CHAPITRE PREMIER
Chloro-anémie des syphilitiques.
On en a exagéré la fréquence. — Son traitement par les spécifiques seuls. Son traitement par les médications auxiliaires. Pléthore chez les syphilitiques. — Nécessité de la combattre. Indications du traitement arabique.
I. Parmi les états morbides qui se rencontrent chez les syphilitiques, ou que leur infection suscite le plus habituellement, il faut mettre en première ligne l'anémie. Je crois bien qu'on en a beaucoup exagéré la fréquence et la gravité, surtout chez les hommes. Ainsi, sur vingt malades du sexe masculin, on n'en trouvera peut-être pas un chez lequel, par le fait seul de la syphilis, et seulement à partir de l'accident primitif, il se produise un état chloro-anémique se révélant par la décoloration notable des téguments, la langueur et l'abattement des forces, la torpeur ou l'excitabilité du système nerveux, l'essoufflement, les palpitations, les bruits de souffle vasculaires ', etc.
1. Voici sur l'anémie des syphilitiques quelques excellentes réllexions de Diday, que je me fais un vrai plaisir de citer :
De l'anémie. — « Mais ce n'est là qu'un mol., et la chose est aussi difficile à classer qu'à connaître. Que d'espèces d'anémies, depuis celle des indigents, qui se traite le mieux par un billet d'hôpital, jusqu'à celle des grandes villes qui, tout au contraire, fond pour ainsi dire au soleil! Que de types de cet état, depuis le cachectique spécial, qui guérira par le mercure, jusqu'à l'hyperhydrargyrisé qu'il s'agit uniquement de faire renoncer à sa drogue favorite; depuis le sexagénaire hypocondriaque, amaigri moins par sa vérole que par les terreurs imaginaires qu'elle lui donne, avec leur cortège habituel d'insomnie, d'isolement, de privations de toute espèce, jusqu'à la pauvre lille qui, pour avoir cru à de trompeuses promesses, se réveille un jour déshonorée, délaissée, repoussée
de sa famille, mère et syphilitique! Certes, l'arsenal des reconstituants est
un des mieux fournis de notre matière médicale; mais convenez que, en face de besoins si divers, il faut savoir y choisir. Je n'entrerai dans aucun détail. Conlre cette anémie on comprend que le fer ne suflise pas toujours, et le médecin pbilanlhrope comprendra aussi que l'or doit quelquefois intervenir, mais autrement que comme succédané du mercure. » {Thérapeutique drs maladie* vénérienne* et cutanées, Paris, G. Masson, éditeur, page 326.)