‹ Traitement de la migraine par la massageChapitre 16 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation 1 .

Céphalalgie diffuse. Noyaux d’ induration du temporal gauche du trapèze, des scalènes . — Accès fréquents. — Massage. Guérison.

44 ans souffre depuis 15 ans de maux de tête très pénibles; ces maux de tête qui ont plutôt diminué depuis deux ou trois ans, augmentent lors des changements de temps ; le vent ou l’air froid les exaspèrent : une veillée un peu prolongée suffit pour produire un accès ; le retard dans les repas, le séjour dans un milieu à température élevée, ont le même résultat. Lorsque l’accès débute le matin, il augmente peu à peu et atteint son paroxysme dans le cours de la journée ; lorsqu’il déibute à une heure avancée de l’après-midi, il empêche a malade de s’endormir, le repos au lit la soulage ordinairement. L’attaque dure parfois deux ou trois jours ; elle est suivie de pesanteur de tête. La douleur est sourde, limitée à la région temporale ; rien dans la nuque, ni le reste de la tête. Incapacité absolue du travail physique et intellectuel pendant la crise ; inappétence, parfois accidents gastriques. La malade reste immobile, évitant soigneusement les moindres mouvements de la tête qui augmentent la douleur ; ne peut pas non plus supporter la chaleur. Une compresse froide constamment renouvelée produit un peu de soulagement. Les deux côtés sont intéressés, mais le gauche l'est plus for-

t. Les observations ne portant pas de nom d'auteur me sont personnelles.

tement que le droit. Compresses d’eau sédative, bain de pied sinapisé, électricité, le tout sans résultat appréciable.

bord postérieur du temporal du côté gauche tuméfié et sensible à la pression. Derrière l’apophyse mastoïde du même côté, petite plaque qvadrangulaire indurée et très douloureuse, se continuant sans limites bien nettes avec les parties voisines . Dans le muscle trapèze gauche vers le milieu de la nuque, on trouve une partie de forme allongée présentant une certaine résistance au doigt très sensible à la pression; tuméfaction plus accentuée dans l’épaule.

A droite et sur la nuque : zone tuméfiée et également sensible au niveau des scalènes ; en pressant, on détermine une douleur très vive qui s’irradie dans le bras.

On commence le traitement au mois de janvier 1883. Au bout de huit jours diminution déjà très sensible de tous les accidents; après cinq semaines, guérison complète. A eu depuis le début du traitement un seul accès le sixième jour.

Observation 2 (Vretlind.)

Céphalalgie diffuse avec irradiation sus-orbitaire du côté droit. — Indurations sur l'un des scalènes et le trapèze du même coté. — Massage. Guérison.

Mme W... 21 ans , avait déjà très souvent des migraines lorsqu'elle allait à l’école ; bien que sous jes autres rapports, elle fût bien portante. Depuis trois ans, cette migraine s’est localisée du côté droit de la tête, en s’irradiant au voisinage de l'œil droit. Les accès venaient toutes

les semaines ou tous les quinze jours ; pendant l’été dernier, ils ont été beaucoup plus fréquents, presque journaliers. A ce moment la malade récemment mariée avait quitté Upsal, qu’elle habitait auparavant, pour Gotenbourg. Les douleurs commencent à chaque moment de la journée; parfois la malade s’éveille avec elles et doit tenir le lit tout le reste du jour. Vomissements fréquents. Au moment de l’accès, la moitié droite de la face est couverte de sueur et plus froide que la gauche. La sensibilité à la lumière et au bruit est notablement augmentée. Les médecins d’Upsal ont déjà employé divers procédés de traitement, mais sans succès. L’examen fait le 1er mars montre que cette malade est de bonne santé habituelle etde bonne constitution quoique anémique. Rien d’anormal du côté du tube digestif, (grossesse au quatrième mois). Sensibilité sur les branches du trijumeau du côté droit, et sur les ganglions sympathiques du même côté. En outre, on trouve de la sensibilité avec une tuméfaction un peu molle dans le muscle scalène moyen, et la portion cervicale du trapèze droit. Dans une étendue de un pouce sur le trajet de ce muscle, épaississement de la masse musculaire comparable comme à un crayon, dureté tendineuse.

Traitement de trois mois, quatre-vingts séances de massage sur les muscles du cou et les filets nerveux sensibles à la pression. La malade éprouve de légères douleurs autour de l’œil droit quand on masse le trapèze. A partir du début du traitement, la céphalalgie diminue et, pendant toute sa durée, elle ne fut obligée de se mettre au lit que deux jours. Après qu’on l’a cessé, elle est beaucoup mieux ; elle a eu simplement pendant l’été deux jours de céphalalgie. Les

foyers d’induration musculaire persistent en partie.

Observation 3 .

Céphalalgie diffuse paroxystique accompagnée de douleurs dans les deux épaules. — Points douloureux au niveau des attaches supérieures des sterno-mastoïdiens et des trapèzes. Accidents du'cotê des yeux quand on presse sur ces points. — Massage. Guérison.

Mme S..., 25 ans, souffre depuis l'apparition des règles de céphalalgie paroxystique. Son frère présenterait des accidents analogues. Depuis son arrivée à Paris, il y a quatre ans, les crises sont plus fortes et plus fréquentes ; la malade n’a jamais un moment de repos absolu. La semaine dernière, crise très violente. La colère et les autres émotions morales vives provoquent sûrement un accès. Cette personne qui est devenue concierge il y a neuf mois a encore vu son état s’aggraver depuis ce moment. Céphalée continue très pénible à l’approche des règles. Elle est soulagée tantôt par la chaleur, tantôt par le froid. La douleur commence au niveau de la protubérance occipitale, elle s'irradie vers les tempes et est toujours plus marquée du côté gauche ; elle finit dans la nuque ; la malade a parfois du larmoiement sans rougeur des yeux. Parfois l’accès débute pendant la nuit, de telle sorte que la malade souffre déjà en se levant le matin ; les mouvements de la tête augmentant la douleur, ’ elle la tient ordinairement immobile et inclinée en avant, craignant à l’extrême de tousser ou d’éternuer. Souvent les attaques sont accompagnées de vomissements ; soit pendant la crise, soit vers

la fin ; pourtant l’ingestion des aliments la soulage.

L’attaque est en outre accompagnée de bourdonnements d’oreille très 'pénibles, d’ obnubilation de la vue . Tant qu’elle dure, la malade n’ose même pas se peigner, tant le cuir chevelu est douloureux.

Bromure de potassium, douches, électricité ; le dernier moyen seul i’â soulagée et encore pendant très peu de temps.

On trouVe une tuméfaction très nette au niveau de l'attache supérieure du sterno-cléido-mastoidien gauche. Les deux trapèzes sont tuméfiés, douloureux à leurs points d’attache au crâne. Une pression un peu forte exercée à gauche de la protubérance occipitale détermine une vive douleur dans l’œil gauche, douleur accompagnée de larmoiement et de photophobie. La pression à droite et au point correspondant détermine des phénomènes analogues du côté de l’œil droit. Autre tuméfaction sur l’épaule droite.

Le traitement par le massage est commencé le 1er janvier 1884. Amélioration très sensible après trois séances. Les mouvements de la tête sont beaucoup plus libres et presque indolents, mais il y a toujours de la douleur dans les deux épaules, surtout dans la gauche. La durée totale du traitement fut de sept semaines avec nterruption de trois jours à l’époque des règles. Guéri-

son.

Observation 4.

Céphalalgie paroxystique à localisations multiples. — Indu « rations au niveau des attaches supérieures du splènius et de l'extrémité inférieure du trapèze du côté gauche. — Manifestations rhumatoïdes diverses. — Massage. Amélioration.

Mme P.... 43 ans, caissière, souffre de la tête depuis environ six ans. Depuis deux ans les paroxysmes ont été un peu moins fréquents qu’auparavant et séparés par déplus longs intervalles. lisse développent ordinairement le jour, quelquefois la nuit, et dans ce cas, ils sont assez prononcés pour réveiller la malade. Depuis deux mois ils surviennent souvent le soir et l’empêchent de s’endormir.

Le paroxysme commence par des douleurs sourdes qui deviennent peu à peu aiguës et lancinantes « comme si on lui enfonçait des clous dans la tête » ; cette douleur commence à la fois des deux côtés; son pointde départ paraît être cependant le milieu de la nuque, elle s’irradie vers le verteæ et s'y fixe quelquefois. Après la fin du paroxysme il reste au même niveau une zone d'hyperesthésie ; d'autres fois, la douleur change de place et a son maximum aux tempes, derrière les oreilles, sur le front ou les paupières supérieures. La face devient rouge, et les régions en question sont tuméfiées. Battements violents dans les tempes. Au moment de l’accès il y a des douleurs moins aiguës dans les muscles de la nuque et les épaules. Il lui est impossible de faire le moindre effort volontaire. Mémoire un peu affaiblie, douleurs gastriques, au moment des époques, la céphalalgie diminue au contraire. Cette malade qui habite une boutique

au rez-de-cbaussée éprouve également de temps en emps des douleurs rhumatoïdes en différents points du corps, surtout au niveau des articulations du pied où il existe un peu d’épanchement, souffre surtout lorsque le temps se met à la pluie ou au vent. Les ennuis, les chagrins et les soucis produisent une crise ; les fatigues ont moins d'influence. Il paraît au contraire que la vie sédentaire et l’immobilité habituelle lui sont préjudiciables, elle va beaucoup mieux le dimanche lorsqu’elle peut sortir et faire une promenade plus ou moins longue à pied. Electricité sans résultat, prend depuis quelque temps des pilules de Moussette à l’aconitine et à la quinine ; elles '.diminuent l'intensité de l’accès.

