‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 123 sur 610 · PAR LES INJECTIONS PROFONDES D'OXYDE JAUNE DE MERCURE · texte numérisé non relu

PAR LES INJECTIONS PROFONDES D'OXYDE JAUNE DE MERCURE

battre les symptômes actuels de la syphilis; mais que, par contre, il est complètement sans action pour influencer l'infection dans sa nature, par conséquent aussi pour préserver des poussées ultérieures. »

M. Watraszewski conclut en disant qu'il se rallie absolument à l'opinion de M. Diday, ainsi formulée.

« La syphilis comprend une série de poussées résultant elles-mêmes chacune d'un réveil d'une nouvelle fermentation du virus. Or, le mercure n'a pas de prise sur le virus à l'état de germe, il n'en a que contre le virus à l'état éclos. Aussi le voit-on à la fois efficace pour guérir chaque manifestation, et impuissant pour en prévenir le retour. » (Diday et Doyen, Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanées. Paris, 1876, p. 264.)

III. M. Schadek a expérimenté l'oxyde jaune de mercure en injections sous-cutanées, d'après la méthode de Smirnoff, à la clinique dermatologique du professeur Stukowenkov (de Kiew).

Voici sa formule :

"if Oxyde jaune de mercure 1 gramme.

Gomme arabique lgc,25.

Eau distillée 25 grammes.

Une seringue de Pravaz pleine contient 4 centigrammes d'oxyde jaune.

Résumé des résultats constatés par Schadek (Voy. pour ce résumé, comme pour tous les précédents, la savante Revue de M. Doyon, sur le traitement de la syphilis, loc. cit.) :

1° La réaction locale est tout à fait insignifiante, beaucoup plus faible qu'après les injections de calomel. Les malades ne se plaignent que d'une douleur obtuse au point injecté. Elle disparaît en grande partie après quelques heures. Parfois même, ces injections ne provoquent aucune douleur. Dans deux cas seulement, elle dura une ou deux fois vingt-quatre heures;

2° Jamais d'hémorragie par la piqûre ;

3° Jamais d'abcès dans la région de la piqûre ni dans son voisinage;

4° Une seule fois l'auteur observa des indurations et des nodosités : le troisième jour, après la cinquième injection profonde, il s'était formé au niveau du point injecté une nodosité non douloureuse, de la grosseur d'une noisette; elle disparut complètement au bout de quelques jouis;

o° L'absence de tous phénomènes inflammatoires locaux pourrait déjà démontrer que l'oxyde jaune a pénétré dans le parenchyme de la fesse et est arrivé dans le courant lymphatique;

6° L'analyse des urines confirme cette hypothèse. Dans les six cas observés par M. Schadek, on trouvait déjà des traces de mercure le premier et le second jour après la première injection.

no

INCONVÉNIENTS ET DAN G Eli S DES INJECTIONS INSOLUBLES.

Des analyses répétées ont démontré, pour les six cas, que la proportion de mercure augmente graduellement (1/9 à 1/4 de milligramme sur 500 centimètres cubes) après les deuxième, quatrième et sixième injections d'oxyde jaune ;

7° Chez quatre malades, les accidents syphilitiques (roséole, papules, etc.) ont disparu après les quatrième et cinquième injections, trois à quatre semaines après la première injection. Dans l'un des deux autres cas, où avant le traitement il était survenu une roséole, puis un exanthème papuleux très étendu sur le tronc et les membres supérieurs, tous ces symptômes disparurent après la sixième injection. Dans le sixième cas seulement, la syphilide cutanée (roséole à larges taches très confluentes sur le cou et la surface de flexion des membres) ne fut pas modifiée, pendant un mois et demi, malgré dix injections d'oxyde jaune ; en tout 4 décigrammes. Sept semaines après le début du traitement, l'exanthème avait presque complètement disparu.

En somme, l'auteur déduit de ses observations que les injections profondes d'oxyde jaune de mercure, sous forme d'émulsion, sont bien supportées par les syphilitiques; qu'elles n'occasionnent pas de phénomènes locaux d'irritation, et que, dans le cas où il en survient, ils sont très faibles ;

Que le mercure introduit par ce procédé est rapidement résorbé et qu'on constate facilement sa présence dans l'urine.

Schadek recommande tout particulièrement ce mode de traitement chez les malades de la consultation, chez les pauvres et dans la pratique hospitalière. Il n'exige pas delà partdu médecin une dextérité technique particulière.

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