PRINCIPAUX SELS DE MERCURE EMPLOYÉS
Dans une communication l'aile à la Société française de dermatologie et de syphiliographie, en 1892, un professeur agrégé au Val-de-Gràce, des plus distingués, M. le docteur Burlureaux, a proposé un nouveau procédé d'injection au sublimé, sous la forme d'injection huileuse.
Le sublimé doit être dissout préalablement dans de l'éther.
L'injection suivante est très bien supportée localement, et l'absorption de l'huile produit un effet tonique (Ceuyl.) :
1f> Huile stérilisée 100 grammes.
Sublimé 1 gramme.
On a préconisé aussi l'injection intramusculaire de solutions de sublimé à 1 gramme, 2 grammes et même 5 grammes pour 100 : une seringue de Pravaz, tous les huit jours. MM. Lukasiewicz et Lassus ont vanté son efficacité et son innocuité.
2° Peptonate de mercure. — Il paraît que les chloro-albuminates ou peptonates de mercure n'existent pas à l'état de composés définis. Quoi qu'il en soit, les injections de peptonate mercurique-ammonique de mercure ont eu en France une certaine vogue, parce qu'elles passaient pour être plus douces et mieux tolérées que la solution de Lewin. Chaque seringue contient environ 1 centigramme de bichlorure.
3° Benzoate de mercure solubilisé par le chlorure de sodium. Il a été introduit dans la thérapeutique, en 1888, par M. Sloukowenkoff (de Kiew). Voici la formule de la solution :
Benzoate de mercure 30 centigr.
Chlorure de sodium 10 —
Chlorhydrate de cocaïne 15 ■ —
Eau distillée 40 grammes.
Cette préparation a été expérimentée par MM. Balzer et Tiroloix, à l'hôpital de Lourcine. Son action thérapeutique est peu prononcée. Elle a l'avanlage de produire une faible réaction locale, rarement des infiltrats persistants et pas d'accidents gastro-intestinaux. Chaque injection contient 1 centigramme, et on en fait une tous les jours. Il en faut de 15 à 20 pour faire disparaître les manifestations de moyenne intensité. Dans les cas graves, de 40 à 50. On se servira de préparations récentes, car il se dépose dans le flacon une poudre blanche et la solution se dépouille peu à peu de son mercure. (Cochery, Traitement de la syphilis par les injections sous-cutanées de benzoate de mercure. Th. Paris. 1890.)
4° Formamidc de mercure. — C'est, d'après le professeur Pouchet, un composé instable, à proportions encore mal définies. Introduit dans la thérapeutique par Liebreich en 1883. Expérimenté par MM. Zeissl, Vyshogrod, Gay, Taylor, et surtout C. Kopp. Injection quotidienne de 1 centigramme. Dansles cas qui exigeaientun traitement intensif. M. Kopp faisait deux injections par jour. Il est même allé jusqu'à trois quotidiennement, sans aucun inconvénient notable. Cependant l'auteur a signalé comme phénomènes accessoires, dans 126 cas : douleurs au point injecté, 34 fois; nodosités et infiltrais inflammatoires, 41 fois;