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danl une heure dans la matinée. A.ussi peuton commencer la médication à la fin des poussées congestivcs: si le malade ne sort pas, il importe de le faire vivre dans la chambre avec la fenêtre ouverte pendant la plus grande partie de la journée.
Très souvent les premières cuillerées d'huile sont mal supportées. Au début de la médication, il peut exister un état nauséeux, d'origine psychique. Mais la conviction et l'autorité du médecin font naître la persévérance du malade. Il faut tout d'abord varier le moment de l'ingestion du médicament. Je connais des malades qui ne peuvent pas absorber l'huile de foi'e de morue avant les repas ; les uns la tolèrent très bien après les repas, les autres au réveil ou en se couchant, d'autres ne la digèrent que lorsqu'ils la prennent vers 10 heures du matin, quand ils sortent pour la promenade. En général les petites doses répétées sont mal supportées; il importe de faire ingérer la dose totale en une ou deux fois dans un verre. On peut masquer le goût de l'huile par did'érents artifices. Les uns se lavent la bouche avant et après l'ingestion, avec du cognac, ou du vin de quinquina ou du café noir, ou dujus de citron; d'autres prennent simplement une pastille de menthe, un peu de jus de cresson; d'autres
enfin fument quelques bouffées de cigareLte. Ceux qui aiment le poisson et son goût ne prennent rien du tout. En Amérique et en Angleterre on masque le goût par une petite quantité de sirop d'éther. On peut encore avaler, après riiuile, un peu d'eau aromatisée avec du sirop de fleur d'oranger, de l'eau de laurier cerise, de l'essence de menthe ou d'anis. On peut aussi se servir d'huile émulsionnée par un mélange de pancréatine et de phosphate de chaux.
On devra recommander au malade de se laver les lèvres et les moustaches avec de l'eau chargée d'eau dentifrice, après chaque ingestion d'huile. Avanttout il faut empêcher l'entourage du malade d'exprimer du dégoût, quand il prend ses premières cuillerées d'huile. Pour suggestionner les phtisiques facilement dégoûtés, il m'est arrivé souvent d'avaler devant eux une ou deux cuillerées d'iiuile de foie de morue; cet exen)ple leur donne du courage.
Mais quand après l'essai persévérant de la médication, on constate que l'appétit du malade est diminué par l'ingestion de l'huile, il faut la cesser et ne pas s'obstiner indéfiniment. Souvent aussi après un ou deux mois on est obligé d'en suspendre l'emploi pendant une dizaine de jours, parce qu'une répulsion
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momentanément insurmontable se manifeste.
Quelquefois cette répulsion est due aussi à une mauvaise association alimentaire; ainsi je connais des phtisiques qui ne peuvent digérer l'huile de foie de morue et le lait, pris dans la même journée. Il est bien entendu aussi que l'on doit atteindre les hautes doses très progressivement.
L'huile de foie de morue est le médicament le plus favorable pour les tuberculeux diabétiques, surtout quand ils sont constipés et hémorroïdaires. Il provoque une légère laxité intestinale qui décongestionne tout le système de la veine porte.
On a propose divers succédanés de l'huile de foie de morue. Les extraits aqueux ou alcooliques de ce produit ne sont certainement pas des médicaments inutiles, puisqu'ils contiennent des phosphates et des éléments biliaires; mais il ne contiennent pas les graisses. Les corps gras, comme l'acide oléique, ne contiennent ni les phosphates, ni les matières biliaires, ni les alcaloïdes découverts par A. Gautier. L'huile de foie de morue constitue un ensemble ahmentaire et médicamenteux que rien ne saurait complètement remplacer.
Les huiles de foie de squale et de raie ont été expérimentées par divers cliniciens el
entre autres par Jules Bergeron. On leur a reconnu une valeur analogue à celle de l'huile de foie de morue; aussi ne peut-on blâmer le mélange de toutes ces huiles ensemble.
