‹ Traitement de la syphilisChapitre 80 sur 92 · I. Les syphilis dites réfrac taires sont de · texte numérisé non relu

I. Les syphilis dites réfrac taires sont de

mauvaises syphilis, à malignité particulière, qui se traduisent par des manifestations graves et incessamment récidivantes, quoi quoii puisse

MÉTHODE DES THAITEMENTS SUCCESSIFS

faire. Chacune de leurs poussées est grave, et il ne faut rien moins qu'un traitement énergique pour en débarrasser les malades. Mais voici ce qu'il y a de pis avec elles : une de leurs poussées n'est pas plus tôt guérie que, même en dépit d'un traitement correct, voire intervenant dans les stades d'accalmie, une autre entre en scène. Puis, celle-ci guérie à grand'peine, il en survient une troisième, et ainsi de suite, pendant des années, de longues années. Tel est, comme exemple, un cas dont je vous ai déjà parlé et que vous avez encore sous les yeux, celui de la malheureuse malade couchée au lit n° 5 de la salle Henri IV. Cette femme, qui a contracté la syphilis il y a treize ans, s'en est toujours bien traitée ; plusieurs fois même nous lui avons administré une médication énergicjue, jusqu'à déterminer une vive irritation mercurielle de la bouche. Eh bien, malgré cela, malgré tous nos efforts, elle n'a pas cessé depuis treize ans d'être en proie à des assauts multiples, quelquefois subintrants, d'accidents tertiaires graves ; et tout récemment encore elle vient de rentrer dans nos salles pour la neuvième fois (!) avec une affreuse syphilide qui lui laboure une partie du visage. — Des cas analogues ne seraient que trop faciles à citer.

n. — Il est un autre ordre de syphilis qui se jouent bien autrement de la médication dite spécifique. Celles-ci sont les s}«jDhilis à manifestations parasy philitiques . A l'origine, elles n'ont rien de spécial, voire le plus souvent rien que de bénin.

Puis, à longue écliëance, elles délerminenL des aecidenls morbides dont la relation avec la syphilis a été longtemps méconnue, mais n'est plus récusable aujourd'hui; accidents qui n'ont plus la physionomie syphilitique, qui peut-être même ne sont pas de nature syphilitique à proprement parler, mais qui n'en sont pas moins d'origine^ de provenance syphilitique. Ces accidents, pour lesquels j'ai proposé l'épithète de parasyphilitiques, ce sont, à ne citer que les principaux : le tabès, comme tête de ligne ; ■ — la paralysie générale ; — le tabès et la paralysie générale associés; — la neurasthénie; — la céphalée neurasthénique ; — une épilepsie de modalité spéciale que je me réserve de décrire quelque jour, etc., etc., sans parler de certaines autres manifestations d'ordre héréditaire. Contre les accidents de ce genre le traitement spécifique reste à peu près impuissant et même, en général, radicalement inerte. Que si, par exception, il réussit à les influencer, ce n'est qu'à leur début même et au prix de doses très énergiques; encore son action n'est-elle à aucun titre comparable à celle qu'il a coutume d'exercer sur toutes les autres déterminations de la diathèse.

Ces défaillances du traitement spécifique, messieurs, il nous faut les connaître, il faut nous les avouer à nous-mêmes, et c'est un devoir pour moi de vous les signaler. Car, d'une part, on croit trop généralement à la toute-puissance du mercure et

MÉTHODE J)ES TH AITEIM ENTS SUCCESSIFS.

de l'iodure en fait de syphilis. A entendre parler nombre de nos confrères, il semblerait qne tout ce qui est d'ordre syphilitique est par cela même justiciable du traitement antisypliilitique, comme aussi, réciproquement, que tout ce qui résiste à ce traitement n'est pas syphilitique. Erreur, illusion, que ne sauraient partager les gens du métier, qui, vivant quotidiennement avec la syphilis, la connaissent à ses œuvres et, par expérience, la savent moins docile, moins soumise, et surtout moins infailli])lement curable.

Et, d'autre part, la conscience de ces échecs, de ces désastres thérapeutiques, n'est-elle pas pour nous une incitation à des efforts nouveaux, à la recherche d'autres voies, d'autres procédés, d'autres méthodes capables mieux faire^.

Je viens, messieurs, de vous tracer le plan général de la méthode des traitements successifs.

Dans cet exposé d'ensemble j'ai dû forcément laisser de côté quelques points particuliers auxquels il me faut revenir actuellement.

De ces points il en est trois qui méritent plus spécialement notre attention, à savoir :

I. — Avantage manifeste à inaugurer le traitement par une première cure énergiquement répressive ;

IL — Nécessité de maintenir le traitement, dans chacune des cures qui le composent, à un taux d'intensité véritablement "thérapeutique;

ni. — Appropriation aux étapes morbides des composés mercuriels à mettre en œuvre.

Quelques mots sur chacune de ces questions qui, toutes trois, comportent une réelle importance pratique.

I. — Je vous le disais il y a quelques instants, un bon commencement est toujours salutaire; un premier coup solidement frappé semble surprendre l'ennemi et le maîtriser d'emblée. A parler sans figure, il n'est pas douteux pour moi qu'un traitement mercuriel particulièrement énergique, institué dès les premières étapes de la syphilis, n'exerce sur l'ensemble et l'avenir de la maladie une action modificatrice des plus puissantes.

De cela je trouve la preuve dans une catégorie spéciale de cas que je dois vous mettre sous les yeux.

Maintes fois en pratique il m'est arrivé de rencontrer (et non sans étonnement à l'origine) des malades qui, n'ayant fait qu'un seul traitement mercuriel au début même de l'infection, n'en avaient pas moins cependant traversé sans encombre de longues étapes de la diathèse, c'est-àdire étaient restés indemnes de toute manifestation spécifique pour huit, dix, douze, quinze, vingt ans et plus. Voyez, comme exemples, ce qui s'est produit dans les douze observations réunies dans ce tableau :

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PREMIERS ACCIDENTS

LAPS d'immunité

MOUDIDE.

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