MÉDICATIONS AUXILIAIRES
pi-escrivant d'aller passer qualre mois à la campagne, « sans toucher à un seul remède )) cl de panser simplement son énorme plaie a avec de la charpie imbibée d'eau de guimauve » ! Lorsque, les quatre mois écoulés, le malade nous revint après exécution minutieuse de ce facile et singulier programme, la lésion n'avait pas changé de physionomie, mais l'état général s'était notablement amélioré. Le traitement interne fut alors repris avec vigueur, et la plaie pansée par occlusion au taffetas de Yigo. Or, six semaines plus tard, ce phagédénisme, si opiniàtrément réfractaire jusqu'alors, était absolument cicatrisé !
Je n'ai pas à dire si, dans ma pratique, je me suis inspiré de cet enseignement de mon maître. Et, sur quatre malades, dans des circonstances de même ordre, j'ai eu la satisfaction de guérir de la même façon des phagédénismes graves qui avaient résisté aux agents spécifiques pendant des années entières. Voyez ce à quoi sont bonnes les médications que, modestement, on appelle auxihaires, et qui, en certaines conditions, deviennent véritablement principales.
Comme dernier exemple (car je n'en finirais pas, si je voulais tout dire), j'appellerai encore votre attention sur le rôle actif que joue la médication bromurée dans le traitement de certaines afl^ctions syphilitiques du système nerveux. Il est, bien positivement, certains syndromes nerveux d'origine spécifique que le bromure de potassium aide puissam-
PouRNiER. — Traitement de la Syphilis.
TllAITEMKNT UIÎ LA SYPHILIS.
meiiL à guérir, voire (ju'il esl seul suscepliijle d'influeucer. Ue ce noml)re esl réj)ilepsie parasypliililique ; de ce nombre est la neurasdiénie d'origine sypliililiqae, elc.
Yoilà pour les mëdiealions auxiliaires.
Quant à Y liygienc^ j'aurai le droit d'être bref à son sujet,* car son rôle dans le traitement de la syphilis ne sera bien certainement contesté par personne. Ici comme ailleurs, comme toujours, elle rendra d'éminents et inappréciables services, en fournissant les moyens de conjurer diverses manifestations spécifiques, en écartant les causes susceptibles d'appeler, de diriger la syphilis vers certains systèmes organiques. Les exemples abonderaient en l'espèce. A titre de spécimens , mentionnons les deux suivants.
Est-ce que la proscription du tabac n'aura pas pour effet de diminuer, voire de prévenir ces manifestations spécifiques' de la bouche qui sont si fréquentes et parfois si graves chez les fumeurs? A savoir : pour la période secondaire, syphihdes labiales, linguales, gutturales, à récidives multiples, voire parfois incessantes ; — et, pour la période tertiaire, glossites scléreuses ou scléro-gommeuses, dont le pire type, le type le plus rebelle et le plus incurable est précisément réalisé par la variété dite ({ glossite syphilo-nicotique ».
Voyez, d'autre part, la syphilis des centres nerveux et notamment la syphilis cérébrale. Chez qui