Les attaches crâniennes du splénius sont tuméfiées et sensibles ; une pression un peu énergique détermine une douleur qui s’irradie jusqu’au vertex ; induration allongée et du volume d’une plume d’oie dans la partie inférieure du trapèze. Les deux épaules, la gauche surtout sont très tuméfiées.

Massage commencé au mois de février 1883, continué pendant deux mois et demi (avec interruption pendant trois semaines). Amélioration très sensible et qui s'est maintenue.

Observation 5.

Céphalalgie diffuse habituelle.— Accès de céphalalgie fréquents — Induration inflammatoire sur le bord du trapèze gauche et au-dessus des apophyses mastoïdes. — Massage. Guérison.

Mme D., 32 ans, souffre depuis plusieurs années d’une céphalée habituelle, ayant de temps en temps de

petits paroxysmes. Chez cette personne, qui est très impressionnable, la fatigue , la contrariété, l 'insomnie pro- • voquent infailliblement des accès. Ceux-ci sont précédés ou accompagnés de différents troubles de l’estomac, ils surviennent parfois un peu avant le moment de l’apparition des règles. Elle souffre au changement de temps sans éprouver toutefois d'accès de céphalalgie proprement dits. La douleur commence derrière l’oreille gauche et s'irradie vers la tempe, pour passer dans certains cas de l’autre côté. Au début cette malade éprouve surtout une sensation de chaleur, puis des battements. Il lui semble que ses cheveux se hérissent et s'enfoncent dans le cuir chevelu comme autant d’épingles. Le mal ne vient pas à heure fixe, il est en général plus fort lorsqu’il débute dans le cours de la journée, dure de 12 à 36 heures ; la nuit, le côté intéressé est si douloureux qu’elle ne peut ni le poser sur l’oreiller ni même le toucher. Au début de la crise le sang est porté à la tête , le côté gauche devient rouge, chaud, douloureux ; au bout de une à deux heures, la malade devient plus pâle et la chaleur diminue. L’application de compresses d’eau froide . n’est le plus souvent suivie d’aucune amélioration : les bains de pieds sinapisés ne réussissent pas mieux. A gauche tuméfaction occupant le bord externe du trapèze sur une étendue de plusieurs centimètres, dans le corps de ce muscle, et tout près de la colonne vertébrale, petit foyer très douloureux de la surface de la pulpe de l’index. A droite autre foyer - symétrique et plus limité encore.

Massage ; amélioration à la suite de la première séance : guérison complète après un mois de traitement. Depuis lors, elle n’a plus rien ressenti sauf de

petites douleurs rares et très fugaces du côté intéressé.

Observation 6.

Induration au niveau de l'insertion crânienne des trapèzes.

Céphalalgie paroxystique. Accès fréquents. Céphalalgie

di/fuse. — Massage. Guérison.

Mademoiselle N., 32 ans, se plaint depuis plusieurs mois de violents maux de têle. La douleur siège au sommet, et plus encore à la nuque , surtout à droite ; de là elle s'irradie vers les tempes , le front, les yeux de telle sorte que toute la tête se trouve prise; la malade dit qu’elle souffre comme si on lui frappait la tête à coups de marteau. L'accès débute souvent le matin au moment où elle se lève, souvent aussi dans le cours de la journée, surtout lorsqu’elle est obligée de s’appliquer à un travail physique ou intellectuel un peu pénible. L'automne et le printemps sont les deux saisons les plus mauvaises pour elle. C’est aussi à cette époque qu elle est le plus occupée ; elle n’a pas remarqué que les changements de temps ou de température exercent aucune influence sur son état. La céphalalgie augmente en général toute la matinée, atteint son acmé à midi et cesse vers deux ou trois heures. Dans l après-midi, elle n’éprouve plus autre chose que de la pesanteur de tête, mais si elle entre à ce moment dans une pièce où la température est un peu élevée, une salle de spectacle par exemple, la crise reparaît ; il suffît pour provoquer un accès, qu’elle se trouve un peu trop près d un lustre allumé. L'accès débute par la pesanteur des paupières, un peu de photophobie. Parfois la flexion de la

tête en avant suffit pour provoquer une crise ; lorsque cette crise est commencée, la même position l’aggrave infailliblement ; afin de diminuer la douleur, elle reste de préférence debout ou assise sur un fauteuil. L'époque menstruelle est sans influence sur la douleur. Pendant la crise, les moindres mouvements de la tête exagèrent la douleur. Hydrothérapie et galvanisme sans résultat. Derrière les deux apophyses mastoïdes tuméfaction douloureuse , mêmes phénomènes au niveau des attaches crâniennes du trapèze gauche. Une pression exercée à ce niveau provoque un accès.

Le massage est commencé à la fin de novembre 1882. Même état après huit séances. Au bout de trois semaines, interruption de 14 jours, puis continue pendant 15 jours encore. Complètement rétablie au bout de ce temps, n’a eu depuis lors que deux accès très faibles.

Observation 7.

Céphalalgie diffuse. Foyers d'induration multiples dans le sterno-cleido-fnastoïdien et le trapèze des deux côtés plus marqués à droite. Accès de céphalalgie . — Massage. Amélioration très marquée. Récidive. Meme traitement. Guérison.

Madame K..., 40 ans, commence son traitement à la fin d’avril 1882. Personne très nerveuse et souffrante depuis longtemps ; il y a six ans, traitement hydrotérapique pour divers accidents nerveux ; se refroidit, prend une polyarthrite subaiguë, depuis lors accès périodiques de céphalalgie. Saison à Bade, disparition des accidents articulaires. Alla mieux pendant l’été 1881,

mais à l’arrivée de l’automne, la céphalalgie revint ; le moindre refroidissement déterminait des attaques; souvent même celles-ci survenaient sans cause connue. Chaque attaque se manifeste sous forme de douleurs violentes, comme si on la frappait à coups de marteau à la télé ; elle devient pile, éprouve une vive sensation de froid; l’œil du même côté est rouge et larmoyant. Elle obtient un peu de soulagement en exerçant une compression énergique sur la région douloureuse. Au contraire le repos et la chaleur exagèrent la douleur. Le lendemain de chaque attaque, il reste de l’engourdissement avec hypéresthésie, du cuir chevelu ; la malade n’ose même pas se peigner. Depuis quelque temps, elle a perdu beaucoup de cheveux. Eau sédative, sinapismes à la nuque, purgatifs, pillules de sulfate de quinine, etc. A cessé tout traitement ces derniers temps. Sur le trajet du sterno-cleido-mastoïdien du côté gauche et à un travers de doigt environ de l’apophyse mastoide, on trouve une tuméfaction dure dont la limite inférieure assez peu nette se confond avec le tissu musculaire du voisinage. La pression exercée sur ce point produit une sensation extrêmement pénible. Dans le trapèze du même côté au niveau de l’apophyse épineuse de la dernière vertèbre cervicale près de la ligne médiane du dos, on trouve une autre tuméfaction du volume de l’extrémite du pouce : du côté opposé existe également une petite tumeur, mais elle est moins grosse et moins pénible. A droite, au-dessous de l’insertion supérieure du sterno-cleido-mastoïdien, sensibilité qui se prolonge dans le spléniu «.

Un peu de sensibilité et de tuméfaction au niveau de la partie supérieure du temporal.

Massage. Après 54 jours de traitement, amélioration manifeste. Au mois d'octobre les accidents reviennent avec moins d'intensité toutefois qu’à la première attaque. Elle réclame de nouveau mes soins au mois de novembre. Un mois de traitement ; le résultat est aussi avantageux que la première fois ; j’ai eu l’occasion de la voir à plusieurs reprises, il n’y a pas eu de nouvelle récidive.

Céphalalgie diffuse du côté gauche. Irradiation dans la mâchoire supérieure. Induration dans la partie supérieure du trapèze. — Massage. Guérison.

M. L. 46 ans, souffre de maux de tête depuis 10 ans. En 1878, rhumatisme subaigu de la jambe , et de la cuisse droite pour lequel il doit garder le lit trois mois. Bains chauds, douches, gymnastique, sans résultat. Ictère en 1880 ; à ce moment, les douleurs disparaissent. Ce malade, qui est tailleur, est souvent obligé de travailler la nuit, et de sortir trempé de sueur. A part les accidents rhumatismaux dont il a été question, il éprouve une douleur de tête continue, siégeant principalement du côté gauche. Accès paroxystiques une, deux, ou trois fois par semaine durant de deux à six heures. Le temps froid et humide les exagère, bourdonnement d'oreille du côté gauche. Depuis assez longtemps la maladie est restée stationnaire. Parfois l’attaque est si violente que le malade déclare qu’il ne sait comment il y résiste. Parfois le paroxysme ne produit qu'une sensation pénible d’engourdissement et de vertige. Lotions à Veau sédative, applications de sable chaud

(loco dolcnli), bains russes. Douleur vive quand on exerce une pression sur une petite surface de deux centimètres correspondant à la région pariétale gauche. Cette douleur s'irradie dans la mâchoire supérieure. On trouve dans la partie supérieure du trapèze du côté gauche plusieurs points de tuméfaction dure plus ou moins résistante et très sensibles à la pression. Cette pressiou suffit pour provoquer une attaque. En faisant élever le bras gauche, on découvrait facilement à travers les couches superficielles du trapèze et dans sa portion acromiale une induration marquée du volume de la pulpe du petit doigt ; la pression exercée à ce niveau est également très douloureuse. Le traitement par le massage est commencé au mois d’avril ; guérison complète au bout de deux mois. La tuméfaction, la céphalalgie paroxystique, les troubles de l’audition ont complètement disparu. J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de revoir ce malade. Le seul symptôme qui lui resté est une douleur sourde et très-supportable à la nuque ne se manifestant du reste que lors des changements de temps.

