INTERVALLE ENTRE LES INJECTIONS MASSIVES
trop brusquement les tissus. On retirera, au contraire, rapidement la canule pour qu'aucune goutte restée à son extrémité ne soit en contact avec la piqûre du derme.
On exercera une légère pression avec le doig t sur celte piqûre, puis on la recouvrira d'une couche de collodion ou d'une rondelle d'emplâtre de Vigo. On fera bien de masser, mais pas très énergïquement, l'endroit où la préparation mercurielle a été déposée, afin de la diffuser un peu au sein des tissus.
h. Est-il besoin d'ajouter que l'antisepsie la plus minutieuse présidera à cette petite opération, que les mains de l'opérateur seront d'une propreté irréprochable, que la région sera lavée à la liqueur de Van Swieten, que l'aiguille sera flambée et le corps de la seringue soigneusement purifié avec de l'eau phéniquée, de l'alcool ou une solution de sublimé, etc., etc.
/. On aura soin de mettre une distance de 5 ou 6 centimètres entre les piqûres, quand elles seront faites dans la même région.
j. L'intervalle de temps entre les injections n'a rien de fixe pour les injections massives de préparations mercurielles insolubles. Avec celles qui sont solublcs, au contraire, on a beaucoup plus de liberté et de latitude ; on peut en faire tous les jours, tous les deux jours, et même deux par jour. Mais on ne saurait apporter trop de réserve et de prudence, quand il s'agit de renouveler, par une injection profonde, le stock d'approvisionnement hydrargyrique. Sur quoi se fonder pour en juger le besoin et l'opportunité ?
1° Sur les effets locaux : s'ils sont insignifiants et ne causent aucune lésion sérieuse, aucun trouble fonctionnel important, il est clair qu'à un assez bref délai, on pourra tenter l'opération sur le côté opposé; si, au contraire, il se forme un gros nodule douloureux qui cloue le malade au lit et lui ronde tout mouvement très pénible, il sera indiqué d'attendre l'atténuation, sinon la guérison de ces malencontreux accidents.
2° Sur les phénomènes d'intoxication : la salivation, est-il besoin de le dire, forcera d'interrompre indéfiniment les injections, a fortiori, les phénomènes plus graves du côté des grands systèmes organiques. Une tolérance complète encouragera, par contre, à renouveler l'approvisionnement.
3° Sur les effets cwratifs : s'ils sont très rapides, on n'aura pas esoin d'accélérer leur processus par une injection rapprochée e la première; on attendra qu'ils se ralentissent ou qu'il surienne de nouvelles manifestations. S'ils sont lents, indécis ou
l'RUDKNCK KT PRÉCAUTIONS INDISI'EXSAHLES.
nuls, et que les accidents locaux ne contre-indiquent pas une nouvelle injection, on devra la faire 7 ou 8 jours après la première et même moins.
4° Sur la dose et la nature des injections massives : plus la quantité de mercure y sera forte, plus on devra mettre d'intervalle entre chaque approvisionnement. C'est avec les injections de calomel qu'il faudra le plus grand intervalle, parce qu'elles sont dangereuses, étant tout à la fois d'une grande efficacité curative et d'une nocuité locale et toxique considérable.
III. On ne saurait trop se pénétrer de cette idée, que le maniement d'une pareille méthode est extrêmement délicat et doit nous tenir sans cesse sur le qui-vive de tous les côtés. On ne s'aventurera donc qu'à bon escient dans une nouvelle entreprise, quand on aura dûment analysé et contrôlé les résultats complets d'une première injection massive.
Pour en tenter une seconde, il faudrait être sûr que la digestion chimique de la première, au milieu des tissus, est achevée et que tout ce qu'elle peut donner de soluble a été combiné, absorbé et épuisé. Mais comment le savoir au juste? Aussi, que d'incertitudes sur ce point, et, par suite, que de tâtonnements obligatoires !
Donnons-nous donc le temps d'étudier l'ensemble des phénomènes consécutifs à l'opération, et d'y réfléchir. Toute précipitation pourrait être funeste. En général, on mettra 12, 15, 20 jours d'intervalle entre les injections massives, et même un mois.