‹ Traitement de la pelade par injections intra-dermiques d'histamineChapitre 14 sur 21 · PLUS. | DURS · texte numérisé non relu

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agit aussi sur l’activité glandulaire ; elle excite les sécrétions lacrymale, bronchique, salivaire, panctéatique, intestinale. Le mieux connu et le mieux étudié de ses effets glandulairés est l'augmentation de la sécrétion gastrique et surtout de l'acide chlorhydrique ; lépreuve à l’histamine préconisée par M. le Professeur Carnot est passée dans la pratique courante.

L’histamine peut modifier la formule sanguine et la teneur du sang en chlore diminue après son in- Jection. En même temps, la glycémie est augmentée, probablement par excitation parasympathique du foie. De même la réserve alcaline augmente après injection sous-cutanée d’histamine, mais cette augmentation fait défaut chez les sujets atteints d’achylie. Enfin notons que l’histamine active la sécrétion de l’adrénaline.

L'action toxique est rapidement neutralisée dans l'organisme. On ignore encore quel est le mécanisme de cette destruction et où elle se produit. On admet en général qu’elle est l'œuvre d’un ferment dont on ignore la nature et le lieu de production.

Mais de toutes ces actions, celles qui nous intéressent le plus ici sont :

SON ACTION SUR LA CIRCULATION PÉRIERERIQUE et SON ACTION CUTANÉE LOCALE.

L’injecion sous-cutanée de 1/2 ou de 1 mmgr. d’histamine détermine une vaso-dilatation qui se mani-

feste subjectivement. par une sensation de chaleur yenéralisée, surtout marquée au niveau de la tête et du cou, accompagnée de céphalée d'intensité variable. Objectivement, on constate une rougeur de la face, du cou et du thorax, régions au niveau desquelles la vaso-dilatation prédomine. Parallèlement, la tension artérielle, aussi bien la maxima que la minima, baisse sous l’influence de l’histamine. Cette baisse atteint en moyenne 3 à 4 cm. pour une dose de 1/2 mmgr.

La capillaroscopie montre une forte dilatation des capillaires. En même temps que les artérioles et capillaires sont dilatés, leurs parois deviennent perméables au sérum sanguin. Cette action vasculaire de l’histamine a une très grosse importance du point de vue thérapeutique. S

Pour que l’ACTION CUTANÉE de l’histamine se manifeste, il faut faire pénétrer cette substance dans l’épiderme. Pour cela différentes méthodes ont été employées : soit la ponction de l’épiderme à travers une goutte de solution concentrée d'histamine déposée sur la peau, soit l’ionisation ou, plus simplement, l'injection intra-dermique.

Quelle que soit la voie d'introduction, le résultat est toujours le même : c’est l’apparition de la friade réactionnelle de Lewis, constituée :

1) d’une rougeur locale à l'endroit de la piqûre ;

2) d’une réaction érythémateuse réflexe ou aréole rouge à limite irrégulière, entourée de taches aberrantes et s’agrandissant de façon excentrique :

3) d’une boule d’œdème située autour de l’orifice d'injection. :

Cette réaction, après avoir atteint son intensité maxima, dure de 30 à 40 minutes.

Roussy et Mosinger ajoutent à cette triade un quatrième signe constitué par l’anémie réflexe ap paraissant au voisinage de l’aréole rouge.

Le mécanisme de cette réaction n’est pas encore définitivement élucidé : la rougeur locale est due sans doute à la réaction directe des artérioles terminales et des capillaires, la boule d'œdème est la conséquence de l’augmentation de la perméabilité capillaire. Quant à l’érythème réflexe son mécanisme est très discuté : Roussy et Mosinger expliquent sa formation par l’existence, dans le système organovégétatif, de fibres histaminergiques comme il existe des fibres adrénalinergiques et cholinergiques.