On emploie dans beaucoup de campagnes les frictions cV huile de foie de morue sur tout le corps. J'ai voulu essayer ce mode de traitement à plusieurs reprises, mais je n'ai pas rencontré des malades assez persévérants pour le continuer plus d'une dizaine de jours.
Dujardin-Beaumetz a expérimenté les m/eciions sous-cutanées d'huile de foie de morue : mais il a reconnu qu'elles sont très irritantes. J'ai injecté diverses huiles de foie de morue sous la peau des cobayes et des lapins. Les cobayes les ont très mal supportées ; ils sont tous morts avec une périsplénite graisseuse et des infdtrations quelquefois énormes de graisse dans le péritoine. Les lapins supportent beaucoup mieux les injections, cependant si on les sacrifie, on constate des traînées graisseuses sur le péritoine et surtout sur le grand épiploon.
La glycérine a été regardée à tort par quelques auteurs comme un succédané de l'huile de foie de morue. La glycérine est un alcool polyatomique ; elle agit comme les alcools et non comme les corps gras.
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Quand on la donne à haute dose elle provoque des phénomènes d'éhriété et même d'ivresse complète. Jaccoud prescrit généralement 40 grammes de ce médicament par jour. Il a (juelquefois observé des accidents avec la dose de 50 grammes, et presque toujours avec celle de 60 grammes. Il mélange en général 40 grammes de glycérine avec 10 grammes de cognac ou de rhum et 1 goutte d'essence de menthe; il fait prendre ce mélange en deux ou trois fois dans la journée. J'ai souvent prescrit de sucrer chaque jour deux petites tasses de café ou de thé avec une cuillerée à soupe de glycérine. Ce médicameni peut remplacer l'alcool chez les malades qui le supportent mal. Plusieurs phtisiques m'ont affirmé qu'il facilitait leur expectoration. Bouchard prétend qu'à la dose de 30 grammes par jour, la glycérine fait augmenter le poids du corps.
Ici se termine la longue énumération des remèdes qui ont été proposés pour guérir la phtisie. La plupart de ces médicaments sont oubliés ou le seront bientôt. Etde cet immense bloc, nous ne détacherons pour nos malades qu'un peu de créosote, de phosphates, de tanin, d'arsenic, et beaucoup d'huile de foie de morue. Aussi nous ne pouvons mieux clore l'histoire de la thérapeutique médicamenteuse de la, phtisie puhnonaire qu'en reproduisant
DK LA PHTISIK PULMONAIRE
celte page encore si exacte, écrite en 1826 par Laënnec dans son immortel Traité de V auscultation :
« Nous avons prouvé que la guérison de la phtisie tuberculeuse n'est pas au-dessus des forces de la nature ; mais nous devons avouer en même temps que l'art ne possède encore aucun moyen certain d'arriver à ce but. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'œil sur les innombrables remèdes proposés contre la phtisie pulmonaire. On ne peut méconnaître une maladie incurable, lorsqu'on voit tenter tour à tour contre elle presque toutes les substances médicamenteuses connues, employerlesremèdeslesplus disparates, les médicationslesplus directementopposées, proposer chaque jour des remèdes nouveaux, exhumer des moyens qui, trop vantés autrefois, étaient restés longtemps dans un juste oubli : rien de constant enfin que l'emploi des palliatifs et des moyens propres à remplir des indications purement symptomatiques.
« On a vanté tour à tour les acides et les alcalis, la diète sévère et l'alimentation animale succulente, l'air sec et l'air humide, l'air pur et l'air charge de matières fétides, l'oxygène, l'hydrogène et l'acide carbonique, les exercices et le repos, les émoUients et les toniques, le froid et le chaud, les anodins
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parégoriques et autres, et les stimulants, non seulement tels que les aromatiques et les antiscorbutiques, mais même tels que les préparations les plus irritantes du mercure, le sulfate de cuivre, l'orpiment et l'arsenic. »
Nousrépéterons avec Laënnec quela piitisie pulmonaire est incurable par les médicaments seuls; mais nous allons voir qu'elle est curable, quand on prescrit aux malades peu de médicaments et beaucoup d'hygiène.