OBSERVATIONS
Observation |
Moxconvo et Ferreira. (Hérédo-syphilis. Amélioration très marquée par des injections d'huile grise.)
J...,ägée d'un mois, est amenée dans le service des maladies des enfants le 3 janvier 1887. Le père et la mère sont afteints d'accidents spécifiques accentués. L'enfant est couverle de syphilides papuleuses et maculeuses qui se sont montrées quatre jours après la naissance. Alopécie. A l'aide de l'administration de liqueur de Van Svwieten prolongée pendant deux mois, les manifestations cutanées s'étaient légèrement amendées, Des accidents malariens nous ont fait suspendre l'usage des agents de la médication spécifique. Le17 avril, les phénomènes malariens avaient disparu, mais les syphilides s'accentuaient et devenaient confluentes ; une nouvelle poussée avait fait éclosion. On a recours alors au sirop de Gibert. Le 3 mai, la petite malade est revue. Les manifestations cutanées sont à peine modifiées.
On prescrit alors les injections d'huile grise, et, séance tenante, on pratique la première injection en injectant 2/5 de la seringue de Pravaz (la seringue de Barthélemy
n'était pas connue alors).
Le 6 mai, on n’observe aucune réaction locale à l'endroit
de la piqûre. Les manifestations cutanées commencent à se flétrir.
Le 8 mai, deuxième injection, à la mème dose.
Le 28, les croûtes du cuir chevelu sont tombées. La peau se présente normale, lisse, parfaitement blanche. Troisième injection d'huile grise.
Le 7 juin, on pratique une quatrième injection. Tolérance parfaite. La peau se maintient en bon état.
La petite malade, très améliorée, quitte le service.
Observation II
Moxconvo et Ferreira. (Injection au sublimé.)
Enfant âgé de 11 mois amené au service le 2 Juillet 1890. Alopécie fronto-pariétale. Croûtes rupiformes sur le cuir chevelu et les fesses. Manifestations cutanées polymorphes. Peau äpre et parcheminée,
On pratique la première injection le 15 juillet (2 milligrammes de sublimé).
Le 2%, aucune réaction locale, Alénualion sensible des accidents cutanés.
Le 25, nouvelle injection.
Le 28, pas de réaction locale,
Pers atténualion marquée des manifestations cutanées. La peau blanchit promptement et devient souple et lisse.
Le 1° août, l'amélioration est plus marquée, le petit malade augmente de poids et se nourrit mieux.
Le 2 août, aucun accident local, La peau est blanche et souple ; on pratique la troisième injection: aucune réaction ne se produit.
Le.7 août, on pratique la quatrième injection.
L'enfant, à peu près complètement guéri, reste encore quelque temps dans le service.
Observation lIIl
Jucciex. (Hérédo-syphilis avec manifestation osseuse, Guérison par les injections de calomel. Journal de Clin. et Thérap. inf.
Enfant née de père etmère syphilitiques. A la naissance, elle ne présente aucune lésion apparente et semble en parfait état ; à deux mois, paraissent de petites érosions sur les lèvres et un coryza intense ; à trois mois, c'est-à-dire actuellement, on voit de nombreuses papules ulcérées sur les grandes lèvres et le périnée : en outre, l'enfant présente, au niveau de l'humérus, une tuméfaction qui occupe la moitié inférieure de la diaphyse: au palper, on le constate facilement : on dirait un manchon qui quadruple le volume de l'os : la masse est uniformément résistante et prédomine surtout en avant et en dedans, où elle soulève l'artère humérale, Les mouvements du coude sont parfaitement libres. mais déterminent de légers craquements. Aucune adhésion à la peau. Ganglions axillaires appréciables.
Le traitement par les injections est institué. Tous les huit jours, on fait une injection de calomel. En moins d’un mois, l'orléo-périostite hypertrophiante de l'humérus, ainsi que les autres lésions, disparaissent sous l'influence du
Observation IV
Fraxcisco L. Narro. (Méthode de Prokhorow dans le
traitement de la syphilis. Buenos-Ayres, 1902.)
G fut déposé à la Maison des Enfants-Trouvés le 26 février 1899, étant âgé de deux jours et pesant 2.390
vrammes.
I fut confié aux soins du D David le 1* août. A cette date, il pèse 3.340 grammes et présente les caractères suivants : nez aplati, palais ogival, coloration jaune de la figure. Autour de la bouche, il y a de grosses croûles qui, détachées, laissent à découvert une surface ulcérée. Il y a en outre, sur la lèvre supérieure, des crevasses de dimensions moyennes. La peau de la main, dans les régions thénar et hypothénar, est d’une couleur rousse et brillante ; celle des pieds est rugueuse et épaisse ; le talon et la pulpe des doigts de pieds sont de la mème couleur, Il y a onyxis. Dans l'anus, petites plaques muqueuses.
Le 3 août, on lui fit une première injection. Les jours suivants, on n’a observé aucun symptôme d'intoxication. On n’observe aucune induration ni tuméfaction.
