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Avantages et inconvénients des différents modes d'administration du mercure dans la Syphilis du nouveau-né.
Supériorité de la méthode des injections.
Pour mieux faire ressortir les avantages de la méthode des injections, nous croyons bon de dire auparavant ce qu'il faut penser des autres méthodes : l’ingestion, les frictions et la balnéation.
1° Ingestion. — C’est sous forme de liqueur de Van Swieten qu’on prescrit le mercure par la voie buccale. Pendant le premier mois, on donne généralement X gouttes trois fois par jour dans du lait; pendant le deuxième mois, XX gouttes ; pendant le troisième mois, XXX gouttes, etc. ; à partir d’un an, on peut donner 4 à 5 grammes de liqueur de Van Swieten.
Cette méthode, croyons-nous, ne présente que des inconvénients. D'abord, elle agit lentement, alors que la syphilis du nouveau-né réclame un traitement intensif et à action rapide.
De plus, si l'enfant est atteint de troubles gastrointestinaux, une partie peut-être importante du sel
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mercuriel sera éliminée par les vomissements et les fèces, et on ne pourra savoir quelle est a quantité de médicament utilisé et absorbé, sans doute une quantité tout-à-fait insuffisante. Au reste, le mercure ingéré n'est-il pas capable de provoquer à lui seul des troubles gastro-intestinaux ? Comment saura-t-on alors, au cours du traitement, si les troubles digestifs sont dus à une alimentation mauvaise ou bien plutôt au mercure ? « Le nouveau-né et le tout jeune enfant, a dit Fournier, ne tolèrent le mercure ingéré qu’à doses suffisantes pour les laisser mourir. »
En conséquence, le médecin ne devra employer qu’exceptionnellementl’ingestion, quiest une méthode lente, insuffisante et parlois dangereuse.
2° Frictions. — C'est sous forme d'onguent rapolitain que sont faites les frictions, au niveau du thorax, du ventre, de la face interne des cuisses, des mollets. Cette méthode, dont M. Comby s’est fait l’ardent défenseur, est certainement supérieure à la précédente ; elle présente d’incontestables avantages : elle agit rapidement et sûrement, elle est d'application facile partout, à la campagne comme en ville. A côté de cela, que d’inconvénients elle présente! Nous ne savons pas d’abord, par cette méthode, quelle dose de médicament est absorbée. D’après MM. Carle et Boulud, qui ont étudié très-sérieusement la question, il y a, en effet, des épidermes réfractaires à la pénétration. Ces deux auteurs n’ont pu déceler dans certains cas, à la suite des Îrictions, la plus légère trace de mercure dans les urines. De plus, les frictions sont contre-indiquées par les multiples lésions irritatives de la peau, communes chez le nourrisson, sans compter qu’elles peuvent provoquer par elles-mêmes, vu
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la susceptibilité des téguments des jeunes enfants, des érythèmes, de l’eczéma, des furonéles, des abcès ; enfin, d'après le professeur Monti, la mort subite par ædème pulmonaire et cérébral serait plus à craindre avec cette méthode qu'avec toutes les autres. Du reste, c’est une méthode sale, que l’on hésiterait à employer dans certains milieux.
3° Balnéation. — Dans une baignoire contenant de dix à trente litres d’eau, on met un paquet de sublimé de 1 à 3 grammes, suivant l’âge ; le bain dure dix minutes environ.
Disons tout de suite que c’est la pire de toutes les méthodes. Méthode toujours aveugle, elle est dangereuse où insuflisante, car, suivant l’état de la peau, l'absorption sera ou trop forte ou trop faible.
4° Injections. — La méthode des injections nous semble avoir sur les autres méthodes une supériorité incontestable, sinon incontestée.
Par cette méthode, l'absorption est complète, rapide et sûre. L'injection jetteimmédiatement et directement dans le torrent circulatoire la substance active, qui apparaît dans l'urine dès les premières heures.
« Les sels mercuriels, dit Lévy-Bing, administrés par la voie buccale, doivent au contraire, pour être assimilés, et, par conséquent, utilisés par l'organisme, traverser les mésaraïques, la veine-porte, el arriver au foie, qui retient la plupart des métaux. Or, comme le mercure prépare les altérations du foie, et que le foie atténue l’action du mercure, la méthode des injections pare à un double inconvénient. »
Elle permet aussi un dosage rigoureux de la subs-
tance à employer ; ni avec les frictions, ni avec la liqueur de Van Swieten, ni surtout avec les bains, on ne sait la quantité de mercure absorbée.
Elle respecte l'appareil digeshif et la peau, et, par conséquent, évite souvent à l'enfant des troubles gastro--intestinaux et des érythèmes.
C’est enfin une méthode propre et qui exclut toute supercherie, puisque le médecin seul peut faire l’injection.
La méthode des injections présente cependant, il faut bien le reconnaître, quelques inconvénients. Il est vrai que les accidents qu'elle peut causer sont devenus très rares depuis qu’on en connait mieux la technique. L’embolie, l'accident le plus grave qu’on signale, ne doit plus exister aujourd'hui, puisqu'on sait qu’il faut procéder en deux temps pour les injections insolubles. Les indurations et les nodosités qu’on observe souvent disparaissent assez rapidement. C'est, en tous cas, un inconvénient bien minime.
Quant aux abcès, ils sont devenus une exception depuis qu'on procède suivant les règles de l’antisepsie et de l’asepsie.
Le seul reproche que l’on puisse faire aux injections est qu’elles causent une certaine douleur, douleur immédiate, mais éphémère avec les injections solubles, tardive, mais prolongée avec les injections insolubles. Encore cette douleur, avec laquelle il faut compter chez l'adulte obligé de vaquer journellement à ses occupations, est-elle de minime importance chez l'enfant, chez le nouveau-né surtout, qu’on peut si facilement garder au lit.