‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 101 sur 610 · DANGER DES FUMIGATIONS MERCURIELLES · texte numérisé non relu

DANGER DES FUMIGATIONS MERCURIELLES

leur donner clans là thérapeutique de la syphilis. Fussent-elles bien plus actives qu'elles ne le sont, elles auront toujours contre elles l'embarras, la difficulté de leur application. Elles resteront à l'état de méthode exceptionnelle, expérimentale et satellite d'autres médications plus simples, plus puissantes, d'un maniement plus facile et d'un dosage plus calculable. » Voyez Bulletin de la Société médicale de Paris, 1875.

La pratique des fumigations est tombée en désuétude et a été condamnée depuis longtemps comme méthode usuelle de traitement. Elle est fort peu commode; son application n'est relativement facile qu'à l'hôpital. Mais, dans la clientèle privée, elle cause tant d'embarras par son installation ; elle devient si compliquée, si gênante, si coûteuse, si compromettante, qu'il serait difficile et même impossible de la faire accepter par un grand nombre de patients. Elle ferait perdre au moins deux heures tous les jours. Les frictions, si désagréables à tant d'égards, sont un jeu à côté des fumigations. Un des médecins qui les ont le plus vantées au siècle dernier, Lalouette, prétendait que son système « alliait la sûreté à la commodité, et que 20 à 25 fumigations suffisaient communément pour guérir les véroles ordinaires ». N'est-ce pas comique? Mais ce qui l'est encore plus et défie tout dans ce genre-là, c'est quand le même Lalouette, sans souci du remue-ménage qu'exigent les fumigations dans un appartement, met le secret au nombre des avantages qu'elles procurent. Il faut lire ça pour y croire : « Dans nos fumigations, dit-il, on se dérobe à la curiosité indiscrète des domestiques, à la vigilance de ceux dont on redoute l'inspection... Par ce moyen, les fautes seront couvertes d'un voile épais et la bonne intelligence sera maintenue dans les familles. » — Quel dommage qu'il n'ait pas ajouté qu'on pourrait s'en servir aisément en voyage ! — C'eût été parfait.

L'hydrargyrothérapie par les fumigations n'est ni aussi puissante, ni aussi active qu'on l'a dit. Où en sont les preuves? Qu'elle favorise la guérison de quelques syphilides, c'est possible et même certain, si l'on veut, sans qu'il y ait là toutefois rien de particulièrement extraordinaire. Mais cette influence curative est de courte durée, presque éphémère et n'a ni profondeur, ni longue portée. Du reste, a-t-on jamais traité une syphilis exclusivement, pendant trois ou quatre ans, avec les fumigations?

Accordons-leur qu'elles laissent indemnes les organes digestifs. Mais voyez, que d'inconvénients et de dangers contrebalancent cet avantage! Stomatite assez souvent, parfois débilitation générale et sueurs profuses (Bumstead et Duncan) ; toux, spasmes laryngés, bronchites, suffocations violentes (Duncan, Horteloup). — L'inhalation développe surtout ces derniers accidents, el elle a quelquefois déterminé la mort (Henri Lée). M. Rollet raconte que la plus violente stomatite qu'il ait jamais vue fut causée par des inhalations de cinabre.

Ajoutez qu'on ne sait jamais avec les .fumigations où ou en est en l'ail d'absorption mercurielle. De toutes les méthodes, c'est celle dont le.

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maniement est le plus difficile; nous n'avons aucun moyen de la doser et de la gouverner à notre gré. Thérapeutique ou toxique, ses effets sont livrés au hasard et à L'imprévu.

III. Un procédé qui se rapproche des fumigations ou mieux des inhalalions, c'est celui qui consiste à faire respirer aux malades les vapeurs mercurielles qui se dégagent de tissus imprégnés d'hydrargyre. Il a pour principe un fait mis hors de doute dans ces dernières années, l'extraordinaire volatilisation du mercure aux températures ordinaires et, bien plus encore, à la température du corps. On avait songé depuis longtemps à utiliser cette propriété. Dans sa Clinique des maladies syphilitiques, publiée en 1826, Devergie écrivait : « La volatilité dont est doué le mercure a donné naissance aux ceintures et corsets piqués, renfermant de ce métal, qui furent en vogue pendant un certain temps, à Paris, pour le traitement de la syphilis. »

Ces tentatives étaient tombées dans l'oubli, lorsque M. Merget a eu l'idée de les reprendre en leur donnant une base scientifique digne de toute confiance.. Nous étudierons plus tard ses belles recherches sur le mercure. Bornons-nous maintenant aux déductions pratiques qu'il en a tirées. Les tissus mercurialisés dont il est l'inventeur consistent en des étoffes de molleton et de flanelle, imbibées d'une solution d'azotate de protoxyde de mercure qu'on réduit par l'ammoniaque, pour en obtenir une poudre impalpable de mercure précipité, d'un gris noirâtre, intimement incorporée dans le milieu de l'étoffe et placée dans les conditions les plus propres à se volatiliser. Découpez dans cette étoffe des morceaux de telle ou telle dimension, suivant les cas; enveloppez-les d'un linge: placez-les sous la taie d'oreiller ou sur le traversin où pendant sept ou huit heures le malade va reposer sa tête, et vous fournirez à ses poumons une salutaire inhalation de vapeurs mercurielles. Et si cela ne suffit pas, suspendez-lui devant la poitrine un plastron taillé dans la même étoffe, et il aura l'avantage de ne pas interrompre son traitement pendant le jour, car le mercure, volatilisé par la chaleur du thorax, ne manquera pas de dégager des vapeurs qui se fraieront à travers les linges et la cravate une voie vers les narines, etc., etc. Cette méthode thérapeutique peut donner, ainsi que M. Merget l'a constaté, des résultats curât ifs remarquables. Mais comment la régler, la doser rigoureusement, la rendre très pratique, en l'utilisant pendant toutes les phases de la s\ philis?

SECTION III

BALNÉATION MERGURIELLE.

Tous les modes de balnéation ont leur place dans le traitement de la syphilis. Chacun d'eux y joue un rôle plus ou moins considérable qui sera spécifié ultérieurement. Ici, je n'ai a m'occuper que de la balnéation rendue médicamenteuse par l'addition du mercure.

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