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Observation XV
M. Vénox. (Bulletin de la Société Scientifique et Médicale de l'Ouest, 1906.
R. nait à ki Maternité de Rennes le 11 mars 1906, à 6 heures 1/2 du matin, d'une primipare chez laquelle il est impossible de déceler aucun stigmate de syphilis.
L'accouchement se fait à terme, spontanément ; le liquide amniolique, qui s'écoule au moment de la rupture de la poche des eaux, est d’abondance insolite. La délivrance est naturelle, le placenta pèse 600 grammes. Le poids de
l'enfant à sa naissance est de 3,300 grammes. te]
Le 13 mars, quarante-huit heures après l'accouchement, le nouveau-né est atteint de convulsions généralisées qui se se répétent un grand nombre de fois dans la journée et Ja nuit suivante.
Le 14 mars 1906, accomplissant notre visite hospitalière, nous sommes mis au courant des accidents convulsifs survenus depuis la veille chez cet enfant, que nous examinons alors complètement.
On constate sur lui des lésions manifestes d’hérédosyphilis : le crâne asymétrique est natiforme ; le front est ridé, et les téguments du visage présentent une teinte grisätre terreuse, d'aspect caractéristique. La lèvre supérieure est notablement voûtée ; il existe en même temps du coryza, le ventre est gros, le foie et la rate sont hypertrophiés : la région anale est en outre le siège-de rhagades et de syphilides papuleuses. |
L'enfant, dont le poids est descendu à 3.230 grammes, a sous nos yeux une série de crises couvulsives.
Le traitement anti-syphilitique par injection intra musculaire de biiodure de mercure en solution aqueuse est ins-
litué,
On fait une premiere série de douze piqûres :
Le 14 mars 1906, poids de l'enfant 3.230. Inj. de 1/4 de mmgr,
Le 15 — 3.250. —
» 16 211 3262. Ini. de 1/2 nulhgr.
4e 16 j pet =. = 3.300.
18 = — 3.255. Ini. de 1 millier.
€ j Le 19 2 3.240. 27
Le 20 —— 31270; = —
Le 21 2E 3.140. — —
Le 22 == ==: 3455: É — Ben? — 3.180. — —
Le 24 — nl 3.250: 2
Le 25 = E 3.260. — —
La mère, qui allaite son enfant, prend en mème temps. chaque jour, deux cuillerées à soupe de sirop de Gibert,
Sous l'influence de cette médication, on voit, au bout de quelques jours, les convulsions généralisées diminuer de fréquence et d'intensité, puis bientôt disparaitre pour faire place à des convulsions localisées aux muscles de la face et du cou. Ces convulsions partielles cessent elles-mêmes de se produire à bref délai. Le coryza. les fissures labiales et enales s'atténuent, l'état sénéral de l'enfant est satisfaisant.
Du 26 mars au 4 avril 1906. le nonveau-né s'accroil régulièrement ; il augmente de 450 grammes dans ce laps de temps, soit neuf jours.
La mère sort de la Maternité le 4 avril 1906, emportant son enfant, qui pèse alors 3,730 grammes. Deux jours plus lard, le 6 avril, elle le ramène dans le service, réclamant son hospitalisation. L'enfant a perdu 100 grammes en quarante-huit heures, son front est ridé, le teint de son visage est terreux, le coryza à subi une nouvelle recrudescence, le ventre est encore volumineux, el les régions anale et fessière sont le siège d'un érythème prononcé.
À partir du 8 avril. une nouvelle série de quinze injeetions est faite. On commence par un demi-milligramme de
biiodure, et, dès le troisième jour, la dose est portée à un
milligramme ; on continue ainsi à la dose quotidienne de un milligramme jusqu'au 22 avril.
Au cours de cette deuxième série d'injections, l'enfant est atteint d'une bronchite généralisée qui débute le 19 avril : l'auscultation révèle des ràles sonores, puis humides, disséminés dans toute la poitrine.
Le nouveau-né, en raison de ses accidents bronchitiques, est mis en couveuse : on lui administre un bain sinapisé malin et soir, et on lui fait trois fois par jour, dans chaque narine, une instillation de quelques gouttes d’une solution à 20 °/, d'eau oxygénée.
