MÉTHODE PAR INGESTION OU METHODE STOMACALE
Cette méthode est incontestablement la meilleure. Outre son efficacité prouvée par une pratique de plusieurs siècles, et par le suffrage des plus grands syphiHographes de toutes les époques et de tous les pays, elle offre d'immenses avantages qui, pour venir en seconde ligne, n'en sont pas moins d'une importance capitale.
N'est-elle pas, en effet, la plus simple, la plus facile, celle dont l'application se dissimule le plus aisément et trouble le moins le train ordinaire de l'existence?
Aussi, remarquez avec quelle autorité elle s'est emparée du traitement de la syphilis depuis sa découverte. Elle y a régné en souveraine. Personne n'a contesté ses titres et sa légitimité. On l'a acceptée comme un bienfait ; et si on a eu un regret quand on a pu la juger, c'est celui de ne pas l'avoir connue et mise en usage beaucoup plus tôt. Rien de dramatique, de révolutionnaire dans son histoire comme clans celle des frictions, des fumigations, des injections. On a pu souhaiter quelquefois qu'elle possédât un peu plus d'énergie et de puissance dans les crises redoutables de la maladie; mais jamais, avec elle, on n'a eu à déplorer ces intoxications hydrargyriqu.es si funestes, qui ont fait du mercure un épouvanlail pour tant de générations et môme encore un peu pour la nôtre.
Si on jette un coup d'œil d'ensemble sur les phases qu'a traversées cette méthode, on verra qu'elles sont remarquables par la constante uniformité de leur développement. Sans soubresauts, sans fracas, sans brusques oscillations de grandeur et de décadence, elles se déroulent régulièrement, dans le calme et la force des choses naturelles douées, par leur essence même, d'une vitalité qui surmonte tous les obstacles et leur assure une existence dont on ne voit pas le terme.
Faut-il ajouter que cette méthode a toujours évité les exagérations, les erreurs, les singularités, les bizarreries et, j'ose le dire, les extravagances comiques dont les autres nous ont donné tant d'exemples déplorables et ridicules? Elle est propre el n'a rien de