Le 5 août, l'onyxis et les crevasses de la lèvre avaient disparu. Les croûtes sont Lombées complètement à la date du 6 août, laissant la peau saine. Les plaques de l'anus n'existent plus. Les urines sont abondantes. La teinte rousse des mains et des pieds persiste jusqu'au 10 août. Mais, après lui avoir pratiqué la seconde injection, le 14 août, le malade a recouvré la teinte normale, Il tette parfaitement.
Le 25 août, troisième injection, sans accidents,
Le 5 septembre, quatrième et dernière injection.
Le 25 septembre, l'enfant sort de l'hôpital, pesant 3.840 grammes.
Ia été revu trois ans après par M. Nario. Il ne présen= tait plus aucun symptôme syphilitique.
Observation V Scuwar et Lévr-Bixc, (Presse Médicale, 1903.
Enfant né à la Charité le 29 juin 1903. Le père est syphi-
litique ; la mère a déjà eu deux grossesses antérieurement terminées par la naissance d'enfants morts et macérés. À sa
naissance, l'enfant, pesant 3.160 grammes, présente des lésions très étendues de syphilis cutanée. La paume des mains et la plante des pieds sont couvertes de pemphigus : par places, les bulles sont déjà ouvertes. et l'épiderme, en partie desquamé, offre une coloration violette. Sur les jambes et les cuisses, sur les fesses, très peu sur les bras et les épaules, on constate de nombreuses syphilides circinées, légèrement surélevées. De plus, le foie et la rate sont volumineux. L'enfant respire mal: il existe du coryza., En présence de cet état grave, nous décidons de commencer sans plus tarder le traitement par les injections de biiodure en solution aqueuse.
Les 29 et 30 juin, nous pratiquons dans le dos une injection de 1 milligramme de biiodure. Du 1* juillet au 11 juillet, nous faisons chaque jour une injection de un demimilligramme de sel mercuriel. Pendant ce laps de temps, la courbe de poids quotidienne observée de l'enfant a été la suivante : 3.160, 3.030, 2.975, 2.800, 2.730, 2.780. 2.835, 2.860, 2.910, 2.940, 2.953, 2.920, 2.960,
Le 12 juillet, l'enfant pèse 3.020 : le 14 juillet, il quitte le service, pesant 3.050. Dès le 5 juillet, les lésions cutanées avaient commencé à s'elfacer ; l'amélioration s'est poursuivie les jours suivants d'une façon constante, et, au moment de la sortie de l'hôpital, l'enfant est en parfait état, n'ayant plus la moindre lache sur le corps. Le foie et la rate semblent normaux.
Le 21 juillet, le petit malade est ramené à la consultation :
il pèse 3.160 ct reste guéri.
Observation VI
MM. Scnwas et Lévv-Bixc. Presse Médicale, 1903.)
Enfant né en ville le 16 octobre 1902, prématurément, à sept mois, de parents syphilitiques.
A sa naissance, l'enfant, du poids de 2,000 grammes, ne présente pas la moindre lésion spécifique (la mere avait été traitée pendant la grossesse avec des injections d'huile grise). Au bout de trois mois, l'enfant devint pâle, diminua de poids ; nous pûmes l'examiner le 24 janvier 1903 : enfant à teint jaunâtre, ventre tendu, avec circulation collatérale très accentuée, foie et rate tres gros, testicule du côté gauche gros et dur ; sur la face externe du scrotum, quelques érosions syphilitiques. L'enfant, de plus, est atteint d'un coryza spécifique : narines obstruées de croûles, respiration difficile. Les veines superlicielles de la tête sont ectasiées.
Nous faisons le mème jour une injection de 2 milligrammes de biiodure aqueux dans la fesse. Puis on répète les injections tous les deux jours à la dose de 2 milligrammes 1/2 ; on fail ainsi six injections.
Dès le 12 février, l'amélioration est notable: le ventre est redevenu souple; la circulation collatérale de l'abdomen a presque subitement disparu. Le nez est désobstrué. Le foie et la rate ont diminué de volume ; le testicule a repris à peu près son volume el sa consistance normaux.
Le 16 février, la guérison est complète. Les injections ont été parfaitement tolérées.
L'enfant a été revu plusieurs fois depuis cette époque. I n'est plus survenu aucun accident spécifique, mais le traitement a été continué d'une facon intermittente.
Observation VII
ScHwan et Lévy-Bixc. (Bulletin de la Société d'Obstétrique, 1903.)
Enfant né Je 50 octobre 1903. Syphilis viscérale (augmentation du volume du foie et de la rate, diminution insolite du poids). Mère quintipare, 26 ans, blanchisseuse, mariée, ne présente aucun stigmate de syphilis.
ere
Premier accouchement, il y a huit ans, d'un enfant à terme, vivant el actuellement bien portant.
Deuxième accouchement à terme d'un enfant vivant, mort de pneumonie à trois ans.
Troisième accouchement prématuré, à sept mois, d'un enfant mort et macéré.
