BALNÉATION DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
La balnéation sous tous ses modes est indiquée et mise en usage dans le traitement de la syphilis. Aucune maladie ne paraît mieux s'y prêter. Si on s'en rapportait aux idées théoriques que suggèrent sa nature, son évolution, sa longue durée, son processus patliogénique, le nombre, la fréquence, la variété de ses déterminations cutanées et d'autres circonstances de son histoire, il seraiL même permis de dire qu'elle résume et qu'elle réalise mieux que pas une les états pathologiques les plus aptes à éprouver les effets salutaires du traitement balnéaire.
En est-il ainsi dans la pratique? Il faut bien avouer que les résultats curatifs, contrôlés par l'expérience de plusieurs siècles, ne nous autorisent pas à répondre affirmativement. Ont-ils, en effet, donné ce qu'on espérait d'eux? Leur rôle n'a-t-il pas toujours été accessoire? Incontestablement. Et la preuve, c'est que des milliers de syphilitiques guérissent sans avoir jamais recours à un procédé quelconque de balnéation. Et quand ils y ont recours, c'est souvent pour leur agrément plutôt que pour leur santé.
Jamais le fond de la maladie n'est attaqué directement par eux. Prenez la balnéation clans ce qu'elle a de plus énergique, de plus intensif, dans la thermalité de ses eaux les plus riches en principes médicamenteux : croyez-vous qu'avec elle seule nous guéririons une syphilis quelconque? Nous l'améliorerions sans aucun doute. Les eaux thermales nous viendraient puissamment en aide. Il est certain, en effet, que, grâce à elles, le champ de notre action spéciliquc sur la maladie s'élargit et devient plus fécond. Mais nous n'allons pas droit au but, et nous n'arrivons à combattre l'infection qu'en donnant à l'organisme la force de réaction salutaire qui lui manquait pour la dominer.
A quelle époque remonte l'application du traitement balnéaire contre la syphilis? A l'époque où elle apparut sur la terre. Depuis les origines immémoriales de l'humanité, la balnéation a élé le plus instinctif des agents thérapeutiques. Comme tant d'espèces inférieures, dont il finit, après des millions de siècles et de Iransfor-
UTILITE DES BAINS SIMPLES ET DES BAINS ALCALINS. Vil
mations organiques, par devenir le roi fort imparfait, l'homme primitif dut aimer à se plonger clans les eaux fraîches des sources, des fleuves et des mers. — Puis, peu à peu, il apprit à utiliser pour sa santé les sources thermales qui jaillissaient sans cloute, avec une richesse dont nous ne pouvons nous faire qu'une faible idée,
de la terre bouleversée par ses cataclysmes diluviens Mais
pourquoi remonter au déluge à propos de la syphilis ?