Observation 9.

Céphalalgie diffuse. — Douleur dans l'épaule. Induration sur

la partie moyenne du scalène. — Massage. Guérison.

M. N. 41 ans, grand amateur de pêche; se refroidit souvent ; s’est plaint il y a trois ou quatre ans, d une douleur dans l'épaule assez violente pour l’empêcher de dormir les nuits. Atteint en 1876 et en 1877 d'un violent mal de tête, qui cessait sans traitement au bout de deux, ou trois semaines. Depuis deux ans, les douleurs ont augmenté d’intensité. Elles surviennent surtout le matin,

lorsque le malade sort ; elles sont parfois assez violentes pour lui faire craindre une syncope. Au début, la douleur siège à droite, puis elle fait place à une sensation d’engourdissement occupant toute la tête. Les paroxysmes sont séparés par des intervalles de plusieurs semaines, depuis quelque temps la malade éprouve en outre une douleur sourde et continue dans toute la partie supérieure de l'épaule. Elle présenterait même des paroxysmes correspondant à ceux de la céphalalgie et les précédant un peu. Les accès se développent sous l’influence de différentes causes, entre autres Jes efforts intellectuels, l’irrégularité dans les repas. L'exercice provoquant la transpiration le soulage. Cet homme a éprouvé en outre unlambago et une sciatique légère. Séjour à Luchon l’été dernier ; amélioration de courte durée. Courants continus pendant trois mois sans plus de résultat. Rien sur la voûte crânienne \ vers la nuque induration musculaire de la forme et du volume d’une plume c Voie , longue de un centimètre et correspondant à la partie médiane du scalène.

D’une dureté presque cartilagineuse, elle est très sensible à la pression. Cette douleur s’irradie vers l’épaule du même côté. Une autre tuméfaction également limitée occupe le bord supérieur du scalène et une partie de son épaisseur.

Traitement commencé au mois de mars 1881, et suivi irrégulièrement pendant trois semaines. Au bout de cinq semaines, amélioration sensible. Accès moins fréquents et moins intenses. Au bout de neuf semaines, le malade ne sent rien; le mieux s’est maintenu. 11 a simplement éprouvé dans le cours du printemps dernier quelques douleurs vagues très supportables d’ail-

leurs dans la tête, douleurs ne ressemblant en rien aux paroxysmes qu’il éprouvait avant le traitement.

Observation 10.

Céphalalgie diffuse. Plaque sensible sur le pariétal gauche. Sensibilité ait niveau des ganglions du sympathique. Tuméfaction du trapèze et du splénius. — Massage. Guérison.

A. V., commerçant, 49 ans, a eu autrefois du catarrhe gastrique. Se plaint, depuis 7 ans de difficulté pour respirer, avec diminution des forces. S’est trouvé bien de la gymnastique-médicale et d’une saison à une station d’eaux. Fort et bien constitué encore aujourd’hui. Souffre surtout pendant l’automne et le printemps de douleurs rhumatoïdes, surtout de céphalalgie. Bien que tous les hivers, le malade fasse de la gymnastique médicale, il n’a pas obtenu d’amélioration. Cette douleur a le caractère contusif, le malade ne sait trop si elle siège plutôt à l’intérieur qu’à l'extérieur de la tète ; mais elle est beaucoup plus violente à droite. Les efforts intellectuels l’augmentent, elle est toujours moindre le dimanche, jour où le malade ne s'occupe pas de ses affaires. Elle est plus forte quand il est assis que quand il marche, lorsqu’il a froid et qu’il est un peu constipé qu'à un autre moment ; il est rare toutefois que la douleur persiste assez longtemps pour que le malade soit obligé de cesser son travail. A l’examen de la tête rien d’anormal et on ne trouve nulle part de sensibilité sauf sur une petite surface d'un pouce carré sur son pariétal gauche, pas de tuméfaction.

Un peu de sensibilité du côté droit au niveau des ganglions du sympathique. Le trapèze et les splénius

sont tuméfiés et sensibles au niveau de leur insertion supérieure. Ces muscles sont sensiblement plus pris à gauche qu’à droite. Massage, dix neuf séances en février, 16 séances en mars, vingt-deux séances en mai. Traitement suivi très irrégulièrement; la tuméfaction musculaire, persiste seulement en partie ; céphalalgie disparue; le malade a cependant eu une légère exacerbation.

Observation II.

Céphalalgie diffuse. Tuméfaction d'un scalène du côté droit et du trapèze. — Massage. Guérison.

M. B. J., 45 ans, souffre depuis 3 ans de céphalalgies pénibles et contusives. Depuis l’année dernière se plaint en outre de bourdonnements dans l’oreille gauche en même temps d’un peu de surdité d’un côté ; n’entend pas le tic tac d’une montre de ce côté. Depuis quelque temps, douleurs dans les épaules.

A l'examen, on ne trouve aucune trace de maladie dans le cuir chevelu, mais le scalène moyen droit est le siège d’une tuméfaction résistante ; on trouve une autre tuméfaction de même caractère dans la portion acromiale du trapèze.

Après douze séances de massage, la douleur est sensiblement atténuée, le bourdonnement et la surdité de l’oreille gauche diminuent également. Lorsqu’il cesse son traitement après 22 séances, peut entendre le tic tac d’une montre placée à 1 pouce de l’oreille. Les bourdonnements disparaissent peu à peu ; la guérison persiste.

Observation 12.

Céphalalgie pariétale sus-orbitaire . Point douloureux sousmastoïdien du côté gauche. Induration du bord externe du trapèze. — Massage. Amélioration marquée.

MmeL., 38 ans, sujette aux migraines depuis 12 ans. Pendant les 8 premières années, ces migraines ont eu un caractère violent; depuis 4 ans, elles sont un peu plus légères. Les attaques sont irrégulières depuis 3 ans. Sont provoquées surtout par le froid humide. La malade souffre ordinairement moins pendant l’été ; un coup de vent suffit pour déterminer une crise; les déplacements, les voyages surtout ont le même résultat. La douleur commence au niveau de la tempe droite et s’étend rapidement vers le front, le vertex et la nuque ; arrivée là elle remonte à gauche vers le sommet de la tête, le front et la tempe. Cette douleur est violente, la malade croit, dit-elle, que sa tête se fend ; soubresauts musculaires, nausées, vomissements un peu plus tard suivis d’un soulagement marqué et de la fin de l'accès. Pendant tout ce temps, elle est très pâle, sa face est couverte d’une sueur froide. Le pouls est accéléré, les paupières deviennent lourdes, les yeux rouges, elle ne peut supporter le jour, de sorte qu'on est obligé de baisser le rideau. L'ouïe devient tellement sensible que la malade ne peut supporte^ le moindre bruit, et entend de très loin une conversation même à voix basse. Parfois la mémoire s'altère et la malade oublie ce qu’elle vientde dire. La tête esttellement sensible que lamalade redoutant de laposer sur un oreiller, reste debout pendant toute la durée de l’accès ; elle se couche seulement quand elle est épuisée

par la fatigue. La chaleur appliquée directement sur la tète la soulage un peu. L’accès dure ordinairement 24 heures, parfois 48 ou même 72. Dans ce cas, il consiste surtout en une sensation continuelle et très pénible de pesanteur, interrompue par de véritables douleurs. Est un peu soulagée par l’ ingestion daine tasse de café noir. Le chloral, avantageux au début, est aujourd’hui sans effet. Depuis quelque temps prend une préparation morphinée. Electricité sans effet, a retiré quelque avantage du séjour dans diverses stations balnaîres, à Néris, Aix-les-Bains, efc. A droite, tuméfaction douloureuse des attaches crâniennes du trapèze et du splénius. En suivant de haut en bas le bord du trapèze, on trouve vers la partie inférieure de sa portion cervicale une région plus indurée. Dans le voisinage un ganglion est tuméfié et douloureux à la pression. De l'autre côté il n'y a qu’un peu de sensibilité au-dessous de l’apophyse mastoïde. Traitement par le massage commencé au mois de septembre 1883.

Au bout d’un mois, légère amélioration ; à ce moment, la malade est obligée de l’interrompre et de partir pour la campagne. Je ne puis la revoir que vers la fin de novembre ; traitement repris à ce moment. Après deux mois (interruption de 15 jours pendant cet intervalle) amélioration très marquée, accès plus rares et limités à la région sus-orbitaire ; même dans cette région, la douleur est beaucoup moins vive qu’avant le traitement. Cette amélioration s’est maintenue ainsi que l'indique une lettre que m’écrivait récemment d’Angleterre cette malade.

