ÉLIMINATION DU MERCURE PAR LES REINS, LE FOIE
l'avait recherché que flans la salive mixte, et Kiïhne avait soutenu que c'était dans l'épithélium huccal et non dans le liquide salivaire que résidait le médicament. Il n'apparaît dans la salive que deux heures environ après avoir été constaté dans l'urine. Il passe plus lentement encore dans les sueurs et dans le lait, mais on L'y découvre toujours 1. Par la bile, il s'en élimine une proportion considérable qu'on retrouve dans les selles.
Riederer a fait une série de recherches intéressantes pour évaluer la proportion relative qui s'accumule dans les organes et les sécrétions d'animaux empoisonnés par ce métal. Sur 0,798 de calomel donnés à un chien, il en retrouva 75 centièmes dans les selles, 3 centièmes dans l'urine, 27 dix-millièmes dans le cœur, le cerveau et les poumons, 66 millièmes dans le foie, 4 dix-millièmes dans les muscles. Ainsi les 4 cinquièmes environ du calomel ingéré furent retrouvés. Le dernier cinquième avait été expulsé par les vomissements, les sueurs ou la salive. — Résultats à peu près semblables dans plusieurs expériences. La plus grande quantité de mercure fut toujours dans le foie et la moindre dans les muscles.
II. C'est aussi le foie que ce métal paraît abandonner en dernier lieu. Il y séjourne très longtemps. Ainsi Kiissmaul et Gorup- Besanez constatèrent du mercure dans cet organe, avec la pile de Smithson, à l'autopsie d'une ouvrière qui, depuis un an, ne respirait plus de vapeurs mercurielles. Ils découvrirent également beaucoup de mercure dans le foie et dans les reins d'une autre ouvrière qui mourut de phtisie six mois après avoir quitté la fabrique de glaces où elle était employée.
La durée du séjour de l'hydrarg-yre dans l'organisme a été l'objet de nombreuses recherches. Les résultats sont, loin de concorder.
1. L'excrétion cutanée du mercure a été mise hors de doute par l'expérience suivante due à M. Bordier : un homme sursaturé de mercure fut immergé dans une baignoire en bois remplie d'eau acidulée, et les deux pôles d'uue série d'éléments de Bunsen furent mis eu communication avec lui. Au bout d'un temps assez court, une plaque de cuivre, disposée au pôle positif, se recouvrit d'un dépôt de mercure.
Les sueurs abondantes qu'on voit quelquefois survenir chez les sujets soumis aux frictions mercurielles, sont-elles un phénomène analogue à la salivation? Les sueurs mercurielles contrebalanceraient-elles l'élimination par la salive? Le sé jour au lit et la sudation qu'elles amènent et que certains médecins, M. Schutzenberger entre autres, imposaient aux malades, empêchaient ou atténuaient la salivation. — Byasson, dans ses expériences, ne trouvait aucune trace de mercure dans les sueurs, lorsque l'urine en contenait une proportion notable. — La salivation et d'autres phénomènes toxiques se produisent, quand l'éliminai ion du mercure qu'effectuent les reins est entravée par leurs maladies.