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CHAPITRE VII

DES DIVERS AUTRES TRAITEMENTS EMPLOYÉS DANS LA PÉRITONITE TUBER- CGULEUSE |

En passant en revue les avantages du traitement recalcifiant, nous avons constaté qu'ils étaient sérieux, et dignes d'arrêter l’attention.

Il est inoffensif, efficace, simple et présente un caractère pratique qui le met à la portée de tous.

Voyons les autres traitements proposés jusqu'ici et comparons-les à celui que nous venons d'étudier.

Le premier qui se présente à l'esprit est le traitement chirurgical. Depuis l'erreur classique de Spencer Wells opérant une péritonite tuberculeuse alors qu'il pensait avoir à extirper un kyste de l'ovaire, ou plutôt depuis Kænig (1884) jusqu'au début du xx° siècle, médecins et chirurgiens sont presque tous interventionnistes, comme le faisait encore remarquer Broca en 1906, lors du xvi° Congrès international de médecine. Grâce aux nombreuses interventions de cette période chirurgicale de. la thérapeutique des affections tuberculeuses du péritoine, il fut possible d'apprécier les divers résultats et.

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de reconnaître que toutes les formes ne bénéficaient pas également de la laparotomie.

Comme l'écrit M. Sauvé dans le Progrès médical :

« Pour que la laparotomie ait des chances de succès, il faut un état général satisfaisant et des lésions locales peu avancées sinon... l'opération est plus dommageable qu'utile (1).

C'est ainsi que l'opération chirurgicale aura plein succès dans la forme ascitique. Dans la forme ulcérocaséeuse, les avis sont fort partagés, et, dans la forme fibreuse, elle n’est utile qu'en cas de complications : telle l’occlusion intestinale par brides.

Donc, au point de vue des formes, à l'exception des cas où le chirurgien a la main forcée, pas d’autres avantages que le traitement médical recalcifiant, sauf peut-être un gain de temps dans la forme ascitique : l'intervention permettant, en général, d'atteindre la guérison en quelques semaines.

Si, au point de vue efficacité, le traitement chirurgical peut entrer en parallèle avec le traitement recalcifiant, dans la plupart des cas, par contre, il est loin d’être aussi inoffensif. On a vu des morts par collapsus ou par généralisation tuberculeuse très rapide, sans parler des aléas que comporte toute opération abdominale (erreur d’aseplie, erreur de technique, adhérences entraînant lors de leur rupture, des déchirures graves de l'intestin). C'est donc là un traitement qui n’est pas à

(1) Sauvé. Traitement chirurgical de la péritonile tuberculeuse. Progrès Médical, 20 janvier 1912.

la portée de tous puisqu'il faut un chirurgien habile et un aide.

Enfin, il y a des contre-indications fournies par les localisations extrapéritonéales : il faut se défier en présence d'épanchement pleural assez abondant ou d'atteinte des poumons : l’anesthésie devenant souvent l’occasion d'une poussée de congestion.

Pour simplifier l'intervention, pour la rendre plus à la portée du praticien, certains auteurs ont préconisé la méthode des ponctions' suivies où non d'un lavage à l’eau boriquée, l’éther iodoformée, le naphtol camphré, voire même l'air stérilisé. Outre la possibilité d'intoxication par ces injections qui ne sont pas toutes sans danger, il faut craindre la possibilité de ponctionner l’intestin. Déjà, dans la laparotomie, une grande prudence est souvent nécessaire pour ne pas pénétrer dans une anse accolée à la paroi et qu'il n’est pas toujours permis de soupçonner cliniquement. Dans la ponction on va encore plus à l’aveugle et surtout on ne sait pas dans quel état on laisse l'intestin quand on a retiré le trocart. Comme le dit Guinard lui-même : « Je nesuis pas assez audacieux pour oser ponctionner un péritoine tuberculeux. »

Laissant de côté les méthodes plus ou moins interventionnistes, voyons maintenant les autres traitements médicaux dignes d'être comparés à la méthode de recalcification.

