l'effet bienfaisant de ce mode de traitement se manifestait déjà. L’exophtalmie rétrocédait d’une façon remarquable et la tuméfaction du goitre avait presque disparu. L'état de prostration n’existait plus et cette femme pouvait à nouveau travailler chez elle. Ayant continué le traitement, la glande thyroïde ‘a presque atteint son volume normal, et en appliquant la mainsur la région thyroïdienne on ne sent plus les vibrations. Le tremblement des membres persiste encore un peu, mais il est nettement diminué et paraît s'améliorer de jour en jour. L’œdème des jambes a disparu. La quantité d'urine a augmenté. Le cœur n’a plus de palpitations. Le résultat géné-. ral est surprenant. La guérison est pour ainsi dire

complète.

Observation publiée par le D° Morré de Charlottenbourg (Prusse) dans la Reichs Medizinal Anzeiger, 1905, n° 18.

Jeune fille (vierge) couturière et travaillant avec ‘une machine à coudre. Depuis un an et demi environ elle a remarqué que son cou augmentait de volume et que ses yeux devenaient saillants. La malade est tyrolienne et imputait sa maladie à son pays

natal parce qu’elle avait lu dans un livre quelcon-

que la prédisposition de ses compatriotes pour le goitre. | Lorsqu'elle vint à ma consultation, de l'examen que j'en fis, il résulta ce qui suit: âgée de 26 ans, 36 cm. 5 de tour de cou, un peu d’exophtalmie, un bourdonnement distinet de la glande thyroïde avec des tuméfactions bosselées, tremblements dans les jambes et sueurs nocturnes. L'état général est bon. La malade se plaint de palpitations de cœur. Elle raconte qu’un séjour à la mer pendant l’automne dernier avait amélioré son état. Je commençai le traitement par l’antithyroïdine de Mœæbius à raison de 5 centimètres cubes par jour ; cette dose est divisée en trois fois dans la journée à raison de 10 gouttes chaque fois. La malade pris en tout 80 centimètres cubes et on obtint un résultat excellent. L’exophtalmie n’est plus marquée, et le cou est devenu tout à fait normal. Le bourdonnement signalé plus haut n’est plus appréciable. Seules les palpitations de cœur n’ont pas diminué. Je lui donne encore 40 centimètres cubes de sérum avec une méthode d'emploi très exacte; ellese remet au traitement,mais après quatorze jours elle vint me retrouver et me rapporter ce qui lui restait de sérum, c’est-à-dire 30 centimètres cubes en me disant : « qu'elle ne peut plus supporter le remède, mais que, du reste, elle n’enn’a plus besoin, qu'elle est complètement guérie. » Je constate, en effet, l’action bienfaisante du sérum qui, dans ce cas,

nous à donné une guérison presque complète.

Observation publiée dans la Medicinische Woché, du 12 septembre 1904 par le D’ Josionek.

Homme de 54 ans, de forte apparence ; quelque temps avant sa maladie il avait eu avec un voisin de nombreux différends et s’en était montré très irrité. Au mois de mars 1907, il vint consulter un médecin ; et au bout de quelques semaines, il ne put plus travailler. C’est alors que les symptômes du goitre exophtalmique se montrèrent. Quelques jours plus tard, le cœur et la nuque se refroidirent et des compresses calmantes furent appliquées. On le mit au traitement par le sérum et, au bout de quelque temps, le nombre des pulsations était tombé de 112 à 93, mais le tour de cou qui était de 43 centimètres n'avait pas diminué. Depuis le 25 avril le malade prenait 1 gramme en deux fois, plus tard 2 grammes en deux fois dans un peu de vin, de telle sorte que le 8 mai il avait pris 30 grammes de sérum. Pendant ce temps on le traitait aussi par l’hydrothérapie. Après un nouvel emploi de 20 grammes de sérum les glandes étaient devenues molles, le cou avait perdu 2 centimètres de tour, l’état général était meilleur et la tachycardie avait disparu. Le sommeil était meilleur, les pulsations étaient de 78 à la minute et le malade avait envie de travailler. On peut considé-

rer ce Cas comme une guérison presque complète.