Observation 13.

Céphalalgie pariétale avec irradiations dans Les régions susorbitaires et les paupières. Point douloureux sous-mastoïdien à gauche. Induration du bord externe du trapèze <lu même coté. — Massage. Guérison.

MmeC., 40 ans, a toujours 'eu des migraines extrêmement pénibles. Ses deux sœurs en sont elles-mêmes atteintes. Les accès se succèdent à intervalles tout à fait irréguliers ; ces migraines ont toutefois diminué un peu de violence depuis 3 ans. Les accès surviennent ordinairement sous l’influence d’impressions morales ; cependant la fatigue et le grand air en déterminent quelquefois. Lorsqu’elle quitte Paris pour la campagne, elle est sûre d’avoir un accès qui dure deux ou trois jours. L’attention soutenue, portée sur un objet, appelle presque toujours une crise ; la malade est sûre d’en avoir une si elle examine attentivement un tableau dans un musée. Le mal siège d’abord au sommet de la tète, puis gagne les régions sus-orbitaires des deux côtés, parfois les paupières. La tête est lourde, la malade déclare qu’elle a de la peine à la porter. Le cuir chevelu devient le siège cl'une telle sensibilité qu’elle n’ose même pas toucher à ses cheveux ; obnubilation de la vue, a comme un brouillard devant les yeux, douleur sourde continue avec troubles de l’idéation ; la malade répond à tort et à travers aux questions qu’on lui adresse. La face est pâle ; en général, la crise se termine après une nuit de sommeil. L’ingestion des aliments est suivie d’amélioration ; cette amélioration n’est que passagère et le mal s’aggrave après le repas. La grande chaleur etl’ap-

proche de l’orage agissent défavorablement sur son état. Parfois, la douleur cesse brusquement et fait place à de l’embarras gastrique.

Accès fréquents à l’approche de la menstruation ; les compresses d’eau froide la soulagent. Douches froides, bromure de potassium sans grand résultat. Nous trouvons derrière l 'apophyse mastoîcle sur un point qui n’est pas plus grand que la pulpe du petit doigt, une surface extrêmement douloureuse à la pression ; cette pression suffit pour provoquer une crise douloureuse . Sur le bord externe du trapèze du même côté autre point tuméfié et résistant. A gauche, un peu de sensibilité au dessous de l’apophyse mastoïde. Traitement commencé au mois de septembre 1883, deux fois interrompu ; la première fois pendant cinq semaines, la seconde pendant trois. A la fin du traitement, la petite induration signalée plus haut persiste, mais malgré cela, la malade se déclare complètement guérie. Je l’ai rencontrée l’été dernier, le mieux persistait, la tête est un peu lourde de temps en temps, mais elle n’a plus d’accès.

Céphalalgie pariétale du côté gauche. Douleur sourde continue dans la nuque . Foyer d’induration au niveau du temporal gauche . Infiltration étendue sur le trajet des trapèzes. — Massage. Guérison.

M. M. 24 ans. Jamais de douleurs rhumatoïdes, souffre seulement de migraines violentes depuis 6 ans. La douleur siégeait surtout dans la région frontale ; elle était peu tenace ; depuis lors, il a eu de nouveaux accès à des intervalles irréguliers, parfois assez longs, plu-

sieurs mois. Ces accès étaient plus fréquents au printemps, on n’a cependant pas remarqué qu'il existât entre eux et la température ou l’étaL de l'atmosphère aucune relation. Depuis l’automne de l'année 1880. la douleur s’est déplacée, elle occupa ordinairement le sommet de la tête. Parfois ce malade éprouve dans la région de la nuque une sensation particulière se rapprochant plutôt de la gêne que d’une véritable douleur. En même temps le jeune malade est devenu irritable, le moindre bruit l'agace. La douleur du vertex présente des paroxysmes unilatéraux avec engourdissement du côté correspondant, c’est-à-dire à gauche ; cet engourdissement s'étend aux membres supérieur et inférieur ; il persiste pendant deux ou trois jours. Au point douloureux, la tête est plus chaude qu’ai Heurs. Le malade éprouve une sensation qu’il compare à celle que 'produirait de l’eau très chaude ou bouillante versée sur ce point ; les veillées, le travail intellectuel produisent presque sûrement des paroxysmes, accompagnés de nausées calmées par l’ingestion des aliments. On ne trouve à l’examen du cuir chevelu par le toucher qu’un petit foyer d’induration du diamètre de la pulpe de l’index, correspondant à la région temporale du côté gauche. Au contraire, les deux muscles trapèzes sont le siège d'une infiltration marquée, manifeste surtout au niveau de leur attache supérieure. Le traitement par le massage est commencé au mois de mai 1882. Amélioration déjà sensible au bout de 6 jours. Guérison au bout de 30 jours.

Observât! on 15.

Céphalalgie pariéto- front ale. Induration sous-mastoïdienne . — Massage. Amélioration . Interruption du traitement. Récidive. Amélioration persistante après un nouveau traitement.

Mme M..., 30 ans, hémicrânie droite depuis dix ans, plus rarement hémicrânie gauche, les accès se développent de préférence dans certaines saisons ; elles arrivent presque toujours lorsqu’elle s’est exposée au vent ainsi qu'à l'approche d’un orage ; les travaux de couture ou de tricot un peu longs provoquent souvent des accès, de même que l’approche des règles; la fixation un peu longue d’un même objet. C’est en général, vers cinq beures du soir que l’accès débute, elle se plaint d’abord d’un malaise général qui peu à peu fait place à une céphalée sourde au début. Puis la douleur toujours sourde se fixa vers le sommet de la tête , puis s’étend vers le front, les tempes et les yeux. C’est à ce niveau qu’elle est la plus vive. La malade tient involontairement la tête dans ses mains, parfois le globe de l’œil de ses doigts ; elle éprouve même un certain soulagement. La figure prend une teinte jaune pâle, et la malade fait son possible pour ne pas imprimer à la tête le moindre mouvement. Ne peut dormir la nuit qu’à l’aide du chloral. Le lendemain la douleur persiste, elle est même plus intense que la veille et dure toute la journée. Cette personne a malgré tout bon appétit, l’ingestion des aliments ne produit ni amélioration ni exacerbation. Le froid ou la chaleur n'ont aucune influence sur elle. Après l’accès, affaissement général, les jambes fléchissent; les yeux sont

cernés, les traits allongés; la tête devenue absolument indolente. Les moyens ordinaires (hydrotérapie, galvanisme, caféine, aconitinc sont tous restés sans résultat). Les purgations ne réussissent pas mieux.

Tuméfaction au niveau des attaches crâniennes du splénius du coté droit, surtout derrière l'apophyse masioide ; ce point est très sensible à la pression. La douleur s'irradie vers le front. Massage. Au bout de cinq semaines, la malade se croyant guérie abandonne le traitement. Une récidive l’oblige à revenir au bout de six semaines, nouveau traitement de cinq semaines. A ce moment, amélioration très marquée. Lemieux continuait au bout de six mois, cette malade n’avait eu que deux accès correspondant à l'époque des règles.

Observation 16.

Céphalalgie pariéto- frontale. Noyaux d'induration dans le

trapèze et les muscles de l'épaule. — Massage. Guérison.

Mme Gr. M. 33 ans, souffre depuis longtemps de céphalalgies très pénibles ; on les a mises sur le compte d'une affection chronique de l’utérus dont cette personne est atteinte depuis longtemps. Depuis dix-huit mois, les accès sont devenus un peu plus rares. L'accès qui débute le matin dure quelques heures et cesse graduellement. Il commence par une sensation de pesanteur siégeant à la partie supérieure de la nuque (sur les limites du cuir chevelu) puis s’étend vers le sommet de la tète, tandis qu’elle cesse à la nuque ; de là, elle gagne le front , les tempes de l'un et l'autre coté. C’est souvent vers la fin que la crise est le plus pénible ; elle est accompa-

crnée de nausées sans vomissements; la face devient rouge, tuméfiée ; puis pâle au dernier moment. La malade ne peut rester en place au moment de l’accès. Eau sédative, bromure de potassium, électricité (faradisation)

sans résultat ; les douches en pluie la soulagent. La

douleur est plus sourde; le mouvement des voitures suffit pour provoquer un accès, de meme que les changements de temps ; la constipation et les troubles digestifs ont le même résultat.

Tuméfaction des deux côtés au niveau des attaches du splénius au crâne ; tuméfaction et sensibilité du trapèze dans son tiers supérieur au voisinage de l’épine dorsale. L’épaule gauche est très tuméfiée.

Traitement commencé au mois d’octobre 1883. Au bout d’une quinzaine de jours amélioration marquée. On continue malgré tout le traitement pendant quelque temps. Guérison complète, pas de récidive.

Observation 17.

Céphalalgie pariéto- frontale . Indurations ni plusieurs points des trapèzes , — Massage. Guérison.

Mme P. ans, anémique. La céphalalgie, d’abord peu intense, a augmenté progressivement depuis deux ans, elle est à peine tolérable. Au printemps de l’année dernière, elle consent à passer quelques semaines à Paris, et a vu son état s’améliorer légèrement. Il ne s’écoule ordinairement pas plus de huit jours entre les accès : ceux-ci arrivent à n’importe quelle heure de la journée ; lorsque la malade peut dormir, le sommeil ne fait pas cesser la crise qui reparaît le lendemain matin avec la même intensité qu’au paravant.

