CHAPITRE PREMIER
Esquisse historique de l'iodure de potassium. — Vue d'ensemble sur ses principales indications. — Doses faibles, moyennes et intensives. Modes d'administration : méthode rectale, méthode par injections hypodermiques, méthode stomacale. Moment de l'ingestion. — Choix des véhicules.
I. Wallace commença à expérimenter ce grand remède contre la syphilis en 1832, et, en 1836, il publia dans la Lancette anglaise les résultats étonnants qu'il avait obtenus de son application.
Avant lui, on avait songé à l'iode comme antisyphilitique. Un célèbre dermatologiste français, Biett, eut le premier, en 1821, l'idée de recourir aux iodiquès, et surtout aux iodnres de mercure, dans le traitement de la syphilis. Il s'en servait à l'hôpital Saint- Louis principalement pour combattre les syphilides. Après lui, Cullérier, Lugol et quelques autres les administrèrent aussi et en obtinrent des succès. Mais ils les attribuèrent à ce que l'iode et ses composés atténuaient ou guérissaient le fond scrofuleux qui existait chez leurs syphilitiques. Ces essais précurseurs sont insignifiants et n'enlèvent rien à l'originalité des travaux de Wallace.
Le nom qui vient après le sien est celui de Ricord. Il expérimenta d'une façon plus approfondie et sur une plus grande échelle que le médecin irlandais l'iodure de potassium. Par son enseignement et sa grande autorité il en vulgarisa les effets thérapeutiques. Il eut surtout le mérite de prouver qu'ils développaient toute leur énergie curative contre les accidents syphilitiques de la période tertiaire. C'est Lui qui établit que ce médicament est le spécifique par excellence du lertiarisme.
II. A l'époque de Wallace, la pathologie do la syphilis tertiaire était encore à l'état d'ébauche. On n'en connaissait guère que les manifestations externes. C'esl donc contre elles d'abord qu'on dirigea le nouveau remède. Sa grande vertu curative fut bientôt universellement admise.
A mesure que les recherches modernes agrandirent le domaine