Le corvza persiste, mais les lésions cutanéo-muqueuses de l'anus et des lèvres s'améliorent, en même temps que le foie diminue de volume.
Durant cette seconde série d'injections mercurielles, la courbe de poids de l'enfant est régulièrement ascendante et continue du reste dans la suite à progresser d'une façon à peu près constante.
Les 24, 25 et 26 avril 1906, la bronchite va s'atténuant.
Le 5 mai, l'enfant pèse 4.500 grammes ; il a gagné 1.000 grammes depuis sa naissance, c'est-à-dire en cinquante-cinq jours.
Le 6 mai, le petit malade perd 50 grammes, et son poids demeure stationnaire le lendemain. L'état de l'enfant n'est pas mauvais, mais le Coryza persistant, d'une part, et la courbe de poids ne faisant plus de progrès, d'autre part, une troisième série d’injections de biodure est pratiquée durant douze jours consécutifs.
L'enfant reçoit alors, du 7 au 19 mai, 11 milligrammes de biiodure de mercure.
La courbe de poids devient de nouveau ascendante. À la fin de cetle troisième série de piqüres, l'enfant pèse k.530 grammes.
Les rhagades de l'anus ont disparu, le foie et la rate paraissent de volume normal, le corvza est très amélioré,
et l'état général semble excellent.
L'enfant sort de la Maternité le 26 mai 1906, pesant alors 4.790 gr.: il a deux mois et demi, et son poids initial élait de 3.360 grammes.
Les piqûres de biiodure n'ont provoqué aucun phé-
nomène d'intoxicalion.
Observation XVI Inédite
(Recueillie dans le service de M. le docteur Bonnuire)
Enfant né à Lariboisicre le 17 août 1906, d'une mere syphilitique qui n'a pas été traitée.
À sa naissance, il ne présente aucune lésion apparente de syphilis ; aussi ne tarde-{-il pas à sortir de la Maternité.
Un mois et demi après, cependant, sa mère le ramène à Lariboisière. Elle s'est aperçue qu'il remuait difficilement les deux bras.
À son arrivée à la Maternité, on constate, en effet, que l'enfant présente une parésie assez accentuée des deux bras, qu'il ne peut soulever. On pose alors le diagnostic de pseudo-paralysie syphilitique de Parrot, d'autant plus volontiers d'ailleurs que l'enfant a un coryza et des lésions anales suspects, L'anémie est profonde, le facies jaune terreux, le ventre lendu, avec cireulalion collatérale marquée.
On commence aussitôt le traitement par le biiodure,
On fait quotidiennement une piqûre de 1 milligramme pendant quinze jours. La paralysie ne tarde pas à céder sous l'influence du traitement, Mais, comme les autres lésions persistent, on continue les injections, à la dose quotidienne de 2 milligrammes cette fois. Au bout de quelques jours, le corvza s'atténue, et les syphilides papulo-érosives de l'anus se flétrissent.
On constate loujours cependant une diminution considérable du nombre des globules rouges. Le facies reste lerreux.
Nous n'avons pas revu l'enfant, que la mère ramène
tous les huit jours à la consultation de Lariboisière.
Observation XVII Inédite)
Recueillie dans le service de M. le D' Bonnaire)
Enfant né à Lariboisiere en décembre 1905, de père et mere syphilitiques.
La mère a déjà eu trois avortements, Avant celle dernière grossesse, elle s'est traitée, parait-il, assez régulièrement. 2
À sa naissance, l'enfant à un bel aspect : il pèse 3.500 grammes et ne présente aubune lésion apparente.
Deux mois après, sa mère le ramène: il a un COryza, présente des lésions érosives sur le nez et des croûtes autour de la bouche. Syphilides papuleuses à l'anus et aux jambes. |
On commence alors le traitement mereuriel. Trois fois par semaine, on fait à l'enfant des injections de { milliœramme de biüodure. Pendant huit mois, le trailement est continué, entrecoupé de repos, naturellement.
Nôus avons vu l'enfant en novembre dernier, Il avait alors onze mois et pesait 1.900 grammes. Les lésions syphililiques avaierit à peu près complètement disparu.