‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 256 sur 610 · HYGIÈNE DES NÉVROPATHES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DES NÉVROPATHES SYPHILITIQUES

ces cellules qui, par suite de leur suractivité et de leurs désordres fonctionnels, devraient être le siège primitif de tout le mal, comme elles en sont, dans l'ordre du mécanisme fonctionnel, le principal rouage et l'agent le plus actif et le plus immédiat? Eh bien, non; ces cellules resteront presque toujours intactes jusqu'au moment où leurs vaisseaux nourriciers seront devenus syphilitiques. C'est sur eux qu'a lieu la décharge de la diathèse. S'y fait-elle spontanément ou y est-elle provoquée par le fonctionnement désordonné des cellules? Dans tous les cas, si elles suscitent des altérations vasculaires, celles-ci le leur rendent bien. Déplorable réciprocité! Peut-être aussi la syphilis produit-elle, sans intention spéciale et comme au hasard, des artérioscléroses qui, restant inoffensives sur un grand nombre d'organes, deviennent extrêmement dangereuses quand elles perturbent la nutrition de tissus aussi délicats que celui du système nerveux ?

IV. Mais laissons ces vues théoriques pour enrevenir àla pratique. Du moment que les névropathies héréditaires ou acquises sont une puissante prédisposition aux syphiloses cérébro-médullaires, nous devons les combattre, les corriger et les prévenir. La médication mercurielle et iodurée ne suffit pas. Ses échecs préventifs contre la prédestination de certains sujets n'est que trop démontrée. Que faire ? Lui venir en aide par l'hygiène, c'est-à-dire imposer un genre de vie d'où soient exclues toutes les stimulations morbides du système nerveux : travaux intellectuels exagérés, veilles, excès de table, passions de toute sorte, abus des rapports sexuels, exercices physiques trop violents qui surmènent la moelle épiniôre, etc.

L'hydrothérapie est d'un grand secours pour fortifier et régulariser le fonctionnement défectueux du cerveau et de la moelle épinière. On y aura recours chez les prédisposés en question. Les voyages, les distractions, la gymnastique, les bains de mer, les eaux sulfureuses agiront presque toujours dans un sens favorable, si l'abus n'en compromet pas l'efficacité. Enfin nous mettrons systématiquement en œuvre tous les moyens thérapeutiques et hygiéniques qu'on a l'habitude d'employer chez les névropathes ordinaires.

C'est, bien souvent notre seule ressource, car, dans les syphiloses des contres nerveux, beaucoup plus que dans les autres, la médication spécifique ne donne trop souvent que des résultats incomplets, insignifiants ou absolument nuls. N'est-ce pas c<> qui a

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lieu, par exemple, pour le Labes, pour la paral ysie générale? Qu'il y ait ou qu'il n'y ail pas des antécédents syphilitiques chez ceux qui en sont atteints, que la filiation entre eux et la diathèse soit évidente ou obscure, c'est toujours la môme incurabilité. Pour le cerveau, les revers sont moins inéluctables; il y a môme de merveilleuses guérisons. Mais que d'insuccès aussi, même dans les cas où on serait le plus en droit de compter sur la vertu curative des spécifiques !

V. Un grand nombre de syphilitiques nous demandent notre avis relativement à l'influence que peuvent avoir, en bien ou en mal, les changements de pays et de climats.

Ces changements, autant que j'en puis juger par ma propre pratique, n'ont pas l'influence qu'on serait tenté de leur accorder, ou qu'ils avaient autrefois. Il faut l'attribuer aux améliorations matérielles qui sont devenues si prodigieuses pour les voyages, depuis que la vapeur permet de parcourir toute la surface du globe en quelques mois. L'hygiène aussi, sous toutes les latitudes et dans tous les continents, a fait de tels progrès qu'on est à peu près partout dans les mêmes conditions d'existence moyenne et salubre.

Les climats extrêmes ne sont pas favorables à la syphilis. Il est utile que les malades évitent les brusques variations de température. Ils doivent se surveiller aux changements de saison.

La chaleur vaut mieux pour eux que le froid. Mais je ne pense pas qu'ils éprouvent grand inconvénient à promener leur syphilis n'importe où, soit pour leurs affaires, soit pour leurs plaisirs, pourvu qu'ils n'en négligent pas le traitement spécifique et qu'ils prennent certaines précautions hygiéniques élémentaires qu'ils sauront trouver d'eux-mêmes ou qu'il est facile de leur indiquer.

Comme lous les autres malades et môme comme les gens bien portants, les syphilitiques éviteront les lieux et les climats malsains qui seraient de nature à modifier leur santé générale, à les anémier et ii troubler leurs fonctions digestives. Les températures excessives et surtout les brusques variations de température, qui se rencontrent fréquemment dans les pays où les fièvres paludéennes sont endémiques, ne pourraient qu'aggraver la syphilis et en contrarier le traitement. Les malarias avec toutes les conséquences qu'elles entraînent, les dysenteries, les affections du l'oie, seraient très préjudiciables.

Mais en dehors de ces Conditions malsaines cl essentiellement

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