LES DIFFERENTS TRAITEMENTS APPLIQUES JUSQU'ICI
Les notions étiologiques que nous venons de mettre en évidence sont particulièrement intéressantes pour la conduite du traitement. En effet il est certain que: si on à découvert un trouble quelconque à l'origine de la pelade on devra tout d'abord le traiter. Et l’on a les meilleurs résultats en traitant, suivant les cas :
__ une lésion à distance jouant le rôle d’épine irritative, comme une affection gingivo-dentaire
— ou le terrain lui-même
— traitement anti-syphilitique lorsqu'on s’est assuré de la présence de stigmates de syphilis héréditaire ou acquise ;
-— traitement d’une infection comme le paludisme, d’une intoxication endogène comme le diabète ou la goutte, ou d’une intoxication médicamenteuse ;
—— traitement de l'appareil digestif ou hépatique ;
— traitement endocrinien et lon sait que Darier a obtenu de bons résultats par linjection d'extrait thyroïdien. D’autres ont employé Phé-
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matoéthyroïdine, ou comme Sézary, Lévy-Franckel, Cottenot et Juster, lirradiation du corps thyroïde ;
__ traitement parfois aussi de lanémie, du surmenage nerveux. Même de simples chansements de climat ont pu donner d’heureux ré-
sultats.
Mais si, lorsqu'on connait la cause, ces traitements étiologiques n’excluent pas les traitements locaux, il est bien évident que lorsque cette cause demeure ignorée, ces derniers prennent une importance prépondérante.
CES TRAITEMENTS LOCAUX ont été employés de toute antiquité et l’on a utilisé toute la gamme des excitants mécaniques, physiques et chimiques ; on a employé le massage, le vésicatoire, les frictions alcoolisées, les lotions excitantes et, dans l’ordre physiothérapique, l’étincelage de haute fréquence, la radiothérapie, les rayons ultra-violets par simple irradiation ou après sensibilisation par une injection intraveineuse de gonacrine à 2 %. Nous reviendrons d'ailleurs sur le mode d'action de ces traitements.
Dans les alopécies post-traumatiques. Lévy-Franckel, inspiré de Leriche, partant de l’idée de « libérer les cicatrices » qui suivent parfois les traumatismes ayant engendré une pelade, pratique des injections locales de sérum novocaïné. Il cherche ainsi à apporter une modification d'ordre physiologique à l'aire peladique et obtient de beaux succès.
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Mais, à l'heure actuelle, comme les principaux troubles corstatés au niveau des plaques alopéCiques sont la vaso-constriction et l’inhibition de la cellule pigmentaire rameuse, on s'adresse aux médicaments vaso-dilatateurs tels que les protéines (le lait en particulier), lacétylcholine, la méthylacéthylcholine, lyohimbine, l’histamine et aux médicaments susceptibles de lever cette inhibition pigmentaire : folliculine, benzo-gynoestryl. En somme, on s'adresse aux modificateurs du tonus sympathique ou parasympathique : sympathycolytiques (yohimbine) et parasympathicomimétiques (acétylcholine et méthylacétylcholine). Ces médicaments sont en général injectés par voie intradermique au niveau des plaques.
Le premier qui utilisa cette voie dans le traitement de la pelade fut Djoritch qui pratiqua des injections de protéines en 1930. Puis Reiss, en 1933, utilisa l’injection de lait : tous les deux provoquent une vasodilatation intense avec des phénomènes inflammatoires. |
M. le Professeur Gougerot et Albeaux-Fernet ont essayé plusieurs médicaments vaso-dilatateurs et ils ont trouvé que, parmi ces derniers, trois sont doués d’une valeur thérapeutique réelle, à savoir : l’histamine, l’acétylcholine et la méthylacétylcholine.
C’est avec cette dernière que ces auteurs ont obtenu les meilleurs résultats. Ils l’emploient en injectant par voie intradermique, deux fois par scmaine, 1 ou 2/10 de centimètre cube d’une solution dosée à 2 mmgr. par demi-centimètre cube. Ils ex-