Parfois celle-ci débute brusquement, d’autres fois il y a cVcibord une céphalée sourde gravative qui augmente peu à peu. Le maximum correspond au vertex; de là, la doueur s’étend vers les tempes et le front où elle e4 plus sourde ; parfois elle se limite au sommet.

Les émotions morales, la menstruation, les troubles digestifs suffisent pour appeler des accès; amélioration par le froid, la chaleur, la marche. En arrière de l'apophyse mastoule droite et correspondant aux insertions crâniennes du trapèze, on trouve un petit point induré très douloureux à la pression ; la douleur provoquée de cette manière s’irradie dans les directions indiquées plus haut. A gauche, autre point d’induration dans le 1/3 inférieur du trapèze.

Massage commencé vers la fin du janvier 1882. Amélioration déjà sensible au bout de huit jours, guérison complète au bout de cinq semaines. Je l’ai revue au commencement de 1884, la guérison s’était maintenue.

Observation 18 (Vretlind)

Céphalalgie pariétale paroxystique: Induration d'un scalène du côté droit Mêmes phénomènes sur le trapèze, ganglion sierno-mastoïdien pris . — Massage. Amélioration.

Mme W. 35 ans, souffre depuis l’enfance ; douleur devenue sensiblement plus forte depuis quelques années ; ordinairement elle a son siège au milieu de la région pariétale. C’est dans ces conditions qu’elle- est la plus légère ; souvent aussi elle intéresse là moitié droite de la tête, mais elle est alors si intense que la malade doit se mettre au lit, incapable de se livrer à aucune occupation, par suite de vomissements et de spasmes de différents

muscles . Tous les moyens employés jusqu’à ce jour ont été inutiles. Gomme la mère cle cette personne souffrait elle-même de migraine, on considéra TafTection comme héréditaire et incurable.

Dans ces conditions on l’amena très difficilement à consulter un spécialiste dans le cours d’une saison balnéaire. Celui-ci aurait, d’après le dire de la malade, trouvé une tuméfaction sensible des muscles clu cou, du côté droit, en même temps qu’un ganglion sympathique du même côté était également douloureux. Ces parties furent traitées par le massage pendant quelques semaines : à son grand étonnement la malade obtint une amélioration sensible, les migraines sont moins intenses et moins fréquentes.

Cette malade vient trouver M. Wretiind pour la continuation du traitement à la fin du mois de septembre de ia même année. On trouve le scalène moyen du côté droit encore dur et douloureux, de même que le bord supérieur du trapèze droit. Ce dernier était au début du traitement par le massage tuméfié, dur et sensible. Au niveau du bord postérieur du sterno-cleido-mastoïdien à deux pouces de son insertion supérieure, ganglion lymphatique du volume d'une noisette. Ces parties sont massées trois fois par semaine pendant deux mois. Dans cet intervalle, le malade a des migraines à peu près une fois par mois. Elles ne sont cependant nullement comparables à ce qu’elles étaient auparavant

Observation 49

Céphalalgie débutant par une douleur sous-mastoïdienne qui s irradie dans les régions pariétale et frontale. Induration dans le corps du trapèze gauche et des scalènes. — Massage. Amélioration .

Mme L. 37 ans, souffre depuis longtemps de migraines violentes. Pendant l’enfance, les accès arrivaient irrégulièrement, mais n’avaient pas tous lamème durée. Depuis lors ces accès, au contraire, auraient duré environ trois jours, et seraient survenus assez régulièrement deux fois par semaine. Le plus souvent ils débutent le matin peu de temps après que la malade s’est éveillée ; il est rare que la malade en éprouve dans le cours de la journée et surtout le soir. Dans ce cas, ils sont accompagnés de fièvre. Depuis le mois d’octobre, la céphalalgie est devenue irrégulière, la malade n’est prise de ses douleurs que sous l’influence de causes occasionnelles ; de la fatigue surtout. Lorsqu’elle fait un voyage un peu long, elle ne manque jamais d’avoir son mal de tête, soit dans le cours du voyage, soit à la fin. Parfois la menstruation provoque un accès, de même que le changement de temps. Quand la douleur arrive pendant le jour, elle apparaît brusquement, commence derrière l'oreille gauche, s’irradie jusqu'au sommet de la tête, descend sur le front et les tempes. De caractère sourd, elle s’accompagne d une chaleur parfois brûlante de la tête. La tempe et le voisinage du front deviennent rouges et sont sillonnés de petites veines.

Le cuir chevelu est extrêmement sensible au toucher ; a malade n’ose se peigner, souvent l’accès s'accompagne de bâillements, de renvois, beaucoup plus rare-

ment de nausées ou de vomissements. Lorsqu'il y en a, ils durent parfois plusieurs heures et ne soulagent nullement la malade ; la chaleur ou le froid produisent tantôt des atténuations tantôt des exacerbations. D’une façon générale, la malade préfère garder le repos. Elle fait tout son possible pour ne pas dormir pendant les crises, parce qu’elles sont beaucoup plus fortes et presque intolérables au réveil; l’ingestion des aliments, au lieu de la calmer, est suivie de nausées et de vomissements. La malade a pris delà quinine, elle s’est purgée, a fait de l’hydrotérapie ; toutes ces médications n’ont' produit qu’un soulagement temporaire.

Tuméfaction très sensible de la partie supérieure du trapèze ; autre induration étendue et très résistante dans le sccilêne du côté gauche . Rien à droite, sauf un peu d'empâtement correspondant au milieu du trapèze.

Le traitement commencé au milieu du mois de septembre amène une notable amélioration. Les accès sont moins nombreux et se terminent plus vite; la malade est revenue me trouver au mois d’avril 1884, ne va plus aussi bien depuis quelque temps. Nouveau traitement de trois semaines, suivi d’une amélioration encore plus marquée que la première fois ; cette amélioration persiste encore aujourd’hui (janvier 1885)

Céphalalgie fronto-pariétale paroxystique. Induration au niveau de l'attache crânienne gauche du trapèze. Sensibilité sur la bosse pariétale gauche. — Massage. Guérison.

M. A. 34 ans, souffre depuis 6 à 7 ans de migraines ; elles sont violentes et ordinaires surtout au printemps .

à ce moment, il ne peut pas, dit-il, tourner la té L’accès débute à n’importe quelle heure de la journ< mais disparaît toujours le soir. Au printemps den il a eu pendant une quinzaine de jours des crises à p près quotidiennes. La tête devient chaude, la fig rouge, les douleurs sont profondes, le malade ci qu elles siègent dans le cerveau, elles s’accompagn d’une sensation de ballottement très désagréable. Ce douleur, sourde d’abord, s’aggrave et devient aiguë moindre mouvement, de telle sorte que le malade ti« ordinairement la tête raide et immobile. Les efforts toux provoquent des douleurs intolérables ; les troul gastriques, l’exposition au vent et surtout au froid ont même résultat ; pourtant lorsqu’il fait beau, le mah est beaucoup mieux à l’air libre qu’enfermé.

Cette douleur a son siège au sommet de la tète ( deux côtés, ainsi, que dans le front et la paupière. î s’accompagne de difficultés pour ouvrir l'œil, probab ment de troubles du corps vitré; le malade voit < objets même dans le champ visuel. De temps en tem nausées.

Partie tuméfiée et indolorée à gauche derrière l’ap physe mastoïde à droite, au niveau de l’attache du t pèze au crâne. Hydrotérapie sans résultat, le s< procédé qui la soulage est l’inhalation de petites do de chloroforme ; sur la bosse pariétale gauche, pel surface sensible à la pression.

Massage commencé vers le 15 mars 1883. Guérh après six semaines de traitement ; au bout de dt mois, la guérison s’était maintenue.

Obrervation 21.

Céphalalgie fronto-parietale paroxystique. Indurations sousmastoïdiennes et dans le corps du trapèze. — Massage. Amélioration prononcée.

Mme E. 30 ans, personne amaigrie et très nerveuse. Céphalalgie depuis l'âge de 16 ans , époque de l’apparition de la menstruation. Depuis six mois, diminution spontanée des douleurs. Il y a ordinairement deux accès par semaine, à moins que d’autres ne soient provoqués pour des causes accidentelles. L’époque des règles est marquée par des accès plus fréquents que toute autre.

Dans ces cas, chacun d'eux peut durer jusqu’à trois jours. Le siège de la douleur est le sommet de la tête, le front et les tempes ; dans les accès menstruels elle siège exclusivement sur le front et les paupières ; dans ce cas, elle est aiguë et lancinante ; du reste, plus sourde qu’à un autre moment. L’accès porte tantôt sur un côté, tantôt sur l’autre ; il débute à n’importe quelle heure de la journée et cesse lorsque la malade s’endort ; la durée est un peu plus longue au moment des règles. Souvent la malade est réveillée au milieu de la nuit par la douleur, la tête devient chaude ou brûlante, mais la face reste pâle. Les contrariétés, la faim, provoquent des paroxysmes, que l'ingestion d’aliments ne calme pas. Elle souffre si elle boit un verre d’un vin un peu capiteux. Le grand air , le séjour à la campagne ne font qu’aggraver les crises. Les compresses dleau froide appliquées sur la tète la soulagent. Absorbé, sans amélioration notable, de grandes quantités de fer et de bromure de potassium. On trouve derrière l’apophyse mas loïde gauche un point tu-

méfié et sensible ; puis un autre dans le muscle temporal gauche, un troisième un peu moins marqué dans le droit.

