‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 187 sur 610 · DE LA CAVITÉ BUCCALE · texte numérisé non relu

DE LA CAVITÉ BUCCALE

l'une de l'autre. On le constate clans toutes les variétés de gingivites; seulement, dans aucune, le périoste alvéolo-denlaire n'est aussi fortement atteint que clans l'hydfargyrie buccale. Aussi beaucoup d'auteurs ont-ils soutenu que son point de départ n'était pas l'élimination du mercure par la salive, et que son véritable foyer initial avait son siège dans le périoste alvéolo-dentaire.

La prédisposition extraordinaire à cette hydrargyrie chez les personnes qui ont une mauvaise dentition ou dont les gencives sont habituellement irritées par une cause quelconque donne une grande valeur à cette pathogénie. Il ne faudrait pas aller cependant trop loin dans cette interprétation des phénomènes et affirmer, par exemple, qu'on n'a jamais vu un malade saliver quand il a les gencives saines. Il y a bien des exemples du contraire, et ils sont fournis par les femmes dont la bouche, incomparablement plus saine d'ordinaire que celle de l'homme et beaucoup moins exposée à toutes sortes d'irritations, est cependant plus susceptible d'être intoxiquée par le mercure1.

1. Prédisposition aux hydrargyries, et en particulier à la stomatite mercurielle , provenant de la grossesse. — A l'idiosyncrasie inexplicable qui rend les femmes si aptes à subir l'empoisonnement de la cavité buccale par les préparations mercurielles, s'ajoute une autre cause ptyalogène dont il est moins difficile de se rendre compte. Cette cause, qui est transitoire, c'est la grossesse.

Comment agit-elle? Nul doute que ce ne soit en troublant d'une façon mécanique la circulation du rein. Les vaisseaux de cet organe, comprimés par le volume de l'utérus, dans les dernières périodes de la gestation, entravent le fonctionnement de l'émonctoire rénal. Il est plus aisément surmené qu'à l'état ■normal. Les urines deviennent quelquefois albumineuses. Eb bien, quand il en est ainsi, l'élimination du mercure ne court-elle pas le risque de tomber au-dessous du taux qui prévient, la sursaturation mercurielle? Du moment que la perméabilité du rein diminue dans le cours de la gestation, il est prudent de diminuer et même de suspendre la médication mercurielle cbez les femmes enceintes syphilitiques. N'ajoutons pas à l'urémie qui les menace, en pareille occurrence, les dangers d'une intoxication mercurielle qui se déterminerait principalement sur la muqueuse buccale.

Il y a, on ne saurait trop le répéter, des idiosyncrasics étranges et à peine croyables qui prédisposent aux phénomènes les plus graves de l'hydrargyrie générale ou buccale. Impossible de les prévoir et d'en prévenir les graves conséquences. I. 'intoxication survient alors, môme avec de très faillies quantités de mercure introduites par la voie stomacale ou par la voie endermique, surtout par cette dernière.

Ainsi, une femme traitée pour des papules aux parties génitales et aux lèvres par un badigeonnage avec une solution de sublimé, succomba a une intoxication subaiguë [Wiener M. Wochenschrift, 1890, n° 16). Dans un autre cas récent, publié par Cramer, nous lisons qu'une femme, après avoir baigné quelques minutes un doigt, porteur d'une plaie, dans une solution de sublimé au demi-millième, fut prise, le lendemain, d'une salivation intense et d'albuminurie. L'urine renfermait du mercure [Deutsche med. Woch., 1890, nû I V). Récamier rapporte l'observation d'une dame qui ne pouvait absorber la plus petite dose de mercure sans Cire prise d'un érysipèle de la l'ace. — L'absorp-

MESURES l'ROPHYLACÏK.H'KS

VI. Prophylaxie. — Quoi qu'il en soit, la pathogénie gingivoalvéolo-dentaire de la stomatite mercurielle a eu le grand avantage de nous fournir les notions pratiques les plus certaines pour prévenir l'intoxication mercurielle de la cavité buccale. On peut établir, en effet, comme une règle générale, qu'il y aura grande chance de l'éviter si, avant d'instituer le traitement mercuriel, on prend les précautions nécessaires pour mettre la bouche dans le meilleur état possible, et pour la soustraire aux influences écologiques et aux habitudes qui sont de nature à l'irriter accidentellement ou à la tenir dans un état constant d'excitation.

Le traitement préventif consistera donc : 1° A faire arracher les dents cariées, les chicots qui sont un foyer perpétuel de gingivite et d'ostéo-périostite, à guérir ou du moins à modérer la fluxion gingivale qui accompagne l'évolution de la dent de sagesse ;

2° A faire disparaître la gingivite des fumeurs, constituée par une irritation légère du bord libre des gencives, avec dépôt charbonneux sous-jacent;

3° A guérir la gingivite tartarique. Cette affection, qui est si commune, provient du dépôt plus ou moins abondant de phosphates et de carbonates mélangés à des cellules épithéliales, des globules graisseux, des leucocytes, des algues, vibrions, etc., etc., qui se fait sur les dents, et qu'on désigne sous le nom de tartre. 11 y a un grand nombre de degrés dans la gingivite tartarique, depuis le léger bourrelet rougeâtre de la gencive décollée par une mince couche tartarique, jusqu'à la gingivite ulcéro-fongueuse avec déchaussement des dents, incrustées d'une énorme carapace phosphato-calcaire et ébranlées par l'inflammation consécutive du périoste alvéolaire;

4° A éviter l'introduction dans la bouche de corps trop chauds ou trop froids, d'aliments épicés, d'appareils de prothèse, etc., etc.

Les soins les plus minutieux do la cavité buccale seront formellement prescrits : se rincer la bouche après chaque repas, ne rien laisser dans l'interstice des dents, les brosser matin et soir avec une brosse douce saupoudrée d'une poudre dentifrice au charbon; au quinquina, au tanin, etc.1. Pour forcer mes malades à ne pas perdre de

tion par les voies respiratoires paraît fifre une des plus actives, sinon la plus active. Le fait suivant de Samelsohn eu donne une preuve frappante : un homme, habitant un local très étroit, se fait une friction ; six heures après, sa femme, qui n'a pas touché au mercure, présente les premiers signes d'une salivation qui atteint, au bout de deux jours, son maximum d'intensité.

i. L'expérience a montré à M. le docteur E. Feibes (d'Aix-la-Chapelle) que le

Page 1