TRAITEMENT 10DURÉ
Tant que nous ne connaîtrons, d'une façon certaine et précise, ni l'action des spécifiques sur la vie des cellules, ni la nature intime des changements qu'ils apportent dans leur manière d'être, le hasard seul pourra nous les faire découvrir. Rien, sauf quelques analogies plus ou moins étroites, ne nous indique que tel ou tel agent serait susceptible d'influencer favorablement tel ou tel état morbide. Et, même avec ces analogies, remarquez que nous ne sortons pas de l'empirisme. Nous n'arrivons pas au but idéal de la spécificité thérapeutique par une série d'efforts intellectuels, de combinaisons profondes, de calculs compliqués, comme les astronomes qui, sans le secours des instruments d'optique, devinent l'existence d'un corps céleste et sa place dans le système sidéral.
Jusqu'à présent aucune loi biologique, physique ou chimique ne nous permet d'affirmer d'avance qu'un agent organique ou inorganique quelconque, introduit, suivant tel ou tel mode, dans un organisme malade, en modifiera nécessairement en un sens favorable la vitalité compromise ou viciée.
Une heureuse inspiration, des rapprochements ingénieux entre les effets des divers agents médicamenteux, une bonne fortune inespérée, puis la persévérance dans les recherches, et, quand on est sur la voie, la rigueur de l'expérimentation : voilà ce qui préside ordinairement à la découverte des spécifiques. Ajoutez à cela que des théories spéculatives souvent très fausses peuvent suggérer, dans ce sens-là, des idées qui, par aventure, se trouvent être justes, malgré le caractère équivoque ou l'absurdité de leur origine. Tout est livré au hasard et à l'empirisme.
On aurait tort do croire que ces réflexions un peu pessimistes tendent à diminuer Le mérite de ceux qui ont découvert des spéciliqucs. Nul plus que moine le reconnaît. La grandeur du service est une gloire trop rare et trop précieuse pour qu'on la conteste ou qu'on la diminue. Aussi le nom de Wallacc (de Dublin), qui. le