‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 148 sur 610 · FORMES PHARMACEUTIQUES KT DOSES · texte numérisé non relu

FORMES PHARMACEUTIQUES KT DOSES

Chez quelques-uns de mes malades, j'ai été obligé de supprimer le centigramme d'extrait thébaïque qui entre dans la composition de mes pilules de protoiodure et de sublimé, parce qu'il produisait une somnolence désagréable. Il ne faut donc pas s'astreindre, quoique ce soit plus commode, à prescrire toujours la même formule.

Il est essentiel que les pilules soient de consistance molle; c'est pourquoi j'emploie comme excipient l'extrait mou de quinquina. Les vieilles pilules durcies sont souvent inertes, parce que le tube gastro-intestinal ne les dissout pas. Elles le traversent et en sortent telles qu'elles y étaient entrées. De là des insuccès dans le traitement, qui n'ont pas d'autre cause et qui disparaissent dès qu'on fait prendre des pilules molles et fraîchement préparées. De là aussi la faveur que conserve encore la liqueur de Van Swieten, malgré ses désagréments. Beaucoup de praticiens la trouvent plus fidèle que les pilules de sublimé.

VI. Doses. — La dose des préparations hydrargyriques est, comme celle de tous les médicaments, d'une importance capitale. Ne donner ni trop ni pas assez, trouver une bonne moyenne applicable à la grande majorité des cas, voilà ce qu'une longue expérience peut seule apprendre. Si l'on doit pécher, il vaut mieux le faire par défaut que par excès.

Toutefois, l'excès de la médication mercurielle, qui fut si funeste autrefois, nous a rendus peut-être un peu trop timides. Ce qui a produit cette réaction, c'est encore la certitude que beaucoup de manifestations d'ordre secondaire ont une tendance spontanée à la guérison, et que d'autres, comme les plaques muqueuses, ne subissent que très peu l'influence curative du spécifique et exigent un traitement topique.

Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, l'insuffisance des doses, du moins dans la méthode par ingestion, est plus à craindre que leur exagération. C'est ce qui m'a fait dire maintes fois que, dans des cas trop nombreux, le traitement hydrargyrique n'est en réalité qu'une expectation déguisée.

Avouons, du reste, qu'il n'y a rien d'absolu dans la dose ottrative de telle ou telle préparation mercurielle. Là, comme en tout, l'idiosyncrasie des malades joue un rôle considérable. Tous sont loin, en effet, de présenter la même aptitude à subir l'influence thérapeutique du mercure. Chez les uns, elle est exlraordinairement déve-

DBS PRÉPARATIONS MERCUIUELLES INGÉRÉES.

loppée; chez les autres, elle est à peu près nulle. — Entre ces cas très exceptionnels, qui sont, clans les deux sens, comme les limites extrêmes de la suractivité curalive et de son inertie, il y a l'aptitude moyenne. Le juste milieu, approximativement établi par l'expérience de chaque jour, est la hase sur laquelle on édifiera le mieux un bon traitement mercuriel.

Pour le sublimé, on peut porter la close, s'il s'agit d'un homme adulte et de constitution ordinaire, à 2 centigrammes pour commencer et puis à 3 centigrammes par jour. — S'il s'agit d'une femme, dans les mêmes conditions d'âge et de constitution, on donnera 1 centigramme pour commencer, puis 2 centigrammes quotidiennement.

Pour le protoiodure, les doses seront en général triples ou quadruples de celles du sublimé, c'est-à-dire de 6 à 9 ou 42 centigrammes chez l'homme, de 3 à 6 et 9 centigrammes chez la femme.

Dans presque tous les cas, avec ces doses, si la syphilis est légère, on obtient des effets curatifs très sensibles. Quant aux effets préventifs, ne serait-il pas, comme je l'ai dit souvent, téméraire de les affirmer, puisqu'il est impossible d'en donner les preuves positives?

L'infinie variété des manifestations syphilitiques nous force souvent de modifier les closes, car les lésions ou les symptômes qui les constituent n'obéissent pas tous avec la même docilité aux agents mercuriels, et cèdent ou résistent suivant le siège des déterminations.

L'âge de la syphilis doit entrer également en ligne de comple pour la fixation des doses. Une roséole cédera facilement à une quantité minime de protoiodure, parce que le sujet, vierge de tout traitement, en subit l'influence plus aisément que s'il avait absorbé déjà beaucoup de mercure. Et puis la lésion cutanée est à fleur de peau et a de la tendance à se guérir toute seule.

Mais si, au lieu d'une roséole, le malade a une syphilide papuleuse coniluente,et si cette syphilide survient vers le cinquième ou sixième mois de sa maladie, ne faudra-l-il pas doubler, tripler, quadrupler et même quintupler les doses? Assurément oui, car la papulalion syphilitique, quel que soit le mode sous lequel elle se produit, résiste beaucoup plus que les érylhèmes et n'est que fort peu spontanément résolutive. Il faut la violenter par une médication hydrargyrique vigoureuse, pour qu'elle se décide à entrer en voie do guérison.

Les syphilides profondes etenracinées dans une régioncirconscrite sont plus difficiles à déloger que celles qui, résultant d'un mouve-

CHOIX OU MOMENT l'OUR L'INGESTION.

ment général, sont disséminées partout, et ressemblent, par beaucoup de côtés, à une lièvre éruptive dont les étapes sont régulières. Les viscéropathies exigent toujours des doses beaucoup plus fortes que les manifestations cutanées ou muqueuses.

Toutes ces questions seront étudiées longuement à propos du traitement propre aux différentes déterminations de la syphilis à toutes ses périodes.

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