INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
Est-il des cas où le traitement par la recalcification sera plus spécialement indiqué? En est-il d’autres où il sera tout à fait contre-indiqué?
a) Indications. — Nous pouvons dire que toutes les formes sont justiciables de la cure de recalcification, mais le succès est certainement plus marqué dans certaines d’entre élles. La forme ascitique de la péritonite, susceptible de guérir spontanément et qui donne les meilleurs résultats au point de vue ‘chirurgical, est celle qui bénéficie le mieux du traitement recalcifiant.
Puis vient la forme ulcéro-caséeuse, celle où un processus de sclérose tend à former des adhérences autour de zones où les tubercules péritonéaux subissent la fonte puriforme. Cette forme guérit le plus souvent quoique plus lentement, que la forme précédente.
Le traitement est encore indiqué chaque fois qu'il y a localisation extrapéritonéale particulièrement sur la plèvre et sur les poumons, et même comme utile adju-
vant du traitement chirurgical.
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b) Reste la question des contre-indications. M. Courtellemont avait déjà écrit, et M. Colin le rappelle dans sa thèse, que la méthode de recalcification était applicable à toutes les localisations de la tuberculose, à l'exception peut-être des formes spontanément sclérogènes, et il avait surtout en vue alors la symphyse tuberculeuse du péricarde. Plus tard, Mme Popperek écrivait que dans les formes fibreuses de la péritonite ltuberculeuse, il semblait inutile de proposer la recalcification. « En effet, dit-elle, celle-ci est une forme de guérison pour laquelle le traitement Ferrier ne ferait qu'accentuer les inconvénients occasionnés par les brides et les rétractions fibreuses, il n'est pas nécessaire de dépasser le but car il peut y avoir désavantage à trop recalcifier des individus. » L'opinion de M. Reymond est tout autre. « Il existe naturellement, écrit-1l dans sa thèse, une tendance à la sclérose el à la calcification spontanée des lésions, il convient donc de l'aider médicalement »et c'est là notre avis. Il est certain que s'il y avait obstruction intestinale nette par bride, le traitement recalcifiant ne serait pas indiqué : il semble s'agir ici d'un cas bien particulier. Comme nous le disait M. Courtellemont : dans tous les cas il faut aller au plus pressé, tenter de guérir le malade même en l’exposant plus tard à la laparotomie. L'opération n'a pas la gravité de celle que réclame une symphyse péricardique et elle est plus efficace.
Restent les formes aiguës : granulie à prédominance péritonéale ou même forme miliaire localisée à la
séreuse abdominale : l'évolution est fatale jusqu'ici
quelle que soit la thérapeutique employée. Cette forme ne soulève pas de contre-indication, seulement le traitement recalcifiant est inutile.
Le seul cas où le traitement ne pourrait être appliqué dans toutes ses parties, c’est celui d'intolérance à l'égard des paquets ou cachets recalcifiants. À vrai dire, elle est tout à fait rare et se manifeste par ce fait que le sujet vomit presque tous les paquets ou cachets qui lui sont donnés; il en serait probablement de même pour tout autre médicament. Il suffira alors de ne pas continuer à administrer les sels de chaux tout en observant les autres prescriptions du traitement : s’il n’est pas possible de recalcifier du moins s’opposera-t-on à la décalcification.