‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 114 sur 610 · LEUR COMPARAISON AVEC D'AUTRES MÉTHODES · texte numérisé non relu

LEUR COMPARAISON AVEC D'AUTRES MÉTHODES

ioduré n'en préserve absolument. Avec les méthodes anciennes, dit-on, les récidives, après traitement, se produisaient clans la proportion de 80 pour 100 ; tandis qu'avec la méthode nouvelle elles sont descendues à une moyenne de 40 pour 100. Toutes les statistiques sur lesquelles repose cette proposition inexacte embrassent une trop courte période du processus syphilitique et de la vie des malades pour inspirer confiance. La plupart ont même été faites avec une incroyable légèreté et ne portent que sur quelques semaines ou quelques mois. Aussi n'est-il pas étonnant que les faits s'y comptent par milliers. Mais quelle valeur ont-ils?

III. 11 est permis maintenant de comparer la méthode des injections solubles avec les autres, d'apprécier par quoi elle pèche, par quoi elle se recommande, de déterminer les circonstances dans lesquelles elle est indiquée et peut rendre de réels services.

D'abord, il faut lui rendre cette jusLice que, tout en étant très efficace et puissante, elle reste la plupart du temps inoffensive, parce que nous sommes toujours maîtres, ainsi que dans la méthode par ingestion, de mesurer la mercurialisation en fragmentant les doses comme nous le jugeons opporLun. Nous dominons la médication, nous ne sommes pas dominés par elle. C'est un point capital.

Quand les méthodes usuelles échouent contre des syphilis réfractaires, les injections solubles ont quelquefois plus de succès et nous offrent une précieuse ressource. Il en est de même dans les cas où le tube digestif se montre d'une intolérance permanente et invincible, où la peau s'enflamme au contact de l'onguent napolitain, où l'on est obligé d'administrer à la fois beaucoup de médicaments pour combattre, en même temps que la syphilis d'autres états morbides locaux ou constitutionnels, où il est indispensable de mercurialiser très rapidement l'organisme, et d'une façon intensive, pour conjurer les déterminations graves sur les yeux, les centres nerveux ou d'autres organes essentiels et de premier ordre dans la hiérarchie fonctionnelle.

Cette simple énumération est suflisante pour montrer qu'il s'agit là de faits exceptionnels qui ne se rencontrent certainement pas une fois sur cinquante. Ajoutez que, s'ils indiquent l'usage des injections solubles, ce n'est qu'à certains moments, et qu'il n'est pas nécessaire de les y soumettre pondant toute la durée de la maladie. Pour quoi, dès lors, la méthode deviendrait-elle générale et habituelle? \\ est évident que, dans l'immense majorité des syphilis vulgaires,

INCONVENIENTS DBS INJECTIONS SOLUBLKS.

on peut s'en passer. Elle n'offre aucun avantage sur la méthode stomacale, et. c'est précisément alors qu'éclatent le plus ses inconvénients et les difficultés de son application.

Ils sautent tellement aux yeux qu'il suffira de les signaler. Pour un homme et encore plus pour une femme atteinte d'une roséole, de plaques muqueuses ou autres petits accidents, qui n'altèrent point leur santé, ne troublent en rien le train ordinaire de leur existence, et ne les compromettent nullement, n'est-il pas insupportable de se faire infliger tous les jours le supplice d'une piqûre susceptible d'entraîner des conséquences fâcheuses ou désagréables? Passe encore à l'hôpital. Mais en ville, quel embarras! Quelle sujétion onéreuse pour le patient que cette visite quotidiennement faite à son médecin; et, pour celui-ci, quelle besogne fastidieuse à la longue, quelle perte de temps, etc. ! Et toutes ces complications pour aboutir à quoi ? A un résultat qui n'est pas meilleur que quand vous prescrivez des pilules

Une cure complète de la syphilis par les injections solubles quotidiennes est entourée dans la pratique, de tant d'obstacles, de difficultés matérielles et morales, d'impossibilité sociales, pécuniaires, professionnelles ou autres faciles à deviner, que celte méthode, loin de gagner, deviendra de plus en plus un traitement exceptionnel et transitoire.

Qu'elle produise une action curative rapide et puissante, qu'elle soit bien tolérée par l'organisme, qu'elle ne cause pas ordinairement de troubles digestifs, qu'elle empêche toute supercherie et soit exactement dosable ; je l'accorde volontiers. N'importe ; il me semble, malgré sa vogue dans quelques pays, qu'elle ne supplantera pas toutes les autres méthodes, comme se plaisent à le croire ses partisans trop enthousiastes.

Les cas, les circonstances dans lesquels ses avantages contrebalancent ou surpassent ses inconvénients sont aujourd'hui relativement rares, et ils le deviendront de plus en plus, si la syphilis continue à s'adoucir, comme elle semble l'avoir fait depuis vingt ans.

La jugeant avec impartialité, sans aucun parti pris, je ne pense pas qu'elle puisse soutenir la comparaison avec la méthode stomacale. Je reconnais qu'elle constitue un progrès, qu'elle a suscité surtout des recherches pleines d'intérêt sur la mercurialisation, qu'elle a enrichi le traitement de la syphilis tertiaire ou qui tourne au tertiarisme; mais, ces concessions faites, je ne puis pas aller au delà et lui attribuer une Suprématie qu'elle n'aura jamais.

