CHAPITRE VI
Formulaire des principales préparations hydrargyriques employées dans le traitement interne et dans le traitement externe de la syphilis.
Le nombre des formules et des préparations hydrargyriques employées, depuis quatre siècles, dans le traitement de la syphilis
doit-on pas se poser la même question pour les reins et pour le tube intestinal?
On est encore plus perplexe lorsque les moyens thérapeutiques que nous possédons pour activer l'énergie sécrétoire d'un organe agissent précisément sur celui qui est atteint. Faut-il se priver de leur efficacité éliminatrice? Assurément, elle serait utile contre l'hy&rargyrisme dans son ensemble ; mais n'aggraverait-elle pas la détermination toxique sur tel ou tel émonctoire? Les bains chauds, par exemple, n'accroîtraient-iis pas l'hydrargyrie cutanée? Il y a là un problème embarrassant. Je me le suis posé au sujet de la stomatite, en lisant la note suivante communiquée par M. Mayenson, professeur au lycée de Saint-Étienne, à M. le docteur Fleury (de Saint-Étieune) :
« J'ai eu l'occasion, dit ce chimiste fort distingué, d'observer une personne soumise, pour une maladie des yeux, à des injections sous-cutanées alternatives de sublimé et de pilocarpine. L'injection de pilocarpine provoquait presque immédiatement cbez le malade une sensation de chaleur suivie de transpiration abondante et générale. Les glandes salivaires et lacrymales, vivemenl excitées, faisaient cracher et pleurer le malade pendant quelque temps avec une abondance extraordinaire; puis ces phénomènes, apparus brusquement, cessaient de même.
«J'ai examiné les liquides ainsi sécrétés, au point de vue de l'élimination du mercure; et, par la méthode électrolytique, extrêmement sensible et précise, j'ai trouvé le mercure dans l'urine, dans la salive et dans la sueur.
«En me reportant à des recherches analogues faites, il y a une quinzaine, d'années, par M. le docteur Bergeret, qui employait comme éliminateur l'iodure de potassium, les résultats fournis par la pilocarpine me paraissent de beaucoup supérieurs. » (1889, Sem. Mèd.)
Eh bien, serait-il prudent de recourir aux injections de pilocarpine dans le traitement de la salivation? Je ne le crois pas. Mais ceux qui emploient, contre elle, comme traitement local, les gargarismes avec de la liqueur de Van Swieten étendue, ne trouveraient-ils pas, d'après leurs théories, un adjuvant précieux dans l'hypersécrétion salivaire surchargée d'bydrargyre que suscite la pilocarpine?
Les expériences de M. Stépanoff prouveraient que les anciens médecins n'avaient peut-être pas tort de croire à l'influence du froid sur la production de la stomatite. Aujourd'hui, cette étiologie nous parait un peu surannée. On n'observe point que la stomatite soit plus fréquente en hiver qu'en été. Nous avons recours aux douches froides et aux bains de mer pour relever les constitutions endommagées par la syphilis, sans que le froid, qui joue un rôle considérable dans ce traitement, provoque la salivation. Mais peut-être n'en serail-il [>as de même si on poussait très loin l'hydrargyrisal ion.
On a grandement surfait l'influence éliminatrice de l'iodure sur les préparations merçurielles. J'en ai déjà parlé, cl j'y reviens, parce que MM. Miehaëlowsky et Souchow ont démontré, par l'analyse des urines, que cette inlluence est 1res faible ou douteuse, et qu'on n'observe pas, pendant l'administration de l'iodure à
PRÉPARATIONS HYDRARGYRIQUES. 200
est innombrable. Je no donnerai ici que celles qu'il est utile, sinon indispensable de connaître.