PARIS
RUEFF ET C'% ÉDITEURS
I06, BOULEVARD SAINT-GEUMAIN, I06
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TRAITEMENT DE LA SYPHrLIS
Messieurs,
Je me propose d'aborder devant vous, dans nos réunions de cette année scolaire, l'étude du traitement de la syphilis.
Le seul énoncé de ce programme vous dit assez • l'importance du sujet qui va nous occuper.
Certes, il me faudra toute une série de conférences pour discuter les questions nombreuses, difficiles et complexes qui composent ce programme. Cette perspective ne m'effraie pas cependant. Car nul sujet n'offre un intérêt d'ordre plus pratique. Et, d'autre part, j'ai d'autant plus à cœur d'étudier ce sujet devant vous, qu'il n'est pas de ceux auxquels initie un stage même assidu et prolongé dans nos cliniques hospitalières.
Et, en effet, ce qu'on apprend à l'hôpital, c'est le traitement de tels ou tels accidents de la syphih's,
FoUBNiER. — Traitement de la Syphilis i
mais ce n'est pas ie traitement de la syphilis, ce n'est pas le traitement de la syphilis en tant que diathèse, en tant que maladie chronique, exigeant une cure qui embrasse plusieurs années. Pourquoi? Parce qu'à l'hôpital nous ne voyons et n'avons à traiter que des épisodes de la syphilis, si je puis ainsi parler; — parce qu'à peine guéris, voire simplement soulagés de leurs accidents actuels, nos malades s'empressent de nous quitter et nous échappent ; — parce que nous n'avons pas de lits à donner (et nous en aurions, les accepteraient-ils?) à des sujets « qui n'ont plus rien », comme ils le disent, qui sont en apparence guéris, bien qu'en réalité ils aient encore besoin d'un long traitement pour arriver à la guérison.
A l'hôpital, nous effaçons des accidents, mais rien de plus. A r hôpital, dans Vctat actuel des choses, nous ne traitons pas la syphilis.
Car, traiter la syphilis, ce n'est pas seulement combattre et guérir les manifestations d'un jour, voire d'une période; c'est aussi et surtout attaquer la maladie d'ensemble, l'attaquer patente et latente, s'en prendre à son principe même, au principe de ses déterminations actuelles et futures; c'est instituer, en cette visée, une médication de longue haleine, presque chronique à force d'être prolongée, et seule suffisante à réaliser des effets préventifs^ c'est-à-dire à protéger le malade dans l'avenir, voire à le sauvegarder non pas seulement dans sa personne, mais jusque dans sa postérité.