SYMPTOMES, FORMES, DEGRÉS, DIAGNOSTIC
localisation cl présentent peu do variété dans leurs formes1.
Lorsque l'érythème hydrargyriquc de cause interne se généralise, il ressemble d'une manière frappante à une éruption scarlatineuse, à une vraie scarlatine, si bien qu'on resterait dans le doute si on ne connaissait pas la cause.
La prédisposition occupe la première place dans l'étiologie. Il y a des sujets chez lesquels elle estsi développée, qu'au bout d'un jour ou de quelques heures, une dose minime de mercure peut intoxiquer la peau. Cette idiosyncrasie est innée, acquise et disparaît quelquefois. Parmi les préparations mercurielles les plus susceptibles de l'éveiller et de la meLtre en œuvre, le calomel occupe la première place. Viennent ensuite le protoiodure et le sublimé. Les substances combinées avec le mercure paraissent n'avoir aucune action ; c'est le métal qui fait à lui seul toute l'intoxication. Pour la produire, il n'est pas toujours nécessaire d'ingérer ces fortes doses qui aboutissent à la sursaturation mercurielle aiguë de tout l'organisme. — Nous ne savons rien sur le mécanisme intime qui préside à la genèse de ces éruptions.
Les récidives sont fréquentes. M. Morel-Lavallée les a notées chez dix au moins des vingt-deux sujets dont il a rapporté l'observation. Elles ont toujours été plus bénignes que la première atteitne et se sont développées, soit sous l'influence de la même préparation mercurielle, soit sous l'influence d'une préparation différente, ce qui prouve bien que l'hydrargyre est la seule cause de l'éruption, et que ses combinaisons n'ajoutent ou n'ôtent pas grand'chose à sa toxicité cutanée.
III. Sécheresse brûlante de la peau, prurit mordicanl, malaise général, fièvre vive, soudaine, souvent avec frissons, insomnie, céphalalgie, quelquefois sécheresse de la muqueuse bucco-pharyngée, anorexie, courbature : tels sont les prodromes de l'hydrargyrie cutanée de forme un peu sévère. Ne dirait-on pas le début d'une pyrexie cxanlhématiquc ? Et, en effet, rien ne ressemble plus à la scarlatine que les formes habituelles de l'hydrargyrie cutanée. C'est un fait sur lequel j'ai beaucoup insisté dans mon travail.
L'éruption est donc essentiellement scarlatinoïdc. Il est rare qu'elle
1. Les éruptions provenant d'injections vagino-utérincs de sublimé ou de biiodure chez les femmes nouvellement accouchées sont, d'un aspect beaucoup plus polymorphe et ressemblent à des roséoles maculeuses, boutonneuses ou ortiées, plus ou moins entremêlées, toutefois, de placards scarlaliniformes.