Quatrième accouchement, il y à deux ans, à terme, d'un enfant vivaut. La grossesse aclueile se termine le 30 octobre 1903 par la naissance d'un enfant de 3.000 grammes, né élonné el eyanosé. Placenta, 680 grammes.
Le 31 octobre 1903, poids 2.885 gr. Temp. : malin, 58": soir, 3704
Le 1°" novembre, poids 2.700 gr. Temp. : matin, 37°; SOIr, 30°8.
Le 2 novembre, poids 2.600 gr. Temp. : matin, 370:
soir. 36°5.
Le 4 novembre, poids 2.550 gr. Temp. : matin, 3808 : sol£, 3892.
L'enfant boit difficilement : son état général est mauvais, on le met en couveuse.
En présence de cette diminution insolite du poids de l'enfant, de son élévalion de tempéralure, de Faugmentalion du volume du foie, nous commencons le {raitement par les injections mercurielles.
L'enfant est très pale, le facies est celut d'un hérédo-svphilitique. Ilexiste une circulation abdominale collatérale assez prononcée, la rate est manifestement plus grosse que pormalement. et déborde le rebord des fausses côtes. Le foie est aussi augmenté de volume, Pas de svphilis eulanée, pas de corvza. Le soir du 4 novembre, on faitune injection, dans le dos, de 1! milligramme de biicdure de mereure en solution aqueuse,
Le 5 novembre, poids 2,935 gr, Temp. : 398 et 3708,
On fait une injection à 1 milligr. 1/2 de biiodure de mercure,
Le 6 novembre, poids 2,550 gr. Temp. : 37°8 el 3495.
Injection de 1 milligr 1/2 de biiodure.
Le 7 novembre, poids 2.590. Temp. normale.
L'état général est bien meilleur, la päleur moins pro-. noncée. La rate semble légèrement diminuée de volume. Injection de 1 milligr. 1/2 de biiodure.
Le 8 novembre, poids 2.565. Injection de { milligr. 1/2.
Le 9 novembre, poids 2.625. Injection de 1 milligr. 1/2.
Le 10 novembre, poids 2.635. Pas d'injection.
Le 11 novembre, poids 2.685. Injection de { milligr. 1/2.
Le 12 novembre, poids 2.695. Injection de { milligr. 1/2.
La circulation collatérale a presque disparu. La rate est beaucoup moins grosse.
Le 13 novembre, poids 2.695. Pas d'injection.
Le 14 novembre, poids 2.710. Injection de 1 milligr. i/2. On met l'enfant au berceau. .
Le 15 novembre, poids 2.720. Injection de 1 milligr. 1/2. Le 16 novembre, poids 2.745. Injection de 1 millige. 1/2.
Le 17 novembre, poids 2.760. L'enfant quitte le service en très bon état, quoique un peu pâle.
I revient à la Clinique le 26 novembre, on lui fait cette fois une injection d'huile grise de 0 gr. 01 d'Hg.
L'enfant est revu le 8 décembre. Il n'est survenu aucun phénomène d'intoxication.
Observation VIII
MAL. Scuwas et Lévy-Bixc. Bulletin de la Société d'Obstétrique de Paris, décembre 1903.)
Enfant débile d'aspect cachectique, né à Lariboisière, de mère srphililique.
Femme primipare, 23 ans. Au début de la grossesse, elle a présenté des boutons sur les grandes lèvres, chute des cheveux. Elle arrive dans le service du D' Bonnaire le 18 octobre 1903. Accouchement le mème jour. L'enfant pèse 1.700 gr. ; le placenta, 400 gr.
L'enfant, faible, réagit peu, crie mal. Il ne présente pas cependant de lésions de syphilis héréditaire,
Du 18 au 30 octobre, la courbe de son poids est la suivante : 1.700 gr., 1.590, 1.590, 1.615, 1.590, 1.590, 1.600, 1.610, 1.600, 1.575. Pendant ce temps, M. Bonnaire préconise des frictions mercurielles. L'enfant boit au verre, mais difficilement.
Le 30 octobre, en présence de la diminution du poids de l'enfant et de son aspect cachectique, M. Bonnaire nous demande de commencer les injections de biiodure de mercure.
A partir du 30 octobre, nous faisons chaque jour une injection de 1 milligramme de biiodure en solution aqueuse jusqu'au 16 novembre. L'enfant reçoit ainsi dix-sept injections, au total, 17 milligrammes de biiodure,
Le 18 novembre, l'enfant pèse 1.800. En mème temps que le poids a augmenté, l'état général s’est amélioré rapidement,
L'enfant a extrémement bien supporté les injections. Il n'y à jamais eu la moindre réaction locale.
Observation IX
MM. Scenwas et Lévy-Bixc. (Bulletin de la Société d'Obs'étrique de Paris, décembre 1903.)
Enfant débile, né à Lariboisière le 24 octobre 1903, d'une mère syphilitique.
Diminution du poids, malgré les frictions mercurielles, Grosse rate.