Au milieu de la nuque et correspondant au trapèze du côté droit, deux points durs et tuméfiés ; un autre au niveau de l’épaule du môme côté. Le traitement irrégulièrement suivi et interrompu plusieurs lois pendant quelques jours, a conduit aune amélioration marquée après 52 séances. Au mois de janvier 1885,. elle n’avait eu depuis la fin du traitement que 4 accès.

Observation 22.

Céphalalgie fronto-pariétale. Migraine invétérée débutant par des douleurs orbitaires, et s'irradiant d'avant en arrière jusqu'à l'occiput. Tuméfaction dure au niveau de l'attache supérieure du trapèze et dans sa portion inférieure. — Massage. Guérison.

Mme C. 36 ans, sujette aux migraines depuis l'enfance. Ces migraines sont devenues plus fréquentes et plus graves depuis l’époque de l’apparition des règles : c’est surtout entre 20 et 30 ans que cette aggravation a été marquée. Elle vient souvent deux fois par mois et dure 4 à 5 jours. Depuis le printemps de 1883, cette malade habite la campagne ; or, la migraine est revenue depuis ce moment avec plus d’intensité qu’auparavant Lorsque je la vis pour la première fois, son mal avait été depuis une quinzaine de jours presque continuel; c’est à peine si elle avait eu quelques courtes pauses de répit. En se levant, la malade éprouve les premières atteintes de l’attaque ; le mal augmente graduellement et atteint son acmé vers une heure ; il conserve la même

intensité 2 heures environ ; à ce moment les nausées qui durent pendant la dernière partie de la crise, sont suivies de vomissements, puis le mal se calme. En général il est encore assez fort le soir pour empêcher cette personne de dormir. Pendant les 15 derniers jours, la douleur a repris le lendemain matin et suivi la même marche que la veille. C’est surtout à gauche que la malade souffre; peu à peu la douleur passe du côté droit; elle débute par la région orbitaire, puis envahit le front, la tempe, le sommet de la tête et la région occipitale et descend jusque vers la nuque où elle s'arrête. A ce moment, la malade est pâle, ses yeux sont rouges et larmoyants ; photophobie ; le bruit des conversations, la fatigue lui est presque insupportable. En général reste assise sans mouvement ; les douleurs sont également exagérées par la chaleur et le froid. Anorexie. L'ingestion même d’une petite quantité d’aliments est rapidement suivie de vomissements. La crise se termine par de la pesanteur de tête et des bourdonnements d’oreille analogues à ceux que produisent des doses élevées de sulfate de quinine. Le cuir chevelu est sensible au toucher, les yeux sont cernés et gardent pendant deux jours un aspect d’abattement frappant. La malade exposée plus au froid pendant l’automne que pendant toute autre saison, en souffre plus souvent et plus fortement dans cette saison qu’à une autre époque de l’année. Troubles gastro-intestinaux, tantôt sous forme de diarrhée, tantôt sous forme de constipation. Le voyage en chemin de fer, le séjour dans un milieu renfermant beaucoup de monde produisent également des crises. L’action des émotions morales, des chagrins, est encore plus manifeste. Souffre ordinairement

un ou deux jours avant l’apparition des règles, l’accès se continue un ou deux jours après. A essayé sans résultat différents médicaments, particulièrement la quinine. Hydrotérapie, gymnastique, séjour dans plusieurs stations thermales, sans plus d’avantage. Elle ne trouvait un peu de soulagement qu’à l’aide de doses élevées de bromure de potassium.

A gauche , tuméfaction très accusée et très résistante du muscle sterno-mastoïdien, au niveau de son attache supérieure ; cette tuméfaction présente à peu près le volume de la pulpe de l’index. En exerçant une pression sur elle, on provoque une douleur violente dans l’œil correspondant, comme si on le transperçait avec une flèche, dit la malade. Tuméfaction plus étendue, mais moins dure dans la portion cervicale du trapèze (au milieu). A l’épaule on trouve une autre partie dure, douloureuse quand on presse légèrement entre les doigts la portion inférieure du même muscle. A droite, sensibilité à la pression derrière l’apophyse mastoïde se continuant en partie le long de l’attache du splénius.

Massage. Amélioration sensible dès la première séance. Accès le matin du 5e jour qui suit le début du traitement. Au moment où cette malade vient à ma consultation, cet accès est précisément à son maximum. Séance du massage comme d’habitude. A la fin de la séance, amélioration sensible ; la douleur a perdu son caractère d’acuité etla malade ne se plaint plus que d’une sensation d’engourdissement généralisée. Celle-ci disparut même complètement au bout d’une demi-heure. La malade a passé une bonne nuit. Pendant les 7 semaines du traitement, deux accès très légers dont le massage eut raison comme la première fois. Toutes les

causes qui jusque là avaient provoqué les paroxysmes sont maintenant sans influence.

Observation 23.

Céphalalgie fronto-pariétale du côté gauche. Induration douloureuse au niveau des attaches supérieures du splénius et du trapèze. — Massage. Guérison.

Mme E..., 32 ans, de constitution chétive. Elle a depuis longtemps des maux de tête ; mais les accès, d'ailleurs assez rares, étaient légers et ne l’empêchaient point de travailler. Il y a deux ans à la suite d'un chagrin violent que lui causa la perte d’un enfant, ces accès changèrent de caractère et prirent celui qu’ils ont actuellement. Depuis quinze jours, n’est presque jamais exempte de douleur. Chaque accès arrive à la suite de troubles gastro-intestinaux, particulièrement de constipation Souvent, une demi-heure environ après le repas, la tête devient rouge, chaude, pesante et la douleur commence. Elle siège sur le vertex, s’irradie vers le front et les yeux, présente dès le début son maximum d’intensité et reste pendant toute la durée de l’accès plus vive à gauche .

Elle est sourde, profonde ; la malade dit que quelque chose lui bout dans la tête. Sensibilité assez vive du cuir chevelu pour qu’il soit impossible à la malade de se peigner. Depuis un an les cheveux sont tombés. Nausées sans vomissements. Obtient un certain soulagement en comprimant énergiquemant la tête entre les deux mains; se sent un peu mieux pendant le repos absolu.

Est soulagée également quand on ouvre la fenêtre. Quand l’accès arrive le soir, la malade ne peut s’endor-

mir ; il dure en général de deux à trois heures et disparaît graduellement. Ne s’endort que vers le malin épuisée par la fatigue, lorsqu’elle s’éveille, le mal est aussi violent qu’au moment où elle s’est endormie.

Les paroxysmes sont surtout pénibles à l’époque des règles (la malade est atteinte depuis cinq à. six ans d’une affection utérine dont elle souffre beaucoup). Elle supporte mal le froid, surtout le froid humide, l’orage, les variations thermiques, la fatigue et l'insomnie.

Inappétence presque absolue pendant l’accès. Eau sédative, bains de pieds sinapisés qui la soulagent pendant huit à dix minutes. Les purgatifs sontpresque tous sans effet. L’attache du splénius au crâne du côté gauche est tuméfiée et douloureuse. On trouve une autre tuméfaction correspondant à la partie moyenne du trapèze à la nuque ; cette tuméfaction est pourtant moins résistante et moins sensible au toucher que la première. En exerçant une pression en arrière de l’apophyse mastoïde, au niveau d’un des points douloureux indiqués plus haut, on provoque une douleur étendue, moins violente toutefois au point comprimé qu’au sommet de la tète et dans la région sus-orbitaire. Au début, la sensation éprouvée par la malade est une sensation de tension ; elle déclare qu’elle ressent quelque chose comme si une ficelle était étendue dans la région et violemment tirée. La pression sur les autres parties indiquées de la nuque, provoque des douleurs qui s'irradient vers le sommet du crâne, et parfois du côté de l’œil. Massage. Après la première séance, la malade accuse déjà du soulagement, elle éprouve dans toute la tête une sensation d’engourdissement peu pénible ; au bout de douze jours les douleurs ont disparu et la malade peut dormir sans diffi-

culte. Toutefois, elle souffre toujours le matin ; ce n’est qu’une huitaine de jours plus tard que la douleur commence à s’atténuer d'une manière sensible à ce moment. La première fois que les règles apparaissent depuis le traitement elles ne sont accompagnées d’aucune douleur du côté de la tête. Guérison complète au bout de six semaines. La guérison s’est maintenue.

Observation 24.

Céphalalgie occipittile avec induration pariéto-frontale . Indurations inflammatoires de plusieurs muscles de la nuque. Massage. Amélioration.

M. D..., 35 ans. Migraines depuis seize ans. Au début et jusque vers 1884, accès survenant régulièrement tous les huit jours. La crise durait en général quatorze heures, cessait le soir au moment où il se couchait ; elle cessait également quand il pouvait dormir deux ou trois heures dans la journée. Les émotions, le changement d’air, le travail cérébral, l’embarras gastrique, l'approche de l’orage, suffisaient pour provoquer un accès. Depuis deux ans, le mal de tète est stationnaire. Les deux côtés sont atteints au même degré, la douleur commence quelquefois \ers la nuque, monte vers les sommet de la tête et de là s’irradie vers le front et les paupières supérieures. Il y a en même temps des battements des tempes; la face devient pâle et froide. Au moment des accès, le bruit d'une conversation, détermine de sérieuses exacerbations. Parfois l'action du froid le soulage.