Ce qui fait toute l’importance de cette triade réactionnelle, c’est qu’elle représente la réaction typique de la peau humaine aux excitations extérieures : ainsi :

-— les irritations mécaniques : frottement, massage, pincement ;

— les agents physiques ;

— les agents chimiques, comme les alcalis, les acides, l’iode, le nitrate d’argent, peuvent provoquer sur la peau une rougeur locale avec œdème et érythème réflexe. L’aspect extérieur fait penser que c’est l’histamine qui est la cause commune de ces

réactions et cette hypothèse est confirmée par les faits suivants :

__ les éléments de la triade apparaissent dans le même ordre en cas d'injection d’histamine ou d’irritation cutanée ;

__ lorsqu'il y:a dégénérescence des nerfs sensitifs l’aréole rouge manque dans les deux cas ;

— si on supprime la circulation, lœdème ne se produit ni en cas de piqûre à l’histamine, ni en cas d'irritation ; par contre, les deux autres éléments de la triade persistent dans les deux cas jusqu’au rétablissement de la circulation ;

— enfin, on a pu provoquer les effets généraux de l’histamine par irritation mécanique : Noël Fiessinger et Gajdos ont même pu noter l’hypersécrétion gastrique à la suite de l’application d’un cataplasme sinapisé.

Tous ces faits permettent de penser qu’en cas d’irritation cutanée, il y a, au niveau de la peau, production d’histamine ou d’un produit identique et l’on est ainsi amené à conclure que les propriétés thérapeutiques attribuées à ces différents modes d'irritation sont en réalité le fait de l’histamine ainsi produite. Il était donc naturel, comme nous l’avons déjà dit. d'employer l’histamine elle-même, de préférence à tout autre procédé ou médicament pour traiter la pelade.

Particulièrement intéressante du point de vue thérapeutique est l’action analgésique qui semble être liée à l'apparition de la triade de Lewis. Cette pro-

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priété a été découverte par Deutsch et a reçu une large application thérapeutique dans les différentes algies. L’analgésie qu’on obtient -avec l’histamine n’est. pas comparable à celle obtenue avec la cocaïne ou la novocaïne, car la sensibilité de la peau est entièrement conservée. Cet effet calmant est assez durable, persistant de 6 à 10 heures environ.

Mais un effet physiologique qui nous intéresse au plus haut point dans le traitement de la pelade, est L'AUGMENTATION DE LA CIRCULATION SANGUINE LOCALE. Cette vaso-dilatation a été découverte par Carrier en 1922 ; Schenck a observé, par des examens capillaroscopiques répétés, que les capillaires deviennent plus gros et plus nombreux sous l'action de l’histamine.

Plus récemment encore, Betteman a observé qu'à la

suite d’un bain électrique à l’histamine, la vitesse du courant sanguin augmentait dans les petits vaisseaux et qu’il y avait, de plus, néoformation de capillaires à la périphérie de l’érythème réflexe, augmentation de la transsudation intercellulaire et de la vitesse de résorption des infiltrations.

L’histamine agit donc par l’intermédiaire d’un mécanisme neuro-vasculaire complexe qui se manifeste par la triade réactionnelle de Lewis, par une analgésie notable, par l'accélération de la circulation sanguine locale et l’augmentation du métabolisme cutané. |

C’est en injections sous-cutanées et intramuscu-

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laires qu'on utilisa tout d'abord l’histamine ; on injectait en général de 1/2 à 1 mmgr.; mais ces voies ont des inconvénients à cause des phénomènes accessoires (congestion de la face, céphalée, etc...) qu'elles provoquent. De plus l'efficacité est beaucoup moins grande que par voie intradermique.

L'injection intradermique et l’ionisation ont été préconisées par Deutsch ; on utilise d'habitude la solution aqueuse de chlorhydrate d’histamine. Pour l’ionisation on emploie d'habitude une solution de 1 à 20 cgr. par litre d’eau distillée ; on met la solution au pôle positif et on fait passer un courant conüinu d’une intensité de 6 à 10 milliampères pendant 3 à 6 minutes. C’est à cette voie qu'on s'adresse lorsqu'on veut appliquer l’histamine sur une grande superficie ou faire pénétrer dans l’organisme des quantités infinitésimales. On répète ces séances d’injections ou d’ionisation deux à trois fois par semaïne.

On utilise encore l’histamine sous forme de pommade à la concentration de 0,25 à 2 %,, mais elle est peu efficace, car elle ne pénètre que d’une façon insuffisante dans l’épiderme. On a préconisé la scarification préalable, mais cette méthode n'était pas pratique.

LES APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES de l’histamine sont multiples, mais c'est surtout dans le traitement des ALGIES : névralgies, myalgies, arthrite, arthrose. que son emploi est le plus répandu.

Elle a été employée avec succès dans certains

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