‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 237 sur 610 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Biochimie des iodures dans l'organisme. — Rapidité de la circulation de l'iodure potassique. — Intervalles entre son absorption et son élimination. Élimination de l'iodure potassique par les urines : ses formes et ses effets sur le système urinaire. — Influence des néphropathies sur l'élimination des iodures. — Rapports entre cette élimination et. l'iodisme. — Théories sur la genèse de l'iodisme. L'insuffisance de l'élimination urinaire des iodures en est la principale cause.

Ici, comme pour le mercure, j'ajoute un chapitre complémentaire sur les opérations de biochimie que suscite l'iodure de potassium dans l'organisme. Ces opérations donnent-elles lieu à des phénomènes physiologiques susceptibles de nous faire soupçonner ou de nous expliquer son action thérapeutique et son action toxique ? C'est un sujet encore neuf et sur lequel nous ne possédons, jusqu'à présent, que des connaissances insuffisantes. Néanmoins, je vais en dire quelques mots.

I. Ce qui frappe tout d'abord, c'est la rapidité vertigineuse avec laquelle l'iodure de potassium circule dans toutes les parties du corps. Les exemples surabondent pour le prouver. Mais en voici un qui est peut-être plus saisissant que tous les autres : M. Welander raconte qu'il réussit à découvrir cette substance dans 'l'urine de 7 nouveau-nés, après avoir administré à la mère pendant l'accouchement, 50 centigrammes d'iodure de potassium. L'urine était prise chez les enfants avant que la mère n'eût commencé ;ï les allaiter. Rien ne serait plus facile, par conséquent, que d'ioduriser pendant la vie intra-utérine le fœtus pour qui on craindrait l'hérédo-syphilis.

L'absorption de l'iodure et de ses composés se fait surtout par la muqueuse gastrique. Par la peau et par la muqueuse des voies respiratoires, contrairement à ce qui a lieu pour le mercure, il n'en pénètre dans le sang que des quantités infinitésimales, par la première surtout. Dans le tissu cellulaire sous-cutané, l'absorption est beaucoup plus active que par la peau. Mais ce n'est pas là ce importe le plus dans la biochimie do l'iodure. Son élimination offre un intérêt bien plus considérable ;i tous égards. Aussi a-t-elle donné lieu à de nombreux travaux '.

I. Parmi eux, je mentionnerai particulii-remenl V Étude clinico-chimique sur

ÉLIMINATION IJK l/IODUHK DK POTASSIUM.

Élimination urinaire de l'iodure de potassium*. — ■ Elle commence à se l'aire quelques minutes après l'ingestion : 1 minute 45 secondes (J. Roux |, 2 ou 3 minutes (Gautier). — Introduit par le rectum, l'iodure est éliminé par la muqueuse stomacale presque aussitôt que par l'urine, 15 a 30 minutes (Kandidoff). Après l'injection d'une solution d'iodure dans le tissu cellulaire sous-cutané, le sel s'est montré dans l'urine au boul de 20 minutes.

Durée de V élimination, — Tout l'iode serait absorbé et éliminé en 24 heures (Huguet, Nothnagel et Rossbach). — L'iodure de potassium s'élimine plus rapidement, quand il est pris à doses fractionnées, que quand on l'administre en une forte dose unique (Geisler). — Chez les individus normaux, une dose moyenne exige au moins 36 heure>. el cette durée peut atteindre 11 jours avec les doses répétées el massives (J.Roux). — En injection hypodermique, la durée totale de l'élimination est de 44 heures pour 4 centigrammes et de 47 pour 9 centigrammes (A. Desprez). — Chez l'enfant, l'élimination de l'iodure de potassium dure 72 heures, tandis que chez la mère elle n'en dure que 44 (Fehling).

l'élimination urinaire de l'iode après l'absorption d'iodure de potassium, par M. Laurent Lafay. Paris, Jouve, éd., 1893. J'en résume, dans ce chapitre, les principales parties.

i. Formes de l'élimination rénale de l'iodure de potassium. — « 1° Quelques auteurs ont dit que l'iode peut se trouver partiellement dans l'urine à l'étal de liberté; d'autres affirment que l'iode est toujours à l'état de combinaison: acide iodhydrique, iodures, iodates, iode organique ou plusieurs de ces composés simultanément; 2" d'après nos expériences et dans les conditions normales, l'iode ne se trouve dans l'urine : ni à l'état d'iode libre, ni à l'état d'acide iodh ydrique libre, ni à l'état d'iodates, ni à l'état d'iode organique, mais à l'étal d'iodures; 3° après absorption d'iodure de potassium, il y a trois cas à considérer: a. — Si la quantité d'iodure absorbée est très faible et le chlorure de sodium de l'économie en proportion normale, il y a échange complet ; tout l'iode s'élimine à l'état d'iodure de sodium, et la polasse à l'état de chlorure, avec l'excès de chlorure de sodium; b. — Si la quantité d'iodure absorbée est moyenne et voisine de la dose de chlorure de sodium, le partage est limité: il s'élimine d'autant plus d'iodure à l'état de sel de potassium que ce sel se trouve lui-même en proportion plus élevée, el vice versa; c. — Si l'iodure de potassium est administré à hautes closes : 4 5, 20, 40, 50 grammes par jour, il s'élimine presque tout entier sans décomposition, et la proportion correspondant au chlorure de sodium est seule transformée ; 4" il n'est pas possible de fixer, d'une façon générale, la quantité d'iodure de potassium juste suffisante pour être transformée en sel correspondant de soude, car elle est subordonnée : a. — A la dose d'iodure de potassium absorbée; b. — A la richesse en chlorures des liquides de l'économie.

Effets de l'élimination iodique sur le système urinaire. — ni" Ces effets varient, en quelque sorte, avec les expérimentateurs, qu'il s'agisse des caractères chimiques ou même simplement des caractères physiques de l'urine : 2 les modifications en volume vont depuis l'incontinence jusqu'à l'anurie; 3° les éléments normaux : urée, acide urique, imites, chlorures, phosphates, sulfates, augmentent, diminuent, ou ne sont pas intluencés, suivant le mode d'expérimentation; 4° on n'est pas plus affirinalif pour ce qui est des éléments anormaux : albumine, sucre, oxalate, graisse ; ii" le seul point sur lequel on s'accorde est le rapport qui existe entre les éléments fixes de l'urine, minéraux et organiques: 1 urée, l'acide urique el les niâtes varient généralement dans le même sens que les chlorures, les phosphates et les sulfates. » (Laurent Lnfay, pp. 246-7.)

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