DE L'HYDRARGYRIE CUTANÉE GÉNÉRALISÉE
débute par la face. Les plaques, d'un rouge framboisé, plus ou moins disséminées ou confluentes, quelquefois réunies en grandes nappes rutilantes et granitées, apparaissent d'abord dans la région abdomino-génitale et se répandent de là sur tout le tronc et sur les membres. Parfois, comme dans le cas que j'ai relaté, l'éruption envahit presque d'emblée toute la surface du corps, évolue absolument comme une scarlatine et se termine par une desquamation en larges lambeaux épidermiques aux pieds et aux mains. — Assez souvent la poussée se fait en plusieurs temps et s'aggrave progressivement.
Combinez la description de l'eczéma rubrum local avec celle d'une éruption scarlatineuse plus ou moins intense, plus ou moins généralisée, et vous aurez tous les caractères morphologiques de l'hydrargyrie cutanée de cause interne. J'ajoute que vous en aurez aussi le processus dans ses grandes lignes.
La desquamation, quelquefois très abondante et indéfiniment prolongée, comme il arrive dans les formes graves, entraîne la chute des ongles ou bien les épaissit et les déforme. D'autre part, elle se complique assez souvent de phlyctènes, avec suintement copieux, d'érosions, d'ulcérations, de furoncles et de tous ces accidents cutanés, pleins de péripéties, qu'on observe à la suite des fièvres graves, des varioles confluentes, par exemple.
Les hyperémies pulmonaires ont été observées quelquefois. L'albuminurie, contrairement à ce qu'on aurait pu supposer, n'a été notée que très rarement. Le délire, le coma, la prostration se montrent dans les cas sévères. La stomatite est très fréquente. H y a quelquefois aussi des troubles gastro-intestinaux. La fièvre du début se dissipe vite; mais il se produit souvent une fièvre secondaire, dans les desquamations longues et coiliquatives, avec suintement séreux ou purulent d'une grande abondance. Elle ressemble beaucoup à une fièvre hectique par résorption de matières putrides, comme la fièvre de suppuration des varioles confluentes.
IV. Le diagnostic peut présenter de grandes difficultés, mais seulement dans certains cas exceptionnels. La question est de savoir si un malade soumis au traitement hydrargyriquc et dont le corps se couvre brusquement d'une éruption scarlaliniforme, a ou n'a pas la scarlatine. En général, dans la scarlatine normale, la rougeur se généralise beaucoup plus vite que dans l'hydrargyric cutanée où elle ne se répand pas du même coup partout, dès le début. L'angine scar-