ENSEMBLE DES MOYENS THÉRAPEUTIQUES
ordonnances, à la suite de la préparation mercnrielle, de se gargariser la bouche matin et soir avec de l'eau ordinaire, dans chaque verre de laquelle on mettra une cuillerée à café ou une grosse pincée (soit 4 grammes environ) de chlorate de potasse ou bien du mélange suivant :
If Chlorate de potasse ,
Borate de soude ââ 20 grammes.
Acide borique ;
Lorsqu'on n'a pas pu prévenir la stomatite mercurielle, il faut la guérir. On y réussit d'autant mieux qu'on l'attaque à ses débuts. Aussi doit-on recommander aux malades de cesser tout traitement mercuriel dès qu'ils ressentent la moindre irritation des gencives, ou qu'ils éprouvent quelque agacement des dents. On leur conseillera en même temps de revenir nous consulter. Quelques-uns le font à la moindre alerte et parfois pour rien du tout. Mais où est le mal ? On fait continuer le traitement mercuriel jusqu'à nouvel ordre. D'autres, moins timorés, laissent par négligence aller les choses, et la stomatite s'établit. Chez d'autres, elle est si brusque et si violente qu'elle ne nous donne pas le temps de la maîtriser dans sa période initiale qui, malheureusement, en pareil cas, arrive très vite à une grande acuité.
VII. Traitement. — Parmi les agenLs thérapeutiques, le chlorate de potasse a été un des plus vantés. On crut trouver en lui, il y a une quarantaine d'années, le véritable spécifique de la stomatite mercurielle. Non seulement on s'en servait comme topique, mais on l'administrait aussi à l'intérieur. L'ingestion de fortes doses n'est pas sans danger. On doit se borner à 5 ou 6 grammes par jour, dans unjulep gommeux. Aujourd'hui on y a très peu recours; on se contente de son usage externe. Assurément, son efficacité a été surfaite. « J'ai beaucoup employé ce médicament, a dit M. Rollet, et j'en ai retiré des avantages incontestables, maisje n'ai jamais rien vu qui ressemblât aux merveilles qu'on lui attribue. » Je suis tout à fait du même avis que le célèbre syphiliographe de Lyon.
Lorsque l'inflammation des gencives, des joues, de la langue est très violente, il faut recourir à une médication émolliente lopique. Les astringenls énergiques, les caustiques substitutifs qui sont très utiles plus lard ne seraient pas tolérés. Je prescris des lavages très fréquents et très prolongés de la cavité buccale avec une forte
KMI'LOYÉS CONTRE LA STOMATITE MERCURIELLE.
décoction do racines de guimauve et de. têtes de pavot, à parties égales, dans laquelle je fais mettre, pour chaque verre, 4 grammes environ de chlorate de potasse. Si ce sel cause de vives cuissons sur les érosions ou les ulcérations, ce qui arrive assez fréquemment, je le remplace par la même quantité de borate de soude qui est beaucoup mieux toléré, ou bien j'emploie le mélange à parties égales de chlorate, de borax et d'acide borique.
Le malade se gargarisera la bouche 20 ou 30 fois dans la journée, s'il le faut. Lorsque l'inflammation est trop vive pour permettre à la bouche de s'ouvrir ou aux joues d'exécuter les mouvemenls qu'exige l'action de se gargariser, il faut faire très souvent des injections dans les diverses parties de la cavité buccale avec le même liquide au moyen d'une sonde en caoutchouc.
Je recommande aussi, pendant cette période, de toucher, 8 ou 10 fois par jour, les points entamés de la muqueuse buccale et le bord libre des gencives avec un collutoire à parties égales de borax et de miel rosat. Comme dans toutes les inflammations qui se développent sur des parties en contact, il est essentiel de séparer, autant que possible, l'une de l'autre les surfaces malades. Je fais donc interposer entre la muqueuse des joues, d'une part, les arcades dentaires et les gencives, d'autre part, des tampons d'ouate hydrophile imbibés du gargarisme ci-dessus indiqué ou bien d'eau boriquée (30 à 40 grammes d'acide borique pour un litre d'eau ordinaire préalablement bouillie). Ce pansement, qui serait gênant dans la journée, est au contraire très bon pour la nuit.
Chez quelques malades la douleur est excessive. Leur bouche ne peut tolérer que le contact d'émollients purs : eau de guimauve, eau d'orge, lait, eau bouillie. Le chlorate, le borate, l'acide borique ne sont pas tolérés. En pareil cas, il sera bon de toucher de temps en temps les points les plus enflammés de la cavité buccale avec un pinceau trempé dans une solution de cocaïne au 10e ou au 20e.
Dans la phase régressive de l'affection, ou, du moins, après que l'éréthisme inflammatoire s'est apaisé et que les douleurs se sont calmées, on tachera de modifier les érosions et les ulcérations de la muqueuse buccale et des gencives avec des topiques astringents • ■Ides caustiques. Les astringents sont trop anodins. La cautérisation est un moyen plus efficace. Je me sers du crayon de nitrate d'argent dans les cas légers, en ayant soin de préserver les dents il<' son contact et de celui de la salive, avec des tampons d'ouate, afin de les empêcher d'être noircies, ('elle cautérisation sera faite