‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 100 sur 610 · FUMIGATIONS MERCURIELLES · texte numérisé non relu

FUMIGATIONS MERCURIELLES

De même que les frictions, les fumigations hydrargyriques furent employées de très bonne heure, dans le traitement de la syphilis, à une époque voisine du début de l'endo-épidémie du seizième siècle, longtemps avant l'administration du mercure à l'intérieur. L'abus des fumigations causa de graves désordres et les fit tomber dans un discrédit mérité. De nos jours, quelques praticiens ont cherché à réhabiliter la méthode par la mesure, la réserve et l'opportunité de son application.

I. Peut-être leur enthousiasme est-il allé un peu trop loin dans une tentative si estimable et si digne d'être encouragée. Celui qui en a eu le premier l'idée, M. Langston Parker (de Birmingham), ne dit rien moins que ceci : « Les fumigations mercurielles constituent le traitement le plus sûr, le plus actif, le plus certain, le moins fréquemment suivi de récidives et le plus efficace dans les cas opiniâtres. » N'y a-L-il pas là beaucoup d'exagération? MM. Henri Léo, Bumstead (de New-York), Henri Guéneau de Mussy, Ilorleloup, Duncan, ont aussi expérimenté les fumigations. Ils n'emploient que celles de calomel purifié, pour éviter L'irritation de la muqueuse des voies respiratoires provoquée par des vapeurs de cinabre, et s'accordent à vanter leurs effets curatifs et l'innocuité âe leur application.

Comment ces fumigations agissent-elles ? Est-ce par la peau ou par la muqueuse pulmonaire, ou par ces deux voies que se fait

RYDRARGYROTHÈRAPIE DERMO-I'liLMON AIRE.

l'absorption du principe médicamenteux, c'est-à-dire du calomel vaporisé ?

Bumstead (de New-York) pensait que l'absorption parla peau est très faible ; qu'elle s'effectue surtout dans les petites ramifications bronchiques et les cellules pulmonaires, et que l'effet sur toute l'économie est en raison directe de la quantité de vapeurs inhalée par le patient.

Voici comment on procède :

On enferme le malade dans une chambre close; on le recouvre de tissus molletonnés ou d'une couverture de laine, afin de faciliter la sudation, et on le laisse exposé, pendant vingt-cinq ou trente minutes, aux vapeurs médicamenteuses qu'on obtient de la manière suivante : sur un appareil à chauffer, on place une cuvette remplie d'eau; au milieu de cette cuvette, on installe une coupelle de métal dans laquelle on a mis de 1 gramme à 3 ou 4 grammes de calomel. 11 faut plus d'un quart d'heure, en chauffant bien, pour que tout le calomel se vaporise. Ses vapeurs se mêlent à celles de l'eau, et, au bout de dix minutes environ, les malades sont couverts de sueur. L'opération est répétée tous les deux ou trois jours, et la moyenne du traitement est de dix-neuf fumigations. Il importe d'employer du calomel à l'état de pureté parfaite et bien lavé, afin qu'il ne contienne aucune trace d'acide chlorhydrique. parce que les vapeurs de cet acide irriteraient la muqueuse respiratoire.

Pour la fréquence des fumigations, on se réglera sur la force des sujets et le degré de l'action mercurielle. Dans les cas de syphilis secondaire, lorsque le malade est vigoureux, on pourra faire une fumigation tous les soirs. Chez les patients débilités et dans les syphilides tertiaires qui n'exigent qu'une faible médication mercurielle, on n'y aura recours qu'une ou deux fois par semaine. Pendant toute la durée du traitement par les fumigations, le malade portera de la flanelle et suivra une bonne hygiène. Les accidents qu'elles produisent quelquefois se bornent à un sentiment de faiblesse, accompagné de maux de tête, plus rarement à un peu de salivation et de diarrhée.

II. Cette méthode, qu'on pourrait appeler dermo-pitlnxnutirr. mais qui est bien plus pulmonaire que dermique, puisque ses effets dépendent surtout de la quantité de vapeurs mercurielles introduites dans les voies respiratoires, ne deviendra jamais une méthode usuelle et courante. Ses avantages sont loin de compenser ses inconvénients, et je suis convaincu que ceux qui la prônent le plus n'y ont que rarement recours.

« Si les fumigations, sous la forme mitigée où on les emploie aujourd'hui, disais-jc dans mon rapport sur celle question, peuvent rendre des services qu'on aurait tort de dédaigner, elles sont loin d'être dignes du rôle capital que quelques médecins voudraient

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