+ Observation tirée de la Berliner Klin Woche, | 1905, n° 44.

Femme W..., âgée de 42 ans, de Stralsund, issue de parents névropathes. Deux sœurs souffrent de la migraine et sont plus ou moins neurasthéniques. Mariée depuis quinze ans, a eu trois enfants. Les accouchements ont été très laborieux.

On remarque chez elle de l’exophtalmie, le signe de Graeffe et celui des Mœbius. Son corps thyroïde est augmenté de volume. On entend des bruits veineux et artériels. La circonférence de son cou est de 35 centimètres. Elle se fatigue très facilement, et

souvent éprouve une sensation d'angoisse, des pal-

pitations de cœur, des bouffées de chaleur. Elle sue

beaucoup et a des diarrhées qui durent parfois pendant plusieurs jours. Le pouls oscille entre 140 et 156. Les bruits du cœur sont faiblement rythmés. Mais le choc du cœur est renforcé et prolongé. Les règles arrivent d’une façon irrégulière. Son poids est de 66 kilos. Elle a un caractère très irascible,

Onla met au traitement par le sérum le 12 janvier 1904. Après l’emploide quatre flacons, une amélioration très manifeste des symptômes se montre. Parmi ceux-ci, la circonférence du cou surtout, qui revient à 32 centimètres, et la tachycardie qui tombe à 120 sont impressionnées. On continue néanmoins le trai-

tement à de petiies doses.

Le 2 juin, en examinant la malade, on remarque que le goitre a complètement disparu. Les autres signes sont très améliorés. On renvoie alors cette

femme dans la montagne où, au moyen d’une cure

d’air, elle termine sa guérison.

Observation due à l’obligeance du D' X..

Le D' X... de Braila (Roumanie) étant atteint d’un goitre exophtalmique lit l’article publié par le D° Sainton dans la Quinzaine thérapeutique ; il apprend ainsi l'existence du sérum de moutons éthyroïdés et se met au traitement. Au bout de quelque temps, il écrit au D'Sainton une lettre dans laquelle il lui annonce une grande amélioration dans son état. De tous les symptômes, un seul n’a pas été rétrocédé complètement, c’est le tremblement, mais il a la ferme conviction qu’il guérira d’une façon

«omplète en suivant ce traitement.

Observation de MM. les D* Decaike er CH. PHiciPPe (Séance de la Société Médico-Chirurgicale de Liège du 1* mars 1905).

Femme âgée de 47 ans, mère goitreuse.Chagrins intimes pendant de nombreuses années. En février 1903, les phénomènes nerveux apparaissent. Fin juillet de la mème année, ellese décide à voir un

médecin, le diagnostic n’est pas contestable : Pouls

à 120, tachycardie, dyspnéeintense, goitre et exophtalmie considérable.

A partir d'octobre, les règles sont suspendues et n'apparaissent plus ; il se produit une dénutrition colossale, La perte de poids dépasse 20 kilos. La malade est alors soumise, per os, à l’antithyroïdine de Mœbius par la méthode des doses croissantes et cela, jusqu’au 28 décembre. On suspend la médication, puis on la reprend le 8 janvier 1906, mais à des doses moindres : 45 gouttes les 8, 9, 10, 11 et 12 janvier ;: 60 gouttes les 13, 14, 15 et 16 janvier ; 45 gouttes les 17, 18, 19, 20, 21 et 22 janvier, soit en tout 50 centimètres cubes. Après un nouveau repos : 30 gouttes le 8 février, 45 gouttes les 9, 10, 11 et 12 février ; 30 gouttes les 13, 14, 15 et 16 février.

Pendant tout ce laps de temps, la malade a donc absorbé 170 centimètres cubes de sérum.

Chaque fois que la médication est suspendue, on fait des injections de méthylarsinate de soude pour tonifier la patiente.

Le remède amende les symptômes et la malade est en bonne voie de guérison.

Observation de MM. Sarnron et PISANTÉ. Extrait de

la Revue Neurologique, 30 novembre 1907.

F..., âgé de 32 ans, employé de banque,se présente à la consultation de l'hôpital Beaujon eù juillet 1904.

On retrouve chez lui les symptômes classiques du

Page 1