HISTORIQUE
C’est à l'étranger qu'ont été faits les premiers essais de la méthode des injections mercurielles dans le traitement de la syphilis infantile.
En 1869, Monti, de Vienne, traite sept enfants de un à cinq ans par des injections de 0 gr. 001 àOgr. 002 de sublimé. Ii obtient quatre guérisons, mais il a sept abcès.
En 1873, Larrieu écrit que le traitement par les injections de bichlorure de mercure est tout à fait indiqué chez les enfants, parce qu'il n’apporte aucun trouble avec lui dans les fonctions qui doivent se développer constamment.
Tel n’est point cependant l'avis de Parrot, qui prétend que « c’est là une méthode à laquelle il ne faut accorder aucune espèce de confiance ».
Après une période d’oubli, la question est reprise par Lorey au Congrès de la Société de Pédiâtrie de Fribourg. Lorey préconise chez le nourrisson des injections sous-cutanées de sublimé, en solution aqueuse, à la dose quotidienne de 1 à 2 milligrammes,
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Smirnoft, la même année, recommande chez les enfants de un à deux ans des injections de calomel à la dose de O0 gr. 024 à 0 gr. 056.
Cochery dit dans sa thèse que « les enfants supportent admirablement les injections mercurielles, qui ne provoquent chez eux que des eflets locaux tout-à-fait insignifiants ».
En 1891, MM. Montcorve et Ferreira publient une série d'observations de syphilis infantile traitée et guérie par les injections mercurielles. Comme sel soluble, ils préconisent le sublimé en solution aqueuse à la dose de 1 à 2 milligrammes pour chaque injection ; comme sel insoluble, ils donnent la préférence à l'huile grise.
En 1594, Heubner essaie chez le nouveau-né les injections de sublimé, mais il les abandonne parce qu’il les considère comme trop douloureuses.
Jacobi, en Allemagne, recommande les injections de sublimé: à la dose quotidienne de 1 à 2 milligrammes.
En 1897, un Russe, M. Fedtchenko, expérimente à l'hôpital régional des Enfants-Assistés de Moscou les injections mercurielles chez deux cents petits syphilitiques. Il emploie le benzoate de mercure à la dose de un milligramme à un milligramme et demi chez les enfants âgés d’un à quatre mois, à la dose de deux milligrammes à deux milligrammes et demi chez ceux de quatre mois à un an. Ces injections, toujours intra-musculaires, donnèrent d'excellents résultats.
Un autre Russe, M. Prokhorow, employait à doses massives les sels solubles, et particulièrement le biiodure. Il injectait tous les dix jours un milli-
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gramme et demi de ce dernier sel par kilogramme de poids chez l'enfant. Malgré ces très fortes doses, il n’a, paraît-il, jamais noté de phénomènes d’intoxication. Aucune lésion n'aurait résisté à ce mode de traitement.
Peu de temps après, M. Francisco L. Mario reprenait, tout en la modifiant légèrement, la méthode de Prokhorow. Il en obtenait de très beaux succès.
En France, on commença alors à s'intéresser à la question, et M. Emery, dans son livre sur le traitement de la syphilis, se montre partisan des injections chez l'enfant, tout en reconnaissant qu’elles ne sont pas entrées dans la pratique courante. Il donne la préférence à l'huile grise comme sel insoluble, au benzoate comme sel soluble.
Plus récemment, M. le professeur Hutinel a fait avec succès, chez un enfant atteint d’ulcère syphilitique de l’ombilic, des injections ‘quotidiennes de six gouttes d'huile biivdurée hydrargyrique.
A peu près à la même époque, M. Imerwol, à l'hôpital des Enfants de Jassy, en Roumanie, a expérimenté, à l'instar de Prokhorow, chez un grand nombre d’enfants syphilitiques, les injections intramusculaires de sublimé à doses massives. Il en a toujours obtenu de bons résultats.
Mais il nous tarde de citer MM. Schwab et Lévy- Bing, auxquels il faut arriver pour voir traiter systématiquement chez nous les petits syphilitiques par les injections mercurielles. Ce sont eux qui, il y a deux ans environ, ont attiré l'attention sur cette question.
Ces deux expérimentateurs ont employé d’une
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façon suivie les injections de sels mercuriels solubles ou insolubles. Ils n’ont obtenu que des succès.
S'inspirant de leur méthode, deux de nos maîtres de l'Ecole de Rennes, MM. les professeurs Bodin et Véron, ont obtenu, l’un en 1904, l’autre cette année même, deux beaux succès par les injections de biiodure de mercure. Leurs observations sont relatées ici.
Si la méthode des injections mercurielles donne toujours chez l’enfant même de très bons résultats, elle n’a pas recueilli pourtant tous les suffrages. MM. Comby et Hallopeau paraissent rester fidèles aux frictions, et on peut s'étonner que M. H. de Rothschild, dans son volumineux Traité d'Hygiène et de Pathologie du Nourrisson et des Enfants du premier âge, paru récemment, passe la méthode des injections sous silence.
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