‹ Traitement de la syphilisChapitre 28 sur 92 · I. Le mercure exerce incontestablement une · texte numérisé non relu

I. Le mercure exerce incontestablement une

action préventive sur les manifestations dé la période secondaire.

Et, en effet, voyons d'une façon comparative ce qu'est la période secondaire chez les sujets traités ab ovo, dès le début de l'infection, et ce qu'elle est chez les sujets non traités ou insuffisamment, négligemment traités.

Ce qu'elle est chez ces derniers, vous le savez de reste, messieurs, par ce dont vous êtes témoins ici chaque jour. C'est une période ultra-chargée

cl accidents , d'accidents certes qui ne compromettent pas la vie, qui môme n'ont rien de gnive le plus habituellement, mais qui ne laissentpas detre importuns, Yexatoires , affichants, douloureux pour quelques-uns, à savoir r syphilides cutanées de divers types, depuis la roséole jusqu'aux types pustuleux; pustulo-crustacés, etc. ; — syphilides muqueuses .de tout siège (bouche, gorge, langue, larynx, organes sexuels, anus^ etc.), prenant parfois eu tant que lésions locales une réelle importance ; — onyxis, périonyxis; — adénopathies diversès , quelquefois confluentes , sujettes même, quanti .elles trouvent un terrain propice, à dégénérer eir bubons strumo-phlegmasiques; — alopécies plus.ou moins intenses, pouvant aller jusqu'à dénuder parliellement le cuir chevelu; — ophthalmies secondaires, dont quelques-unes réellement sérieuses (iritis, choroïdite, névrite optique) ; affections du système locomoteur (ostéalgies, périostites, arthralgies, arthropathies, ténosites, myosalgies) ; — phénomènes nerveux; céphalée, souvent très douloureuse; névralgies; asthénie nerveuse, toujours plus ou moins rebelle, etc. ;— accidents fébriles, susceptibles parfois de prendre une intensité peu commune, comme dans le type actuellement décrit sous le nom de typhose secondaire; — etc., etc.

Eh bien, parallèlement, quelle est cette même période secondaire chez les sujets qui, d'emblée, ont pris soin de se traiter et qui continuent au

ACTION PRÉVENTIVE DU MERCUnE.

delà de se traiter méthodiquement, correctement? Cela, vous ne pouvez le savoir encore. Messieurs, car vous l'apprendrez seulement .dans votre pratique de ville, dans votre, cabinet. Mais il m'appartient à moi de vous le dire, et voici, à cet égard, ce qui dérive pour moi d'une expérience déjà longue.

Sur cette seconde • catégorie' de malades, la syphilis secondaire se réduit (sinon toujours, au moins presque toujours) à un petit nombre cV accidents^ et d' accidents du type- le plus superficiel^ le plus bénin. Ce que vous, observerez en dételles conditions se bornera geil-éralement, passez-moi l'expression, à quelques éplarboussures légères de syphilis, telles que ceci : .une roséole discrète; — quelques plaques érosives,:(qui se porteront surtout à la bouche, si vous avez affaire à des fumeurs); — quelques croûtelles du cuir chevelu, avec éclaircissement momentané et à peine appréciable de la chevelure ; — quelques adénopathies cervicales ; — et rien de plus. Comparez cela au type usuel des syphilis secondaires abandonnées à leur évolution propre !

Traitée, la syphilis secondaire s'atténue, se réduit comme cadre, se mitigé, et devient comme un diminutif d'elle-même. Elle devient ce qu'est une forme fruste ou bénigne d'une maladie par rapport aux formes complètes et sérieuses de la môme affection. A ce point — ceci est topique — que les malades eux-mêmes en sont étonnés, ébahis. De par le renom de la syphilis, ils s'atten-

dent à quelque chose de grave, d'important pour le moins; et, ne voyant rien venir, ils vous disent alors quelquefois : a Mais à quand donc, docteur, les grands accidents? Quand dois-je m'attendre à quelque chose de sérieux ? Car jusqu'à présent je n'ai presque rien eu. »

Et même, tel n'est pas le dernier mot de la bénignité possible de la syphilis secondaire traitée. Car certains sujets en sont quittes encore à meilleur compte, en sont quittes, par exemple, pour une roséole sans rien autre, pour quelques plaques muqueuses sans rien autre, voire pour une plaque muqueuse sans rien autre! Cela s'est vu, cela n'est même pas une rareté, et je vais tout à l'heure vous en montrer quelques exemples.

Enfin, on a cité le cas de malades qui, traités énergiquement ah o<^o et au delà, ont traversé toute la période secondaire sans être affectés d'un seul accident secondaire. C'est là chose rare, exceptionnelle; d'accord ! mais c'est là chose bien authentique, irrécusable.

En l'espèce, quelques citations me semblent indispensables, car il s'agit de toutes choses que vous ne voyez pas à l'hôpital et dont sans doute vous attendez la preuve. Eh bien, cette preuve, je vous la donnerai en mettant sous vos yeux une vingtaine de cas de cet ordre observés en ville et longtemps suivis par moi. Voyez ce à quoi s'est réduite la période secondaire sur les vingt malades dont l'histoire se trouve résumée dans le tableau suivant.

ACTION PTIKVEATIVK DU IMERCUnK.

1°'' malade

DUREI'

d' O DS E n- VATION.

iG"^ —

10 ans

6 ans

8 ans

26 ans ' 10 ans

8 ans

ç) ans 8 ans

7 ans

5 ans

6 ans i5 ans

9 ans 1 1 ans

i5 ans

8 ans

5 ans

9 ans

5 ans

6 ans

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