‹ Traitement de la pelade par injections intra-dermiques d'histamineChapitre 10 sur 21 · RES ME · texte numérisé non relu

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givo-dentaires jouent le rôle d’une épine irritative qui déclenche la pelade sur un terrain prédispôsé, ce terrain étant caractérisé avant tout par une hérédité particulière, par des troubles du système nerveux central et périphérique, par un déséquilibre endocrinien et localement par des troubles trophiques et excrétoires. Ce terrain particulier confère au sujet une certaine « labilité pilaire » et lexcitation gingivo-dentaire est la cause déclenchante de la pe lade, cette excitation pouvant d’ailleurs venir de diverses affections : carie dentaire, éruption de la dent de sagesse, gingivite, pyorrhée, etc. La plaque initiale siégerait du côté de l’atteinte dentaire, en général dans la région mastoïdienne.

— UN TRAUMATISME : La pelade post-traumatique est due au tissu cicatriciel sous-jacent dont Leriche a montré qu’il était d’une très grande activité. Les excitations parties des cicatrices provoquent une action motrice intéressant les muscles lisses ou striés et les glandes innervées par le sympathique. Dans le cas de la pelade cette action motrice se porte sur les muscles lisses des vaisseaux déferminant un angiospasme. La pelade apparaît d'habitude très longtemps, voire des années après le traumatisme causal.

— UNE syPHiLis : La pelade syphilitique a été niée par certains auteurs étrangers (Genner) et Îes auteurs français lui ont attribué une importance variable. On incrimine plus particulièrement lPhérédosyphilis et notamment dans les cas de pelade ophiasique. Quant à la syphilis acquise, elle est beaucoup

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plus rarement en cause, mais pour Sabouraud la pelade apparue après la quarantaine, survient dans une proportion de 7 à 8 VA chez d’anciens syphilitiques insuffisamment traités.

On recherchera encore :

__ UNE INTOXICATION endogène comme le diabète, la goutte, ou médicamenteuse ;

__ DES TROUBLES VISCÉRAUX et en particulier gastrointestinaux, utéro-ovariens, qui semblent avoir une très grande importance ;

__ DES TROUBLES GÉNÉRAUX, tels que l’anémie et la chlorose.

Enfin on étudiera soigneusement l'état des GLANDES ENDOCRINES. Les pelades endocriniennes sont connues depuis longtemps : déjà Basedow, dans les premières descriptions de la maladie qui porte son nom, a considéré la pelade comme souvent associée au goitre exophtalmique. Depuis, on a maintes fois constaté l'association fréquente de ces deux affections. Et parmi les affections endocriniennes capables de déterminer une pelade, l'hyper ou l’hypothyroïdie sont le plus souvent en cause. On a vu aussi apparaître la pelade après ovariectomie ; on la voit souvent chez la femme au moment de la ménopause...

En somme, toutes les étiologies ont été incriminées, mais il est de nombreux cas où l'examen le plus minutieux ne permet d’en retrouver aucune.

Cependant, dans tous les cas, le mécanisme semble bien être toujours le même et pendant ces dernières

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années, l’attention a surtout été attirée vers les troubles du système endocrino-sympathique.

En France, ce sont surtout Levy-Franckel et Juster qui ont attiré l'attention sur ces troubles. Levy- Franckel, en 1922, présente à la Société de Dermatologie lobservation d’un malade qui, blessé en 1914 par un éclat d’obus, avait eu le bras gauche fracturé et présentait une paralysie du radial et du médian avec atrophie des muscles tributaires de ces nerfs. Ce malade était d’un caractère émotif, tachycardique et présentait une légère mydriase. En 1918, apparaît une pelade au cuir chevelu, à la barbe et aux sourcils; la plaque primaire était située du côté droit du membre. L'auteur explique cette pelade par une névrite ascendante atteignant les centres, végétatifs de la moelle et du bulbe. Il propose l’examen du système sympathique de tous les malades atteints de pelade en interrogeant les réflexes oculo-cardiaque, pilo-moteur et naso-facial. Il considère cette pelade comme un syndrome sympathique irritatif en

-se basant sur les phénomènes suivants

1) L'apparition de la pelade après le traumatisme qui déclanche une névrite ascendante atteignant les ganglions cervicaux supérieurs et moyens.

2) La coïncidence fréquente de la pelade avec des maladies où latteinte du sympathique est évidente : maladie de Basedow, zona, sclérodermie et même apparition après une émotion violente.

3° Les facteurs physio-pathologiques, déséquilibre du système neuro-végétatif mis en évidence par les différents réflexes signalés plus haut.

Cette pathogénie permet d’expliquer la pelade d’origine odonto-pathologique où le sympathique joue un rôle intermédiaire, celle d’origine syphilitique lorsque la syphilis s’est localisée au niveau des organes endocriniens ou du système sympathique comme par exemple dans la périaortite.

D'autre part, la lésion du sympathique est démontrée au niveau des plaques par des troubles excrétoires et trophiques ainsi que par des altérations du tonus de la peau (hypotonie), des troubles vaso-moteurs (vaso-constriction) ; enfin par la modification des réflexes oculo-cardiaque et naso-facial du côté malade dans la pelade hémilatérale.

Ces troubles du système organo-végétatif ont été observés également par d'autres auteurs : Genner de Copenhague a publié plusieurs observations de peladiques chez lesquels l'examen neurologique à pu mettre en évidence l’altération de ce système. Gastinel a remarqué que l'excitation du système organovégétatif du lapin entraîne une chute massive de la fourrure.

Lévy-Franckel, Juster et Guillaume ont fait des examens Capillaroscopiques chez des sujets atteints de pelade et ont constaté une très grosse diminution des capillaires au niveau des plaques; par contre ils ont constaté, d’une façon inconstante, dans les zones de repousse, l’existence de rares anses capillaires. Cette vaso-constriction due à l’hypertonie du SYMpPathique peut s'étendre à la totalité des téguments et

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est particulièrement fréquente, après le cuir chevelu, aux extrémités des doigts, ce qui expliquerail l'atteinte unguéale.

De tout cela et quelle que soit l’origine de la pelade, qu’on lui ait découvert ou non une cause, il résulte que

1° La pelade est une incapacité du bulbe à former du poil; il y a une diminution, une déficience de sa capacité vitale, ce que Jacquet appelait « La sidération pilaire ».

2° On a constaté au niveau de la plaque peladique des troubles physio-pathologiques qui paraissent être toujours les mêmes. De ces troubles, deux au moins sont bien établis et traduisent une hypersympathicotonie

— La vaso-constriction.

— Les troubles pigmentaires qui, eux aussi, sont sous la dépendance de la sympathicotonie qui exercerait, d’après Vilter, une action inhibitrice sur les cellules pigmentaires rameuses du réseau trophomélanique, cette inhibition étant normalement contrebalancée par l'influence endocrinienne antagoniste de lhypophyse.

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