‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 170 sur 610 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Hydrargyrie gastro-intestinale aiguë et chronique, directe par action topique, ou indirecte par élimination. Ses symptômes, ses lésions.

On a vu plus haut, à propos de la méthode stomacale, que l'hvdrargyrie gastro-intestinale était fort rare, qu'elle se dissipait d'elle-même après les premiers jours du traitement et par le seul fait de l'accoutumance, ou qu'on en venait à bout très facilement.

Je reviens ici à dessein sur la double pathogénie de cette hydrargyrie. Presque toujours elle résulte d'une action topique et directe du mercure et de ses composés sur la muqueuse gastro-intestinale. Mais d'autres fois, dans la méthode des frictions et des injections où pas une seule parcelle du médicament ne pénètre par le tube digestif, elle est véritablement toxique. C'est qu'elle résulte alors de l'absorption du médicament, el non plus de son application locale. Elle est la conséquence de l'élimination qu'accompli! la muqueuse gastro-intestinale, quand il y a snrsaturalion hydrarg yrique. Vomissements violents, diarrhée souvent Sanguinolente et dysentériforme, coliques tormineuses avec ténesme, superpurgations, etc.: tels sont les principaux symptômes de l'hydrarg-yrie gastrointestinale suraiguë, llyperémie violente el étendue, ulcérations intestinales, escarres et même perforations el péritonite consé-

H YDRARGYRIE GASTRO-INTESTINALE.

cutive : telles sont les lésions qu'on a retrouvées à l'autopsie.

Ce n'est pas seulement Fhydrargyrisme aigu qui donne lieu à de pareils désordres; on les observe aussi quelquefois dans l'hydrargyrisme lent et chronique, produit par une longue administration de doses fragmentées, mais dépassant la tolérance individuelle des malades. Il arrive même que les petites doses de mercure, données trop longtemps, finissent par déterminer un catarrhe chronique de la muqueuse digestive ou une dyspepsie débilitante qui anémient, amaigrissent les sujets, détériorent leur constitution et contrarient ou annihilent les effets curatifs du remède. Certains malades qui ont subi longtemps le traitement mercuriel, sans en éprouver aucun dommage sérieux, acquièrent et conservent parfois, durant des années, une grande susceptibilité gastro-intestinale qui se développe sous le moindre prétexte. C'est là une conséquence lointaine de l'hydrargyrie gastro-intestinale dans ses formes légères, qui n'en deviennent pas moins tenaces et chroniques.

Mais il est incontestable que les ennuis, les inconvénients et les dangers de l'hydrargyrisme dans le traitement mercuriel se montrent fort exceptionnellement du côté de l'appareil digestif. La suppression du remède, un régime diététique approprié, les opiacés, le bismuth, les boissons albumineuses font promptement justice de pareils accidents, surtout quand on les soigne dès qu'ils apparaissent '.

i. Dans un mémoire fort intéressant, M. le docteur P. de Michèle a exposé le résultat de ses expériences sur l'hydrargyrie gastro-intestinale, provoquée par l'empoisonnement mercuriel. «Voici, dit-il, par ordre graduellement décroissant, les méthodes et les préparations mercurielles que j'ai expérimentées sur les lapins, en commençant par celles qui n'ont déterminé aucune lésion et en finissant par celles qui ont rapidement, développé une forme grave et aiguë de dégénéresebnee graisseuse des glandes de la muqueuse intestinale. M. de Michèle a établi que cette dégénérescence est la lésion spéciale de l'hydrargyrie du tube digestif :

I" Injections hypodermiques de calomel (méthode de Scarenzio);

2" Administration par l'estomac d'albuminate ou de tannate de mercure;

3" Injections d'albuminate de mercure (formule de MiaJhe) ;

4" Injections de sublimé;

U" l'roloiodure de mercure, voie stomacale;

6° Liqueur de Van Swieten ou solution simple de sublimé par voie stomacale.

Il en résulte que, dans la pratique, la cure idéale, du moins pour éviter les lésions de l'appareil digestif, serait la méthode de Scarenzio, employée comme le veut aujourd'hui l'auteur lui-même, à une dose ne dépassant pas 5 centigrammes pour chaque injection, répétée tous les quinze OU vhigl jours.

Si on ne pouvait pas ou ne voulait pas l'employer, mi devrait recourir a l'albuminatc ou au tannate de mercure par voie stomacale, comme a la préparation la plus innocente... » Mon expérience m'a démontré que le protoiodure el le sublimé produisent beaucoup moins l'hydrargyrie gastro^intestmale que ne le feraient supposer les expériences de M. de Michèle sur les lapins.

Mauriac. 'î>

HYDHAlUiYME CUTANÉE LOCALE.

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