CONSIDÉRATIONS THÉORIQUES
L’imperméabilité méningée, qui semble au premier abord expliquer la résistance de la paralysie générale aux agents thérapeutiques introduits par la voie circu-. latoire, est une vue de l'esprit. Expérimentalement, on a pu déterminer le passage dans le liquide céphalorachidien d’une série de médicaments introduits par la voie sanguine; pour le salvarsan en particulier, MM. Sicard et Bloch (1) ont pu évaluer ce qui revient au liquide céphalo-rachidien à la suite d’une injection de 90 centigrammes de néosalvarsan. Ils arrivent à un chiffre moyen de 2 milligrammes. On voit qu’en définitive.ce chiffre n'est pas très éloigné des doses aujourd'hui communément employées au cours des injections intrarachidiennes de néosalvarsan; d’ailleurs, comme le
fait remarquer Myerson (2), le fait qu'un médicament
(4) Sicard et Bloch. C. R. Soc. biologie, 24 décembre 1910. (2) Myerson, loc. cit.
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mi Ne DA AE “ei introduit par.:la voie générale nese retrouve pas dans le liquide céphalo-rachidien n'implique pas par cela même: qu'il soit sans action. sur-les centres nerveux. L’opium, le :bromure, le chloral, la strychnine et tant d’autres médicaments n’ont pas besoin d’être injectés par là voie rachidienne pour présenter une action’élective sur le système nerveux. | : D'ailleurs, au point de vue de l'imperméabilité méningée, un fait a été mis en évidence; celle-ci n'est pas toujours comparable à elle-même; on peut la faire varier dans certaines conditions; pour l’iodure de potassium en particulier, Sicard (1) a montré le rôle que pouvait jouer une réaction méningée à la faveur de laquelle la pérméabilité se trouvait accrue.
C'est à cette méningite de remplacement que, pour cet auteur, la médication intrarachidienne devrait ses résultats encourageants. « Il ne suffit pas, dit-il, d'introduire deux ou trois milligrammes dans le liquide céphalorachidien ; il faut encore la faveur des réactions méningées et la perturbation de la perméabilité ainsi réalisée pour suivre méthodiquement le traitement au mercure ou au salvarsan par la voie intraveineuse ou intramusculaire ». | intimité des rapports entre les tissus nerveux et le liquide céphalo-rachidien. a donné lieu à un certain nombre de discussions et certains auteurs, en Amérique, dénient toute: action: aux injections. intrarachidiennes pour la: räison. suivante, que la circulation céphalo-
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(1) Sicard. Le liquide céphalo-rachidien (Journal méd. français, 1913).
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rachidienne si elle existait ee par essence même centrifuge, ‘quelle: que soit d’ailleurs l’origine: que l'on admette au liquide céphalo-rachidien: Certainshauteurs le considèrent en effet: comme sécrété par les: plexus choroïdes, d’autres comme provenant du sang'mais dialysé à travers la substance cérébrale; d'autres enfin: comme provenant de la pie-mère. Il suffirait d’attiver. l'attention sur la rachianesthésie pour montrer combien peu importent toutes ces discussions napres d'un seul fait d'observation. Mt CO NOHRÈTE Un autre point plus important, semble-t-il, est l'action: forcément limitée d’un médicament introduit :à dose très faible dans un point défini du cul-de-sac céphalorachidien alors que les lésions sont surtout marquées, sur le cortex. À ce sujet des expériences de, Sicard sur le chien sont intéressantes à rapporter : cet auteur injectait une solution d'encre de Chine dans le canal rachidien et observait combien de temps il fallait pour qu'après l'injection celle-ci parvint en ete ee à la corticalité. Rs Hé Ce sont d'ailleurs des considérations de cet. ordre qui ont poussé un certain nombre d'auteurs à ponction:, ner directement les ventricules, soit après trépanation, soit par la voie orbitaire.
Un point théorique encore a soulevé des discussions intéressantes : c’est la question de la curabilité ou:de: l'incurabilité essentielle de la paralysie générale. : La guérison même anatomique qui paraît impossible à certains ‘auteurs serait au contraire ‘admise par
d’autres.
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Bériel (1) considérant les lésions de la paralysie générale les assimile à ce que nous disions plus haut du tabes; il distingue des lésions syphilitiques en évolution d’une part, et des lésions nerveuses banales, dégénératives qui évolueront d’elles-mêmes progressivement.
Combien cette opinion est différente de celle émise plus récemment par Sicard : « Il est nécessaire de se pénétrer de cette notion que le tréponème dans la paralysie générale, grâce peut-être à sa localisation immédiatement sous-corticale, ne détermine ni céphalée ni manifestation diplopique ; il poursuit traîtreusement au début sans réaction clinique sa marche histologique; plus tard, lorsque apparaissent les signes non douteux de la paralysie.générale, signes somatiques ou psychiques, le processus méningé anatomique a pu déjà accomplir en grande partie son œuvre de destruction dégénérative. Il est cépendant permis de supposer que si, à cette époque même avancée, on pouvait stériliser la tréponémose cérébrale, des suppléances et des accoutumances cellulo-fasciculaires ne tarderaient pas à se créer, palliant en grande partie aux conséquences des séquelles dégénératives » (2).
En définitive, 1l faut considérer que de deux choses l'une : ou bien le salvarsan n'arrive pas aux éléments nerveux infestés de tréponèmes, ou bien ces derniers adaptés depuis longtemps à l'organisme ont acquis une
(1) Bériel. Les données récentes sur la paralysie générale à la recherche d’une thérapeutique (Soc. méd.hôp. Lyon, 16 décembre. 1913).
(2) Sicard. Le trailement de la paralysie générale (Journal méd. francais, février 1914).
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résistance particulière. C'est à première des deux conceptions que ‘les auteurs avaient en vue en préconisant la voie intrarachidienne, mais of est en droit de se demander si la perturbation qu'amène une intervention rachidienne ne joue pas un rôle important en troublant peut-être les conditions auxquelles le HDERRLE, se trouvait adapté par rapport aux tissus nerveux.
Quoi qu'il en soit des discussions théoriques les faits seuls importent, l'explication viendra. Des considérations logiques ont pu conduire à instituer tel ou tel traitement, les résultats acquis COAMEAETON JE valeur de la méthode. |
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