Je vois pour la première fois ce malade au commencement de décembre 1882. Il a fait une saison à Vichy

et s’cn csL bien trouvé, mais la durée de l’amélioration a été courte . Deux points sensibles à la pression situés en arrière et au-dessous des apophyses mastoïdes séparées par un intervalle sain et peu étendu. A droite petite zone extrêmement douloureuse à la pression. Induration du volume d’impetit pois, légèrement élevée au-dessus de la surface cutanée ; elle ressemble à un ganglion induré et immobile, siège dans le scalène médian. A gauche, un peu de tuméfaction en arrière de l'apophyse mastoîde. Douleur très vive à la pression. Gesse le traitement par le massage au bout de six semaines ; à ce moment la tuméfaction principale a diminué de volume et est devenue moins dure qu’au début. Les accès sont rares et insignifiants ; le malade est très satisfait de l’amélioration obtenue. Je l’ai revu au mois d’octobre 1883, l’amélioration continuait.

Observation 25.

Céphalalgie temporo- frontale. Violentes douleurs intra-oculaires au moment dés accès. Points douloureux sous P apophyse mastoîde. Foyer d'induration dans la partie inféx rieure du trapèze. — Massage. Amélioration.

Mme R. -S., 29 ans, souffre depuis sept à huit ans de migraines très pénibles. Croit qu'il y a dans cette affection quelque chose d’héréditaire, car sa mère en a été atteinte à peu près au même âge . Depuis deux ou trois ans, cette névrose s’est notablement aggravée. Accès irréguliers. Dans ces dernièrs temps, cinq à six par mois ; survenant le plus souvent sans cause appréciable. Le séjour dans une pièce contenant beaucoup de monde les provoque infailliblement ; surtout à l’époque des règles.

La douleur siège dans le front, la tempe et l’œil droit ; souvent la douleur survient pendant la nuit, elle est assez forte pour réveiller lamalade. C’est sourtout dans l’œil que la douleur est vive ; elle est lancinante, persistante, il semble à la malade que l'œil est violemment repoussé de l'orbite, le sommeil fait disparaître ordinairementl’accès. Dans quelque cas pourtant elle se réveille avec la migraine qui dure alors une grande partie de la journée. La moindre pression sur les points intéressés est extrêmement pénible ; l’œil devient rouge et pleure, il y a en. outre des battements dans le côté malade. Lorsque l’accès touche à sa fin, il y a des tiraillements douloureux ; après la crise la malade éprouve un vif besoin de sommeil. Bromure de potassium à hautes doses ; fer, eaux minérales, le tout sans amélioration appréciable.

Traitement par le massage commencé au milieu du mois de février 1885. En exerçant une pression forte sur un endroit très teinté et gros comme la pulpe d’un doigt en arrière de l’apophyse mastoïde droite, la malade pousse un cri de douleur et a conscience de l’approche d’un accès. Dans la partie inférieure du trapèze , on trouve une partie dure, résistante à la pression de forme allongée et traversant obliquement le muscle ; en la saisissant avec les doigts on provoque une douleur qui s’irradie dans tout le bras correspondant. Massage continu pendant deux mois, l’induration persiste en partie; malgré tout, la malade est très satisfaite du résultat obtenu. Les accès ont disparu, et la douleur qu’elle éprouve dans la tête est beaucoup moins fréquente.

Observation 26.

Céphalalgie temporo- frontale. Tuméfaction au niveau des attaches crâniennes du splénius. — Massage. Guérison.

Mme S., 28 ans, souffre de migraine depuis l'enfance ; quelques années plus tard, les migraines lurent un peu moins fortes : au lieu des accès ordinaires, elle eut des douleurs irrégulièrement réparties dans toute la tête. Cet état s’est sensiblement aggravé à la suite d'un séjourde 4 ans dans le midi; elle souffre surtout, dit-elle, quand le mistral souffle. La douleur a, depuis cette épqque, changé de caractère et s'est limitée au côté gauche; cctle douleur a son siège dans la tempe, la région sus-orbitaire, la paupière supérieure et même dans l'intérieur de l'œil. Elle passe d’un endroit à l'autre et est surtout intense lorsqu’elle siège dans celte dernière région. Les douleurs débutent èi n'importe quelle heure de la journée. Elles sont ordinairement sourdes, mais plus intenses à l’époque des règles, avant et surtout après, ne durent pas plus d'un jour. Au moment de l’accès, la malade devient pâle ; sa tête est très sensible, elle n’ose pas la remuer. Se couche et maintient autant que possible la tète couverte; le bruit d'une conversation la fatigue et l'agace ; une lecture un peu longue suffit pour provoquer les douleurs ; le grand air, l'examen d'une étoffe ou d'un tableau à teintes un peu vives ont le même résultat. L'ingestion des aliments la soulage ; s'il arrive au contraire que l'accès se présente à la suite des repas, il a un redoublement d’intensité ; il passe beaucoup plus vite que dans les circonstances ordinaires. Les purgatifs produisent un soulagement temporaire. A gauche, au-

dessous de l’apophyse mastoïde et au niveau de l’attache crânienne du splénius, on trouve un point tuméfié, dur et douloureux à la pression ; autre foyer d’induration du même côté correspondant à la portion cervicale du trapèze. Traitement par le massage commencé au mois de janvier 1883. Amélioration sensible au bout de quinze jours; guérison après six semaines. J’ai revu cette malade deux mois plus tard, la guérison persistait.

Observation 27.

Céphalalgie temporo- frontale . Induration légère du trapèze ( portion cervicale). — Massage. Guérison.

Mme T., caissière, exposée souvent aux courants d’air pendant son travail. En 1879, arthrite chronique des deux genoux; guérison après six semaines de traitement par le massage. Elle souffre, dit-elle, de migraines fréquentes depuis l’âge de 18 ans. La douleur qui commence au niveau de la tempe gauche s’étend de là dans toute la région frontale. L’approche des accès est annoncée par une tendance marquée au sommeil. L’accès est extrêmement pénible ; elle a, dit-elle, la sensation d’une lance tranchante qu’on enfoncerait dans les os du crâne. Tuméfaction palpébrale, rougeur des conjonctives, larmoiement et photophobie, elle aurait même quelquefois, la nuit, des accès qui pourtant ne la réveillent pas. En général, ceux-ci atteignent leur maximum d'intensité vers 10 à 11 heures dn matin, puis diminuent et cessent vers 5 heures du soir. Souvent un intervalle de plusieurs semaines s'écoule entre deux paroxysmes. Elle n’a pas remarqué que l’état de l’atmosphère ou la saison exerçassent aucune influence sur son

mal. Seulement, les accès sont d’autant plus violents qu’ils sont plus éloignés. Il y a toujours un peu de pesanteur de tête .pendant les intervalles. Menstruation régulière et sans influence appréciable sur l’apparition des paroxysmes ou leur intensité ; elle croit cependant qu’ils sont un peu moins pénibles lorsqu’ils arrivent peu de temps après une menstruation abondante. Cette personne a pris plusieurs fois, sans avantage, des doses élevées de quinine. Rien d’anormal sur la voûte crânienne. A la nuque, petite induration sur le bord externe du trapèze. En exerçant une pression un peu forte, on détermine une sensation générale analogue à celle qui précède ordinairement les attaques.

Le traitement par le massage est commencé le 6 novembre 1881 . Au bout de quelques jours, menstruation et accès. On interrompt la médication ; six semaines après qu’elle a été reprise, l’induration musculaire a disparu ; la malade, qui n’a. plus eu de paroxysmes, n’éprouve plus sa pesanteur habituelle de tête.

Céphalalgie occipitale. Tuméfaction légère du trapèze. Sensibilité à la pression des ganglions du sympathique.

Mme L., 43 ans, souffre depuis l'enfance de migraines presque journalières. Elle a été tranquille seulement pendant un ou deux ans, vers l’âge de 18 à 20 ans. A ce moment, les bains de pieds chauds et l’infusion de camomille suffisaient pour faire cesser une attaque. La céphalalgie est sourde, contusive, mobile, siégé sur la région occipitale vers la ligne médiane, en même temps sur les moitiés droite et gauche de la tète, autour de

l’orbite ; elle est plus prononcée pendant l'automne et surtout lorsque le vent souffle. La douleur est augmentée par les veilles (la malade est couturière de son état), par le bruit, mais elle est diminuée par les laxatifs. Cette douleur est souvent assez vive pour obliger la malade à interrompre son travail et à se mettre au lit pendant quelques heures. Quand la douleur est très vive, elle éprouve en môme temps une sensation de chaleur dans la tête.

Au moment où l’auteur l’examine pour la première fois, le 26 février, il ne trouve rien d’anormal sur la voûte crânienne. Les ganglions sympathiques cervicaux sont sensibles des deux côtés ; tuméfaction résistante et très étendue des deux trapèzes, en deux endroits presque symétriques, près d’insertions supérieures. Le massage portant sur ces parties provoque des douleurs pariétales .

La malade est traitée par le massage; 38 séances.

