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NÉCESSITÉ DE PAIRE DES PIQURES PROFONDES

II. Peut-on espérer du moins rendre ces méthodes tout à fait exemptes de dangers locaux ou généraux, en améliorant de plus en plus le procédé opératoire? Certes les progrès qui ont été réalisés à cet égard, depuis quelques années, doivent nous inspirer une grande confiance.

Résumons les préceptes que nous fournit jusqu'à présent une expérience chèrement acquise.

a. La quantité des composés mercuriels mis à contribution poulies méthodes est innombrable, et elle s'accroîtra sans doute encore. Mais il est évident qu'on évitera toujours ceux qui sont irritants, et, à plus forte raison, ceux qui, parleur causticité, seraient capables de désorganiser les tissus.

b. Une des conditions les plus essentielles pour la réussite des injections solubles ou insolubles, c'est la pureté des préparations employées. Il est de toute nécessité qu'elles soient chimiquement irréprochables. De plus, on prendra la précaution de les filtrer, de les stériliser et de les rendre aseptiques, en leur enlevant tous les microbes et tous les éléments organiques pathogènes qui produisaient autrefois la plupart des accidents locaux.

c. La seringue de Pravaz, contenant 1 gramme de liquide, avec laquelle on pratique habituellement l'opération, sera soumise à une antisepsie complète. Il faudra qu'elle soit facilement démontable, afin que chacune de ses parties soit stérilisée séparément. On emploiera une aiguille inoxydable, en platine iridé, par exemple, d'une longueur de 5 centimètres, pour qu'elle puisse pénétrer profondément dans les tissus.

d. L'injection, en effet, sera toujours ■profonde. L'expérience a démontré que les injections superficielles, dans le voisinage du derme, à fleur de peau et intradermiques,' étaient presque toujours compliquées de douleurs, d'inflammation, d'abcès, de sphacèle ; tandis que les injections qui déposaient le composé mercuriel très loin du derme étaient infiniment mieux tolérées.

On traversera donc la peau perpendiculairement. On enfoncera toute la longueur de l'aiguille dans les tissus sous-culanés, par un coup rapide et sans crainte d'aller trop loin. On dépassera la couche cellulo-adipeuse qui double la peau et on pénétrera jusqu'aux muscles.

Cette pratique hardie est aujourd'hui consacrée par ses excellents résultats. Il est démontré que le foyer hydrargyriqin' est moins douloureux dans le tissu musculaire que dans l'hypodcrme propre-

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