THÉORIES SU» I/INTOXICATION MBRCURIELLE
semblait lo phénomène primitif, prédominant, autour duquel se groupaient lous les autres, ne serait plus qu'un événement accessoire, secondaire, se produisant par un mécanisme réflexe comme dans toutes stomatites de n'importe quelle origine, comme dans toutes les inflammations érosives, ulcéreuses, causant une vive douleur, comme dans les épithéliomas de la langue et de la muqueuse buccale.
C'est cette seconde théorie qui est aujourd'hui à peu prés adoptée par tout le monde. On invoque en sa faveur des faits qui ont incontestablement une grande valeur, celui-ci, entre autres, qu'on ne voit jamais la salivation être le phénomène primitif, qu'il y a d'abord inflammation des gencives et déchaussement des dents aux points d'élection, etc. Chez un malade qui salivait beaucoup et qui mouruL d'une affection^ accidentelle, Ricord trouva les glandes salivaires dans un état d'intégrité absolue. Il y a, du reste, une règle ou une loi générale qui fait que toute sécrétion glandulaire est augmentée quand l'orifice de son canal est irrité par une cause quelconque.
Assurément, toutes ces raisons ont une grande valeur; elles sont mêmes excellentes. Mais il n'en est pas moins certain qu'on rencontre quelquefois des cas dans lesquels la salivation arrive du premier coup à être, pour ainsi dire, dégagée de tout processus irritatif du côté des gencives et de la muqueuse buccale.
Pourquoi tous les praticiens lui auraient-ils attribué une si haute signification, s'il n'y avait pas en elle quelque chose de spécial, de particulièrement intense dans l'hydrargyrie buccale, de supérieur à tous les autres flux salivaires provenant d'une autre cause ?
Une troisième théorie est née dans ces derniers temps de la doctrine microbienne. On a supposé que le mercure éliminé par la salive en faisait un milieu favorable à la culture des innombrables microbes qui pullulent dans la cavité buccale. Grâce à lui, d'inoflensifs qu'ils étaient auparavant, ils deviendraient pathogènes et causeraient l'inflammation spécifique de la bouche. Il est possible que les choses se passent ainsi, mais la démonstration n'en a pas encore été faite et celte théorie esl piiremenl spéculative.
Ce qui paraît bien établi, c'est que le périoste alvéolo-dentaire est le principal foyer de la maladie. S'enflamme-t-il d'emblée ou n'est-ce qu'à la suite de la gingivite ? Voilà ce que nous ne savons pas encore. Mais il y a une relation si constante entre les gencives et le périoste que leurs affections sont presque toujours solidaires