‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 122 sur 610 · DANS LES INJECTIONS HYPODERMIQUES · texte numérisé non relu

DANS LES INJECTIONS HYPODERMIQUES

I. Il employa d'abord l'oxyde noir et l'oxyde rouge sous les formes suivantes :

If Oxyde noir de mercure ou oxyde rouge. . . 1 gramme.

Chaque fois une seringue de Pravaz.

Voici les résultats qu'il obtint :

1° Ces oxydes, comme le calomel, exercent sur l'organisme une action mercurielle considérable ;

2° Ils modifient comme lui, rapidement et sûrement, les accidents syphilitiques, aussi bien secondaires que tertiaires. Trois à six injections, à des intervalles de six à huit jours, suffisent, suivant les cas, pour faire disparaître les phénomènes morbides ou pour déterminer une amélioration évidente dans les affections osseuses, ou lorsqu'une grande perte de substance empêche une restitutio in integrum;

3° Tandis que la douleur locale, avec le calomel, augmente d'intensité, jusqu'au quatrième ou cinquième jour après l'injection et disparaît ensuite peu à peu, du huitième au dixième jour, la sensibilité avec les oxydes est surtout accusée, mais à un bien moindre degré qu'avec le calomel, vingt à trente heures après l'injection, et cède ensuite rapidement dans l'espace de trois à quatre jours ;

4" Ce n'est que d'une manière tout à fait exceptionnelle qu'il survient, après les injections d'oxydes, une réaction générale analogue à celle que l'on observe relativement souvent avec le calomel ;

5° Les infiltrations des premiers temps, parfois à la suite des injections profondes, se transforment au bout de quelques jours en nodosités peu douloureuses ou tout à fait indolores; elles sont plus petites que celles qui succèdent aux infiltrats provoqués par le calomel ; elles se résorbent facilement ;

6° Watraszewski n'a jamais vu, à la suite de l'injection souscutanée de ces oxydes de mercure, survenir un abcès au point inoculé. En outre, les oxydes se mélangent beaucoup mieux que le calomel avec le liquide à injection.

Plus l;ird, M. Watraszewski recourut à l'oxyde jaune de mercure qu'il a définitivement adopté. Voici sa formule:

If Oyxdn jaune de mercure 1 gramme.

Gomme arabique Eau distillée

50 centigr.

10 grammes.

domine arabique Eau distillée

25 centigr.

30 grammes.

Une seringue de Pravaz, renfermant 1 gramme d'eau distillée, contient 4 centigrammes d'oxyde jaune. Trois à cinq de ces injections ont suffi à l'auteur, dans la majorité des cas, et, sur 62 syphilitiques, 2 seulement eurent besoin de 7 injections.

II. L'action de l'oxyde jaune sur l'organisme est incomparablement plus puissante que celle de l'oxyde noir et de l'oxyde rouge. Il ne faut pas employer les oxydes au delà du troisième ou du quatrième jour de leur préparation, parce qu'ils se décomposent facilement. Eviter de les exposer à une lumière trop vive.

Technique : faire profondément l'injection dans les parties supérieures et externes des fesses, en enfonçant l'aiguille jusqu'à son armature par un coup sec et rapide; appliquer le doigt sur la piqûre, et presser sur les parties profondes pour empêcher le liquide d'envahir le trajet de l'injection. On prévient ainsi les phénomènes inflammatoires. Pas de pression ni de massages ultérieurs. Repos pendant quelques heures après l'injection.

La première injection est beaucoup plus douloureuse que les suivantes.

On trouve à peine des traces de mercure dans les urines vingtquatre heures après la première injection. L'élimination augmente ensuite chaque jour, et garde son maximum à peu près le même durant toute la durée du traitement. Trois semaines après la dernière injecLion, on peut encore constater la présence du mercure dans l'urine.

En résumé, dit l'auteur, les injections d'oxyde de mercure, qui n'avaient pas été employées jusqu'à présent dans la thérapie souscutanée de la syphilis, permettent de combattre rapidement et sûrement la diathèse dans ses diverses manifestations. Elles se recommandent, en outre, par leur innocuité. Leurs inconvénients sont très minimes.

M. Watraszcwski fait, au sujet des récidives, quelques réflexions, qui concordent si bien avec ce que j'en disais en 1882, que je ne résiste pas au désir de citer son opinion sur ce point important et si discuté :

« Les cas dans lesquels on ne voit survenir aucuns phénomènes ultérieurs, après un traitement systématique, sont des exceptions el des plus rares. Personne ne s'élèvera contre ce fait, et si on examine avec impartialité les résultats du traitement mercuriel dans la syphilis, on arrive, contrairement à ce qu'en disent les opposants, à celle conclusion que le mercure, abstraction faite de la forme el de la combinaison chimique, est, dans la plupart des cas, un remède remarquable pour com-

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