‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 178 sur 610 · HYDRARGYRIE DU REIN ET DU K01E · texte numérisé non relu

HYDRARGYRIE DU REIN ET DU K01E

L'albuminurie hydrargyrique ressemble beaucoup à l'albuminurie saturnine et résulte probablement, comme cette dernière, d'une stéatose rénale.

Dans une très remarquable observation du professeur Bouchard, il se produisit, par le l'ait d'un hydrargyrisme violent qui s'était développé sept jours après la première friction, une suppression presque complète de la sécrétion urinaire. L'excrétion quotidienne d'urée, qui est de 23 grammes, descendit à 0,1848. La mort eut lieu par anurie et par la surabondance de l'urée dans le sang, qui contenait le chiffre énorme de 2,60 par litre. On trouva comme lésion une dégénérescence graisseuse, avec tuméfaction de l'épithélium des tubuli, avec un peu de congestion générale de l'organe.

Ici, comme pour le cerveau, la syphilis et son spécifique peuvent se rencontrer dans leur détermniation sur le rein, ou bien agir respectivement sur lui de la même façon, en donnant lieu tous les deux à une albuminurie parenchymateuse. Il en résulte une indication formelle dont j'ai montré toute l'importance dans mon mémoire sur la Syphilose du rein : c'est de suspendre le traitement hydrargyrique lorsqu'il survient dans le cours de la syphilis les symptômes de la maladie de Bright. On ne le reprendra que s'il est bien démontré que le mercure n'est pour rien dans cette affection. Et encore ne faudra-t-il en user qu'avec la plus grande circonspection, parce que, l'aire de l'émonctoire rénal étant diminuée, le mercure pourrait s'accumuler dans le sang et produire un hydrargyrisme qui, outre la salivation, les troubles gastro-intestinaux, etc., serait encore susceptible d'attaquer les reins et d'y aggraver les lésions spécifiques, au lieu de les améliorer. C'est pourquoi l'iodure de potassium, en pareille occurrence, l'emporte sur i es préparations hydrargyriques.

Hydrargyrie hépatique. — L'action cholagogue des préparations mercurielles ne faisait doute autrefois pour personne. On croyait fermement que le mercure augmentait le flux biliaire dans l'intestin, qu'il débarrassait la sécrétion du foie des conditions morbides qui l'entravaient, et qu'il activait directement ou indirectement cette sécrétion.

Le calomel passait pour le médicament cholagogue par excellence. On l'administrait dans toutes les affections hépatiques ou chaque l'ois qu'on jugeait opportun d'exciter L'action sécrétoire de l'organe. Ces opinions sont aujourd'hui très controversées. .Néanmoins, après avoir fait la part de l'exagération, il reste eliniquement démontré que l'action cholagogue de l'hydrargyre est incontestable.

Page 1