MÉTHODE DE M. LE l'UOFESSEUR SCAHENZIO.

SECTION II

INJECTIONS MERGURIELLES INSOLUBLES.

N'est-il pas extrêmement original d'injecter, du môme coup, sous la peau, une quantité très considérable de mercure ou de préparations mercuri elles insolubles, et de dire à l'organisme ?

« Te voilà en possession de tout ce qu'on a trouvé de plus puissant jusqu'ici contre cette infection syphilitique dont tu es affligé. De gré ou de force, il faut que tu t'en serves. Je compte sur ta bonne volonté pour solubiliser ces substances, graduellement et clans la mesure exacte de tes besoins thérapeutiques. Je m'en rapporte à tes instincts et même à ton intelligence, pour les absorber prudemment et les utiliser, au mieux de tes intérêts, contre ta syphilis.

« Quand tu auras épuisé cette provision, je la renouvellerai dans quelques jours, si tu t'en es servi avec sagesse, si tu ne l'as pas gaspillée à ton détriment et en pure perte. Tu peux t'en lier à moi. La matière première médicamenteuse dont je l'approvisionnerai avec abondance sera toujours de qualité supérieure, et je la varierai.

« Si je suis obligé d'employer quelque violence pour l'emmagasiner dans tes tissus, sois sûr que je choisirai bien l'endroit et que j'emploierai toutes les précautions antiseptiquement imaginables pour que tu n'en éprouves aucun dommage. »

Qu'une pareille conception nous surprenne et nous déroute un peu, tout d'abord, par son élrangeté; qu'elle nous cause même quelque effroi par sa hardiesse, n'est-ce pas naturel? N'en a-t-il pas été ainsi de tout temps pour une infinité de choses mal jugées, d'après la première impression, et sur le compte desquelles on est revenu plus tard, quand l'expérience en a eu démontré l'utilité, les avantages ou l'excellence ?

Toujours est-il qu'on est forcé de convenir que le premier venu ne l'aurait pas eue, et qu'elle doit émaner d'un esprit peu ordinaire, qui cherche, qui trouve, regarde l'avenir et ne s'endort pas dans la quiétude satisfaite du présent et du passé. Aussi tout l'honneur en revient-il à un des plus éminents syphiliographes modernes, à M. le professeur Scarenzio (de Pavie). C'est lui qui, en 1864, créa de ton les pièces La méthode des injections mercurielles insolubles,

PHOl'AC.ATION DE LA MÉTHODE DE M. SCARENZIO

qu'on appelle aussi méthode </<■* injections rares, des injections massives, des injections d approvisionnement.

Avec courage et persévérance, il en poursuivit l'application, malgré ses inconvénients, ses échecs ou ses conséquences souvent désastreuses. Il commença par diminuer les doses, puis il régularisa et améliora la technique, et il finit par obtenir tant de succès rapides et complets, que ce mode de thérapie hydrargyrique souscutanée se propagea vite en Italie, en Allemagne, en Russie et ailleurs, sauf en Franco où il n'eut jamais beaucoup de partisans.

Parmi les adeptes du professeur Scarenzio, devenus de plus en plus nombreux dans ces dernières années, il y en a quelques uns, M. Smirnoff (d'Helsingfors), entre autres, qui, tout en restant fidèles aux principes posés par le célèbre inventeur, ont grandement contribué à propager sa méthode,, en lui faisant subir, dans les détails, quelques modifications favorables.

Le sel insoluble avec lequel Scarenzio a inauguré ce mode de traitement et auquel il est resté fidèle, c'est le calomel. Ce sel a toujours donné le maximum des effets curatifs. Les préparations qu'on a tenté de lui substituer ne peuvent pas rivaliser avec lui. Si on l'a délaissé pendant quelques années pour prendre des substances moins dangereuses, on est à peu près unanime à reconnaître aujourd'hui qu'il possède une supériorité incontestable.

Parmi les composés mercuriels d'ordre insoluble dont on a fait usage, il n'y en a que deux qui aient été expérimentés sur une grande échelle : ce sont l'oxyde jaune et l'huile grise. Les autres ont été à peu près abandonnés

i. Le mercure métallique a été expérimenté par MM. Fûrbringer, Lutton, ProUhorolt', lakovlelT, Vau During, etc. «Très lentement actif à petites doses, et dangereux à closes élevées. Je connais un cas (resté inédit) où une forte injection de mercure métallique détermina une stomatite gangreneuse suivie de mort. » Alfred Fournier.

Oxyde noir de mercure (Abend, Hartmann, Watraszewski).

Cinabre (SûkhotE de Cronstadt), 1890.

Oxyde rouge. — Turbith. — Proloiodurc. — Sulfate, lannate, phosphate de mercure.

Thymolate ou thymolqcétate mereurique»

If. Thymolate de mercure 1 gramme

Vaseline liquide 10 grammes.

On peut en injecter une seringue ou une demi-seringue et recommencer tous les li 1 1 i L à dix jours; c'est une lionne préparation. Ce composé a été expérimenté par Jadassohn et Zeissig, à la clinique de M. Neisser (Vicrtcljuhr. fur Derm. und Syph., 1880). Wellandor, Szadek, Lowenthal, Cehak, Ralzer, etc.

M. le l)r Barthélémy emploie, dans sonservicede Sainl-I.azare, les injections

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