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responsable; par exemple une phtisie apyrétique, devenant fébrile, ou bien encore des liémoptysies redoutables, succédant immédiatement k l'emploi de ces eaux et la maladie procédant rapidement. En résumé les eaux sulfureuses sont avantageuses aux tuberculeux qui crachent et n'ont pas de fièvre; elles sont de médiocre bienfait à ceux qui commencent leur tuberculisation et ne crachent pas encore; elles sont dangereuses à ceux (}ui ont de la fièvre et des hémoptysies. »
Pidoux passe l'éponge sur tous ces accidents, il considère les hémoptysies comme salutaires, l'inllammation comme salutaire: c'est une inflammation franche qui circonscrit les tubercules. Les Eaux-Bonnes agiraient donc comme le chlorure de zinc, avec lequel le professeur Lannelongue circonscrit les tuberculoses locales.
Pidoux ne craint pas d'écrire : « Nos sources ne redoutent aucune comparaison; le monde est plein de malades guéris dans ces conditions . Que de malheureux elles ont préserves d'une mort certaine en les arrêtant au seuil d'une maladie qui, d'abord localisée, aurait bientôt infecté toute l'économie, si nos eaux n'avaient éteint le foyer primitif! » On a aussi prétendu que les Eaux-Bonnes produisaient une dérivation quantitative du
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sang, qui transforme en lissu scléreux le tubercule encore inflainniatoire. On a dit encore que les Eaux-Bonnes réveillaient d'anciennes maladies antagonistes de la tuberculose : l'arthritisme, la sypbilis, riicrpétismc. Décidément ces eaux sont des fées qui jouent merveilleusement de leur baguette magique.
A AUevard on a prétendu que les eaux tuaient les microbes, c'est la note moderne; tout est microbicide. Il convient simplement de dire que les inbalations sulfureuses faites avec des eaux chaudes comme celles de Saint-Honorc, dans la NièvTc, avec des eaux froides comme celles d'Allevard, d'Enghien, de Pierrefonds, peuvent avoir une action salutaire sur la sécrétion bronchique, puisque les iidialations d'acide sulfureux ou d'acide sulfhydrique facilitent l'expectoration, et pouvent ainsi indirectement améliorer sensiblement l'état général. Dans la cure thermosulfureuse, ce sont les inhalations qui sont actives, bien plus que l'eau prise en boisson. Aussi nous recommanderons spécialement la station de Saiut-Ilonoré, où la salle d'inhalations est fort bien installée. Cette station n'est qu'à 270 mètres au-dessus du niveau de la mer; on ne devra donc pas y chercher la cure d'altitude qui sera au contraire prédominante à Cauterets , élevé de
1)90 iiièlres. Allevard possède une alLiLudo de 475 mètres.
Parmi les eaux sulfureuses qui peuvent être recommandées à certains phtisiques lymphatiques, il faut citer celles d'Uriage, près Grenohle, eaux sulfureuses etchlorurées, et celles de Challes, près Chamhéry, qui sont sulfureuses, brômées et iodées. Ces dernières sont très actives, mais dangereuses à manier chez les phtisiques.
Les inhalations d'eaux sulfureuses chaudes ou froides ne peuvent être prescrites avec fruit qu'aux malades qui ont une sécrétion bronchique péniblement expulsée, et chez lesquels les troubles généraux de la nutrition sont causés par cette rétention des crachats. Chez ces malades on obtiendra de bons résultats en les envoyant faire des inhalations sulfureuses dans les salles d'Engliien, d' Allevard et surtout de Saint-Honoré.
En 1886, Bergeon, de Lyon, fit absorber l'hydrogène sulfuré par l'intestin des phtisiques . Cette idée de lavements gazeux était ingénieuse et rationnelle, parce que, en 1857, Claude Bernard avait démontré sur les animaux que lorsqu'on injecte par la voie rectale, de l'hydrogène sulfuré, ce gaz est éliminé par le poumon; ce grand physiologiste vit en effet le papier trempé
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dans racélalo de plomb devenir rapidement noir, lorsqu'on le plaçait sur le museau de l'animal. Bergcon pensa avec raison que l'hydrogène sulfuré pur serait trop irritant pour l'intestin, et il eut l'excellente idée de faire passer de l'acide carbonique à travers de l'eau sulfureuse. Deux fois par jour il faisait absorber quatre à cinq litres d'acide carbonique ayant barbotté dans 500 j^rammes d'Eaux-Bonnes ou d'eau de la source César, de Cauterets. Cbantemesse remplaça ces eaux sulfureuses par l'eau sulfocarbonée ou le sulfure de carbone. Gomme l'acide carbonique est rapidement éliminé par les poumons, ainsi que l'ont démontré Nysten et Demarquay, on était certain que tout le contenu du lavement passerait par le poumon.
Bergeon crut avoir guéri des phtisiques par cette méthode des lavements gazeux. « Mes malades guéris n'ont plus d'expectoration, disait-il, et n'olfrent à l'auscultation que des signes stéthoscopiquos secs, dus à la présence de cavernes cicatrisées ou en voie de cicatrisation, ou de brides cicatricielles consécutives aux anciennes lésions. Quelquesuns de ces malades ont pu reprendre une existence très laborieuse, monter plusieurs étages un grand nombre de fois dans la jour-
née; néanmoins j'ai pu conslaLer que leur appareil respiratoire avait résisté à toutes ces fatigues et que l'amélioration conquise avait été solidement maintenue. » Ces résultats avaient été publiés beaucoup trop rapidement. Ce traitement n'a aucune valeur curative. Je l'ai essayé sur 25 malades. J'ai reconnu que la méthode n'offre aucun danger; que généralement elle facilite l'expectoration, diminue la toux et augmente le sommeil. Mais les bacilles persistent dans les crachats; la fièvre, les sueurs nocturnes et les ulcères laryngés ne sont aucunement modifiés. J'ai observé des poussées fébrdes dans le cours de ce traitement, comme dans le cours de beaucoup d'autres traitements.
Dujardin-Beaumetz qui a étudié ces lavements gazeux avec une grande impartialité, s'est demandé très justement si l'hydrogène sulfuré avait la moindre action dans cette méthode, ou si on n'aurait pas les mêmes effets avec l'acide carbonique pur. En effet il vit qu'il obtenait la même action calmante ^e la toux et de l'insomnie, avec des lavements d'acide carbonique barbottant dans de l'eau non sulfureuse. E. Weill, en 1888, vit aussi que ces inhalations d'acide carbonique calmaient considérablement les accès de dyspnée, et en dehors des accès d'étouffé-