La douleur diminue sensiblement, elle a maintenant plusieurs jours de suite des intervalles de repos absolu. Cependant les muscles ne sont pas encore complètement revenus à l’état normal et il sera nécessaire de continuer encore le traitement.

Observation 29. (Vretlind)

Céphalalgie occipitale. Bourdonnements dans la tâte. Poussées congestives fréquentes . Déviation de la tête du côte gauche . Induration du bord gauche du trapèze. Premier traitement par le massage pendant six mois , insuccès. Nouveau traitement. — Massage.

M. É. A., caissier, 47 ans , souffre depuis 20 ans de

migraines qui, d’année en année, deviennent plus violentes. Au début, sa douleur avait plutôt le caractère d’une pression sur la région occipitale accompagnée d’une sensation désagréable dans la nuque que d’autre chose. Les efforts intellectuels fatiguent le malade et produisent chez lui des espèces de bourdonnements dans la tête, bien qu’il n’y ait jamais de vertiges. Il éprouve si souvent le besoin de mettre sa main sur la nuque, que ce mouvement est devenu pour ainsi dire instinctif chez lui. Au moindre effort, à la moindre contention d'esprit, le sang se porte a la tête. A part ces accidents, sa santé générale est satisfaisante, mais il est très hypocondriaque.

A été traité par différents médecins pour une congestion cérébrale ; par d’autres, pour de l’anémie cérébrale. En 1866, bains de mer, et 1867 et 68, gymnastique, sans autre résultat qu’une amélioration passagère. Au contraire, les accidents deviennent plus pénibles et plus fréquents, de telle sorte qu'en -1875, le malade fit une saison aux eaux de Sodertelje. En 1877, la tète commença à présenter une certaine tendance à la rotation du côté gauche.

Le malade se présente au docteur Vretlind, au mois de septembre de la même année. A l’examen du cou on trouve une tuméfaction dure, de l’épaisseur de deux doigts, sur le bord supérieur du trapèze du côté gauche , à peu près à égale distance de ses insertions supérieure et inférieure, La portion correspondant à la nuque était légèrement tuméfiée et indurée. L’auteur exprima l'opinion que les accidents présentés par le malade pouvaient avoir ces indurations pour point de départ. Vendant six mois, traitement par le massage , six séances par

semaine. Amélioration, mais non guérison complète. En ■1877, exacerbation nouvelle. Les sensations pénibles augmen tent. La tête est presque toujours déviée à gauche , et, malgré ses efforts et sa volonté, elle ne peut le plus souvent être ramenée dans sa situation normale sans que le malade l’y replace à l’aide de ses deux mains. Diverses médications : liniments, emplâtres de belladone, électricité, sans amélioration. Le cas est considéré comme définitivement incurable.

Revient chez le docteur Vretlind au mois de décembre 1877. Les altérations musculaires en question sont encore plus développées que d’habitude ; malgré la déviation de la tête, on ne trouve de paralysie dans aucun muscle ; lorsqu’on la met dans la rectitude et qu’on l’y maintient, il peut exécuter tous les mouvements sans la moindre difficulté ; ces mouvements présentent même une certaine énergie. L’auteur suppose dans ces conditions que la position susdite est prise parce que les sensations désagréables sont moins énergiques. Le malade dit en outre qu’il éprouve quelque chose comme s’il y avait un cordon dur et tendu sur le bord du trapèze gauche. Je lui conseille dans ces conditions de reprendre le traitement par le massage. Ce traitement fut combiné avec les mouvements passifs imprimés à la tête, et cont:nué pendant cinq mois, 116 séances. L’amélioration fut très lente. Au moment de l’été, lorsque le traitement fut interrompu, il n’était pas encore tout à fait rétabli ; heureusement que l’amélioration persista sans autre médication, après la fin du traitement, de telle sorte que lé malade se trouva complètement débarrassé des sensations désagréables et inquiétantes qu’il éprouvait; il n y avait plus rien non plus sur le bord du trapèze.

— no —

Céphalalgie occipito- frontale avec paroxysme douloureux', induration au niveau de la nuque. — Massage. Guérison.

M. V., 43 ans . Cet homme qui est robuste et trèi vigoureux , a souvent des poussées congestives vers la tête. Lorsqu il veille un peu tard, est pris d’enchifrènement et d élancements vers la partie inférieure de la nuque du côté droit. Ces douleurs remontent jusqu’à la protubérance occipitale. Dans ces derniers temps, elles sd sont accompagnées d autres douleurs également viveg dans la région frontale, tandis que tout l’espace intermédiaire est indolent. Au moment des paroxysmes, il y a de la rougeur conjonctivale, du larmoiement et de la photophobie. Le mal augmente à la suite de l’ingestion des aliments, le malade ne tarde même pas à vomir. Pendant la nuit, les accidents diminuent, et, le lendemain, le malade n’accuse plus qu’un peu d'endolorissement de la tête. Il a remarqué qu’il éprouve un soulagement par les frictions sur la nuque. Le traitement méthodique par le massage fut commencé au milieu du mois de février 1885. Au bout d’un mois, guérison complète.

Observation 31.

Céphalalgie occipito- frontale. Myosite chronique, limitée du trapèze et des muscles de la nuque— Massage. Guérison.

Mlle 0..., 28 ans, soignée à Londres en 1879 pour un rhumatisme articulaire aigu . Depuis lors, un peu d’affaiblissement général et migraines fréqùentes. Aussitôt

près sa sortie de l’hôpital, céphalalgie légère d'abord t qui atteignit son acmé au bout de trois semaines nviron. La douleur était continue, violente, persistait ; i nuit et ne laissait pour ainsi dire aucun repos à la aalade ; elle se plaignait en outre de bruits continuels ans la tète, de bourdonnements d'oreilles. Au début, la ouleur siégeait exclusivement a gauche ; un peu plus ard, elle s’irradiait du côté droit. La douleur est alors onstrictive. Lors de sa première visite, cette personne 5„é plaignait d’avoir la tète enserrée, disait-elle, dans un ;tau; elle éprouvai!? de la difficulté pour les mouve- ; nents de rotation de la tête; les yeux étaient constam— it lient rouges et larmoyants. Les accès qui débutaient ou jours vers la nuque s’irradiaient ensuite du côté du ront et à toute la moitié gauche du crâne, parfois l’accès est accompagné de nausées et de vomissements. Dans es intervalles, il existe une céphalée sourde continue, [également pénible. Les paroxysmes durent de 10 à !15 minutes, ils arrivent on ne sait trop sous quelle influence, à toute heure du jour ou de la nuit. Lors de sa première visite, lo novembre 18*9, cette malade est [ pâle, faible, presque cachectique ; elle mange peu et Digère mal.

En examinant soigneusement le cuir chevelu et la ace, on ne découvre rien qui puisse expliquer les accidents douloureux; mais au-dessous et en arrière des uphophyses mastoïdes, on arrive sur un point extrême- : ment sensible à la pression ; il suffit de le comprimer Légèrement avec l’extrémité du doigt pour provoquer iun accès.

11 y a en outre au niveau des attaches crâniennes du -splénius et du trapèze un peu de tuméfaction et de

sensibilité. Bord supérieur de ce dernier muscle présente également une tuméfaction facile à constater.

Massage. — Au bout de 4 à 5 jours, amélioration, les mouvements de la tête sont plus libres et moins douloureux; à la fin de la semaine, la douleur a complètement disparu du côté droit. Paroxysmes moins fréquents et moins intenses. L’appétit est meilleur; la malade dort mieux la nuit. Guérison complète après 28 séances. Des renseignements qui m’ont été fournis par son frère récemment, il résulte que la guérison s'est maintenue.

Observation 32.

Céphalalgie occipito-pariétale . Foyers d’ induration dans le splénius et le trapèze. — Massage. Guérison.

M. E..., 48 ans, de New-York, entre en traitement le 2 octobre 1^73. Il y a 6 ans, ce malade se trouva, pendant un voyage, exposé à la pluie et au vent, dans une voiture découverte, étant très légèrement habillé. C’est à cette circonstance qu il fait remonter 1 origine des migraines qui l’ont toujours tourmenté depuis. Il éprouve constamment une sensation de chaleur et de pression dans la région occipitale comme si un lien brûlant était appliqué à ce niveau. Les accès douloureux surviennent une ou deux fois par jour, avec des variations d’intensité ; ils sont parfois si intenses que le malade reste au lit sans pouvoir même soulever la tête. La douleur part de la nuque où elle est très intense et s'étend jusqu'à la région pariétale. Quelquefois, mais rarement, le paroxysme se limite à un des côtés de la tête; le plus souvent les deux sont atteints au même degré. Les parties où la douleur a son maximum correspondent au

nerf occipital. On considère comme la cause, des foyers d’induration qu'on trouve dans la portion cervicale des muscles trapèze et splénius. Le massage de ces muscles a pour résultat de diminuer la sensation de pression à la nuque; les accès douloureux deviennent sensiblement moindres et il n'y en avait plus au bout de cinq ou six semaines. Bien que l’état des muscles laissât à désirer, le malade ne voulut pas entendre parler de continuer plus longtemps un traitement dont l’application n’était pas sans douleur, d’autant mieux qu’il était satisfait du résultat obtenu. Je l’ai souvent rencontré ; et il affirme qu’il ne s’est plus senti de sa névralgie.

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