DANS LE TRAITEMENT PAR INJECTIONS SOLUBLES
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abcès, 1 fois; salivation et stomatite, 12 fois; érytnème généralisé,, 1 fois; eczéma des membres inférieurs chez un homme, néphrite parençhymateuse chez une femme. Ces injections ne sont donc pas aussi inoffensives qu'on veut bien le dire.
Le mercure qu'elles renferment s'élimine très promptement par les urines qui n'en contiennent plus cinq semaines après qu'on a cessé les injections. M. Kopp trouve que l'action curative du formamide de mercure est peu prononcée et ne se développe que contre les formes les plus légères et les plus superficielles des manifestations secondaires. Il l'attribue à son élimination rapide, qui ne lui permettrait pas d'agir pendant un temps suffisant pour neutraliser ou détruire le virus.
Et voyez comme on s'entend peu pour cette question. M. Wolff, au contraire, attribue un avantage particulier aux préparations mercurielles d'alanine, d'asparagine et de glycocol, en raison de leur prompte élimination. Les tissus libres de mercure sont, d'après lui, plus accessibles à l'action curative de ce métal crue ceux qui en sont imprégnés. Aussi les récidives, après les frictions, offrent-elles beaucoup plus de résistance au traitement que celles qui surviennent après les injections.
Ce sont là de pures hypothèses. M. Kopp croit qu'il n'existe aucune différence entre l'intensité et la résistance des récidives après la cure par frictions, et celles après la cure par injections.
Avec le formamide de mercure, les récidives sont fréquentes, au moins autant qu'avec les autres méthodes. Dans la syphilis non traitée, elles sont de 93 pour 100 (Diday); de 81 pour 100 après les cures par les frictions et autres méthodes (Lewin); après les injections de sublimé, de 31 pour 100 (Lewin). — Ces données, comme je l'ai dit maintes fois, n'ont qu'une valeur très douteuse. Ce qui en ressort, c'est que, quelle que soit la méthode, il y a toujours récidive.
5° Parmi d'autres composes de mercure utilisés pour les injections hypodermiques, je me bornerai à signaler :
Le biiodure de mercure en solution huileuse stérilisée, dont voici la formule (Vibert, Des injections intramusculaires de mercure dans la thérapeutique oculaire. Thèse, Paris, 1892) :
Une seringue Prayaz contient 4 milligrammes de biiodure. On fait une injection tous les deux jours. Celte préparation a été préconisée surtout par M. le docteur Panas dans la thérapeutique des opMalmopathie's spécifiques. Il la trouve active, peu douloureuse, et la met au-dessus des autres injections et même des frictions mercurielles.
Le biiodure solubilisé par Cioduve de potassium (Aimé Martin, Bulletin général de thérapeutique, 1869).
L'iodure double de mercure et de sodium (Bricheteau, Bulletin général de thérapeutique, 1869).
Le cyanure de mercurr. Les injections de ce sel ont été employées pour la première fois par Cullingworth (1Ô74). Expérimentées depuis^
If Biiodure de mercure Huile stérilisée
40 centigr.
100 grammes.
comme je l'ai dit, par M. Galczowski et aussi par Sigmund, Mandelbaum, Guntz, Boer, etc.
Le glycocole de mercure (Wolff, de Strasbourg, Ann. de demi et de syph., 1884, p. 645).
Viodo-tannate de mercure. « Sel non défini », d'après M. Pouchel (Nourry, Bulletin général de thérapeutique, 1888).
L'alaninate de mercure (De Luca, 1888). Très irritant, d'après M. le docteur Jullien et doué d'une action antisyphilitique peu intense (Selenew). Une injection quotidienne contenant 1 centigramme de ce sel.
L ' asparaginc. de mercure ( Wiener Medic. BUetler, 1892j.
Le sozo-iodol mercurique et ioduré (Schwimmer, 1 892 j .
Le tymolo-acétate de mercure.
Le salicylale de mercure. D'après M. Karl Lévy, ces deux derniers sels donneraient lieu à des phénomènes douloureux très intenses et très durables.
6° Succinimide de mercure. Celte préparation a été étudiée d'une manière très approfondie, et expérimentée sur une grande échelle par M. le docteur Louis Jullien '. Personne n'a préconisé plus que lui, en France, la méthode de traitement mercuriel par les injections hypodermiques. Il l'a fait avec une grande autorité, et en s'appuyant sur un nombre très considérable de faits recueillis par lui, depuis deux ans, dans son service de Saint-Lazare. Un de ses élèves, qui a été aussi le mien, M. le docteur Lucien Arnaud, a publié une très bonne thèse sur le Traitement, de la syphilis par les injections de succinimide de mercure (1892). Je vais résumer cet important travail.
La succinimide de mercure a été découverte par Dessaignes, employée pour la première fois par von Mering, étudiée cliniquement par MM. Karl Lévy, Wolff et Seleniew et essayée, dans un grand nombre de CcLS . cL la clinique du professeur Stukowenkoff (de Kiev) ; puis expérimentée par M. Vollert, assistant de la clinique des maladies cutanées et syphilitiques de Strasbourg (1890).
La succinimide mercurique est très soluble dans l'eau, moins dans l'alcool; elle s'élimine rapidement dans les urines, ne précipite ni l'albumine, ni les liquides pleuraux, ni le liquide de l'hydrocèle.
M. Bocquillon a comparé entre eux les différents sels mercuriques au point de vue de leur contenance en mercure (Soc. de thérap. Séance du 9 avril 1852).
Parmi les sels solubles de mercure les plus usités, on peut dresser l'échelle suivante :
L'iodure renferme 4.Ï.00 p. 100 de mercure.
Le peptonatc ;i7.1ii — —
La succinimide 63.30 — —
Le laclale 67.10 —
Le chlorure double 72.72 —
i. Du traitement de la syphilis jnir les injections de succinimide de mercure, par le docteur Louis Jullien, chirurgien de Saint-Lazare t Gazette des hôpilnuj. :t mars 1892).