En 1908, Hallopeau présentait à l'Académie, la méthode de Rollier, dite « Cure solaire » ou « Héliothérapie ». Ici s'exerce l’action tonique du soleil par l’excitation des terminaisons nerveuses cutanées produi-

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sant une vaso-dilatation amenant une congestion qui favorise la phagocytose. Les rayons solaires ont été reconnus oxydants, réducteurs, analgésiants, sclérogènes. La cure est efficace et la littérature médicale possède de nombreuses observations de guérison. (Travaux de Weill, Pic, Gaulier, etc.) Mais il ne faut pas perdre de vue que, dans les formes aseptiques, évoluant sans fièvre, c’est-à-dire dans les bons cas, la guérison peut se faire en deux où trois mois, donc il faut une période relativement longue de jours ensoleillés où la température devra atteindre 30° au minimum. La cure n'est donc pas possible en hiver, dans la plupart des régions ni même en été dans celle du Nord, et ne possède pas le caractère pratique, peu onéreux de la cure de recalcification. De plus, il faut une surveillance attentive par une personne expérimentée car, dans la période inflammatoire aiguë ou subaigué, il peut y avoir des poussées congestives locales aboutissant au ramollissement des foyers caséifiés ou d’abcès.

On a proposé et expérimenté aussi la « Cure solaire à la mer ». Ses avantages se rapprochent de ceux obtenus par l’héliothérapie simple. Cependant, si les résultats sont parfois vraiment merveilleux, il ne faut pas cacher que le traitement n'arrête pas la péritonite trop manifestement en évolution; bien plus, il peut exercer une action aggravante surtout dans les cas de localisation pulmonaire. Enfin, les mêmes reproches s'adressent à ce traitement qui, plus encore que les précédents, ne présente pas un caractère assez pratique pour être à

la portée de tous.

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Nous en dirons autant en ce qui concerne la radiothérapie : absence de caractère pratique d’une part, possibilité d'aggravation de l’état général et généralisation de la tuberculose d'autre part.

Dans ces dernières années on a essayé de lutter directement contre lé bacille de Koch et on a essayé la tuberculinothérapie, la sérothérapie et l’antosérothérapie dans la forme péritonéale de la tuberculose comme dans les autres manifestations.

Les résultats de ces traitements sont trop peu connus; nous ne sommes pas assez sûrs de l’innocuité de ces méthodes encore trop nouvelles pour qu'on puisse en apprécier les avantages, et trop aléatoires pour être conseillées dans les cas bénins.

Ces traitements ne sont guère à la portée de tout le monde; ils sont donc bien différents, même à ce seul point de vue, du traitement recalcifiant.

D'une façon générale, l'absorption de médicament présente un caractère plus pratique. Parmi ceux préconisés en est-il qui puissent vraiment rivaliser avec les sels de chaux ?

Nous avons déjà parlé de l'huile de foie de morue qui ne peut être administrée péndant les chaleurs, et qui, pour être efficace, devrait être prise à la dose de cinq à six cuillerées à bouche. Or, dans ces proportions, elle a une action désastreuse sur les glandes digestives comme l'a montré Pawlow, et produit rapidement des troubles digestifs si néfastes quand il s’agit de tuberculeux péritonéaux.

L'iode et l’arsenic ne sauraient non plus être donnés

comme médicaments de chaque jour, mais ils peuvent entrer comme adjuvants à certaines périodes de la cure de recalcification.

Comme nous le voyons par ce court exposé, il semble bien que la recalcification doive être le traitement de fond de la tuberculose péritonéale. Mais, comme le dit le D' Reymond dans sa thèse : « En médecine, beaucoup moins que dans toute autre science, il convient de ne pas être exclusif, ni systématique » et toutes les fois que les autres traitements seront indiqués ou possibles par suite de circonstances particulières, nous ne devons pas hésiter à en faire bénéficier nos malades.

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